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Urash von Juntz
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Un vol vers Dunkerque ?

le Mar 14 Sep 2010, 11:18
Le major de la Luftwaffe se redressa brutalement, manquant de tomber de sa chaise dans sa hâte à rectifier sa tenue et sa position. Il eut une pensée mauvaise pour le planton de service, qui lui avait annoncé avec un mépris mal dissimulé l'arrivée d'un officier de la Kriegsmarine, un Kapitän, du menu fretin, sans doute un de ses innombrables incapables promus par Raeder ou Dönitz. Le bonhomme devait commander un de ces "précieux" navires de combat dont la principale activité consistait à rouiller au port. Dans l'esprit du Major, la contribution de la Kriegsmarine à l'effort de guerre se résumait à permettre que ses commandants arborent assez de dorures et de galon pour impressionner les petites françaises. Soudainement, cette idée lui semblait d'une affreuse absurdité.
L'homme qui venait d'entrer dans le bureau était un Kapitänleutnant à la mise impeccable. Il arborait la médaille des blessées, décoration qui pouvait s'expliquer par la vilaine cicatrice de brûlure au bas du visage, une cicatrice récente. Ou peut-être était-ce le doigt manquant à la main gauche. Cependant, les blessures n'étaient rien à coté des yeux de cet officier... C'était surtout ces yeux qui avait alerté le major. Un regard hanté par la violence et la mort, un regard qu'il avait déjà vu chez les vétérans de U-Boot, les survivants qui avait vu leurs Kameraden mourir de cent manières différentes, mais toujours au combat.
Le major salua, parvenant presque à claquer des talons, malgré ses bottes de parachutiste à semelle souple.
- Bonjour, Herr Major. Permettez-moi de me présenter : Kapitänleutnant U. Von Juntz. Je viens de la part de mon officier aviateur, qui pilote notre petit Heinkel de reconnaissance sur le cargo armé que l'état-major m'a confié. La Kriegsmarine n'a pas les moyens de me confier une escorte, mais je dois rejoindre un convoi stratégique qui s'approche de Dunkerque. Le Leutnant Bödel m'a indiqué qu'il y avait régulièrement des vols de reconnaissance le long de la cote nord ouest... Dans l'hypothèse d'un débarquement allié. Je souhaiterais vous demander une faveur : serait-il possible qu'un de ces vols de reconnaissance m'embarque, moi et quelques hommes ? Il suffirait qu'il fasse une escale de carburant à Dunkerque, le temps de nous débarquer. Cela nous serait, réellement, d'un grand secours. Je devrait sinon tenter la traversée de la Manche...
La phrase du Kapitänleutnant resta en suspens et dans ce blanc quelque chose de terrifiant, d'inexorable, s'épanouit. Cet homme chevauchait la mort depuis si longtemps qu'il pouvait lui laisser la parole, qu'elle pouvait s'exprimer dans ses silences. Combien de naufrage, combien de cris de détresse, combien de sang avait-il fallut pour obtenir ce résultat ?
Le major s'empressa de déplier les plans de vol et de se pencher dessus. Il n'était pas superstitieux, mais cet homme le faisait presque changer d'avis. Plus vite tout cela serait fini, dans un sens ou dans un autre, plus vite cet inquiétant bonhomme débarrasserait le plancher.
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Urash von Juntz
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Re: Un vol vers Dunkerque ?

le Mer 15 Sep 2010, 17:23
Ce n'était pas un aérodrome, juste un champ bien plat et guère long sur lequel deux appareils à l'allure de grands échassiers achevaient de faire leur plein. Quelques silhouettes solitaire peinaient, dans le petit matin, à transporter les bidons de carburant depuis un semi-chenillé garé à l’écart. Sur le coup, le Kapitänleutnant von Juntz crut que le major l'avait volontairement emmené là juste pour lui montrer les conditions précaires dans lesquels devaient combattre les avions de reconnaissance de la Luftwaffe. Von Juntz n'était pas familier de l'aviation, mais les deux frêles monomoteurs à la verrière surdimensionnée ne paraissaient pas capables de voler, sans parler d'avoir assez d'espace pour prendre leur élan.
Le Leutnant Bödel dut sentir les réticences de son officier commandant et se pencha vers lui pour le rassurer.
- Ce sont des Fieseler « Storch », Herr Kapitänleutnant. Ils peuvent décoller sur de très courtes distances, vous verrez. Par contre, on va être serrés si le major vient avec nous...
