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Karl Zötiswitz
Fort coup de vent
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La pierre philosophale

le Dim 06 Juin 2010, 23:59
Le soleil brillait, le ciel clair étincelait de son bleu royal. Il faisait chaud, peut-être vingt-cinq degrés Celsius, si bien que les habitants de Brest se baladaient en tenue légère sur les quais. Par ce genre de temps estivaux on avait peine à croire qu’à quelques kilomètres la Kriegsmarine se confrontait farouchement aux capitaines britanniques.

Un petit bistrot sur le port avait profité du soleil pour installer quelques tables devant l’enseigne. La vue sur le port attirait les clients, ils étaient nombreux à être venu prendre un verre qui, par cette chaleur, était très demandé. Karl aussi avait fait une halte sur la terrasse du bar. Il profitait d’une courte permission afin de se désaltérer en sirotant une bière fraîche. Il y avait aussi un autre verre à moitié vide posé en face de lui, et une chaise était retirée de dessous la table.

Les rayons du soleil caressait son visage, l’air marin chatouillait ses sinus. Il était bien, là. À quelques pas, une femme flânait devant les navires amarrés. Elle avait un visage d’ange, un œil océan envoûtant, des cheveux blond rayonnant, et elle portait une robe de soie verte. Une fine chaîne ornait son cou et retombait jusque dans son décolleté en un petit cœur argenté. Une force étrange qui la démarquait des autres piétons semblait flotter autour d’elle, comme un voile invisible qui la préservait des méfaits de la réalité. Karl l’observa. Il leva son verre, affichant un air décontracté, souriant, tentant de lui arracher un sourire dont il était si friand et qu‘elle lui rendit aussitôt.

Un homme sortit du bar. Mauvais genre, mal rasé et débraillé. Il s’assit à la table de Karl et but le reste du verre qui y était posé.
- « C’est bon, je t’ai organisé une entrevue, engagea-t-il en reposant le verre vide sur la table.
-J’espère que tu n’es pas encore entrain de m’entraîner dans tes combines foireuses sinon je vais te botter le cul mais un truc de rare, rétorqua le capitaine allemand.
-Tu abuses, je t’ai quand même fait gagné un gros paquet de pognon par le passé.
-Ouais, peut-être…
, continua-t-il en tournant la tête en direction de la jolie jeune femme toujours sur les quais.
-Tu verras, cette fois c’est du tout cuit.
-Bon. Je dois le voir où ? »

L’homme fit glisser sur la table un papier plié dont Karl s’empara. Ce dernier le mit alors dans la poche intérieur de son veston et, ayant fini sa consommation, quitta les lieux en laissant quelques reichsmark.


Dernière édition par Karl Zötiswitz le Dim 09 Oct 2011, 22:52, édité 1 fois
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Re: La pierre philosophale

le Ven 11 Juin 2010, 21:07
Une voiture, une Mercedes 500K, était discrètement stationnée sur le port entre une pile de containers et un entrepôts sous la couverture sombre de la nuit. Les rayons de lunes apparurent au détour d’un nuage gris et se reflétaient sur l’acier noir éclatant du véhicule, tandis que dans ledit entrepôt la faible lueur d’une lampe traversait péniblement la persienne du second étage. Au loin, les aboiements d’un chien rendait l’atmosphère particulièrement lugubre.

À l’intérieur du bâtiment, au second étage, Karl faisait face à trois hommes. Deux d’entre eux paraissaient être les sbires du troisième qui portait un costume chic et une allure arrogante de petit caïd local. Il s’approcha.
- « C’est toi le capitaine allemand ?, engagea-t-il.
-Tout à fait, répondit brièvement Karl.
-Je vois. Et qu’est-ce qui me dis que je peux te faire confiance ?
-Me faire confiance ? Ah non, mais vous faites bien ce que vous voulez. Moi, on m’a dit de venir donc je me pointe, après si ma tête vous revient pas je peux toujours foutre le camp. J’ai pas que ça à glander. »

Les combines foireuses, Karl en avait une indigestion; et il semblait qu’il avait mis les deux pieds dedans…
- « C’est bon, on va se calmer, reprit l’interlocuteur de ce dernier. J’ai besoin d’un service.
-Oui, on m’a fait un bref topo. Je pense pouvoir me débrouiller pour vous faire ça.
-Très bien. J’ai un contact à Trondheim qui prendra en charge la cargaison. Il vous attendra dans deux semaines. »

L’un des deux hommes de main apporta une petite sacoche qu’il confia à Karl.
- « Vous recevrez le reste une fois arrivé à destination.
-Je démarre demain à l‘aube. Rendez-vous ponton 17 à 4h. »
, conclut-il enfin après avoir trifouillé dans la musette.

Karl prit congé. Il démarra sa voiture et se dirigea vers l’hôtel qu’il habitait depuis son retour en ville, et qu’il quitterais dans deux jours à la première heure.
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Karl Zötiswitz
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Re: La pierre philosophale

le Jeu 22 Juil 2010, 00:03
Dehors, il faisait nuit noire. Le fébrile croissant de Lune, malgré l’aide de ces milliers d’étoiles, ne parvenait pas à traverser l’épaisse fourrure des nuages gris qui sonnaient le glas des beaux jours. Heureusement, une armée de réverbères au garde-à-vous rapportait ses couleurs à la ville endormie. Dans une rue calme et sereine qui menait au vieux port, la lumière de l’un d’eux arrivait à pénétrer par le volet entrouvert d’un modeste hôtel où somnolaient les voyageurs qui tentaient de fuir la guerre, ou au contraire des résistants qui n’attendaient que l‘aube pour affirmer l‘indépendance de la France. Une faible lueur parcourait ainsi la chambre qui donnait sur l‘avenue et où Karl résidait pendant la courte permission qui lui était accordée.

Celui-ci ouvrit les yeux, et se retrouva face au triste plafond sombre. Il se leva. S’aidant de la trace de lumière qui provenait de l’extérieur affichée sur le mur, il se dirigea vers la salle de bain où il fit une rapide toilette, puis s’empara de son uniforme d’officier afin de s’en vêtir. À côté, enroulée dans les draps blancs, défaits, dormait encore une jeune femme aux cheveux blonds, vêtue de la seule robe que lui avait offert la nature. Une tenue qui lui allait si bien. Karl la contempla. Tant de beauté, et pourtant la guerre si proche… Il était difficile de s’imaginer quitter un si paisible refuge pour naviguer sur les mers déchaînées de l’Atlantique, et pourtant la triste vérité lui revenait en pleine figure à chaque fois que son esprit s‘égarait dans ses rêves, comme une claque sifflante et douloureuse.

Il s’assit sur le lit, en fixant ses yeux sur le pendentif que la demoiselle n’avait pas quitté, un cœur argenté pas encore brisé, puis les posa sur son visage angélique. Elle souriait. La paix semblait résider en elle. Une force puissante, capable de ramener la beauté dans les régions les