Le major s'avançait en effet vers eux sur le terrain improvisé. Son air acheva de convaincre Von Juntz qu'il allait vraiment décoller pour Dunkerque.
- Herr Kapitänleutant, j'ai deux appareils, une liaison pour Amsterdam et une reconnaissance qui peut pousser jusqu'à Dunkerque. Si vous voulez emmener tout votre équipage, il va falloir travailler pour moi le temps de voyage.
Le major eut un sourire en coin.
- Votre officier navigateur va servir d'observateur sur la mission de reconnaissance. Il sera déposé à Dunkerque et le Storch reviendra avec un autre passager, ou tout seul, nous verrons. Votre propre pilote va convoyer le courrier jusqu'à Amsterdam. Il vous déposera à Dunkerque au passage, poursuivra jusqu'à Amsterdam et reviendra comme observateur, avec un pilote de la base aérienne d'Amsterdam, qui ramènera l'appareil. C'est un peu compliqué, mais je n'ai pas mieux.
- Alles gut, Herr Major, und dankesehr.
Von Juntz fit un sourire qui se voulait engageant, mais s'acheva sur une grimace de douleur. La brûlure, au bas de son visage, tirait toujours, en dépit des assurances des médecins.
Le reste du décollage se précipita comme si le soleil qui venait juste de se lever constituait une menace face à laquelle seuls des avions pouvaient répondre. Les mécaniciens qui faisaient les plein des deux appareils firent de grands signes aux passagers et tout le monde se mit à courir. Il n'y avait heureusement pas de bagages.
Le temps que Von Juntz se débatte avec sa ceinture, son casque-radio et le siège baquet infernalement inconfortable, les deux avions avaient déjà quitté le sol.
La radio crachotait des parasites et des informations qui n'avaient ni queue ni tête pour le Kapitänleutnant, mais qui semblait inquiéter le pilote. Les deux avions montèrent rapidement vers un tas de nuages bas venus de la mer. Comme d’habitude, faute de pouvoir envahir l’Europe, l’Angleterre envoyait la pluie.
Par geste, le Leutnant Bödel montra à von Juntz comme mettre en marche l'interphone de l'appareil.
- Des avions ennemis ont été repérés. Peut-être une patrouille de reconnaissance des engländer, ou un de leur groupe de chasse qui s'est perdu. S'ils nous rencontrent, ils n'auront pas de mal à nous avoir... Surveillez le ciel, surtout derrière et au dessus de nous. C'est leur position préférée.
Von Juntz ne voyait pas comment apercevoir quoi que ce soit dans cette mer de nuage, mais il s'appliqua, s'usant les yeux et se rompant la nuque.
Après une longue heure de vol, le Kapitänleutnant aperçu deux, puis trois minuscules points noirs dans le ciel, exactement là ou le Leutnant Bödel lui avait dit de chercher : derrière et au dessus-d’eux.
- Je vous quelque chose, il me semble, Leutnant. Ouest-nord-ouest. Ils vont passer au loin, sauf si…
Le rugissement du moteur du petit appareil se combina au sifflement du vent pour faire taire l’officier. Le Fieseler plongea dans les nuages.
- Nous allons rater Dunkerque, Herr Kapitänleutnant. Le contrôle me déroute vers Amsterdam. Les appareils que vous avez vu sont sans doute les chasseurs qui nous été signalés. Nos Messerschmitt n’ont pas encore décollé.
- Nous avons assez de carburant pour atteindre cette destination, Bödel ?
- Oui, Herr Kapitänleutnant. Ce sera juste, mais c’est possible.
Deux heures plus tard, alors que le voyant du carburant venait juste de se mettre à clignoter, Amsterdam était en vue.
- Herr Kapitänleutnant… Nous sommes déroutés sur un aérodrome de fortune. Il semble que les alliés aient déclenché une vaste opération sur le nord de la France. Une sorte de reconnaissance en force.
La figure du Leutnant afficha un air de vague désespoir que Von Juntz reconnut pour ce qu’il était.
- Leutnant Bödel, je vous connais assez pour voir qu’il y a une chose que vous n’osez pas me dire.
- Le contrôle ne connait pas les arrangements du Major. Nous ne sommes pas censés être ici… Et ils n’ont pas de pilotes. Je suis réquisitionné pour aller convoyé un Junker jusqu’à Kiel !
- Ach so ! Croyez vous qu’il y aura de la place dans votre avion ? Si c’est le cas, Donnerwetter, nous irons à Kiel.
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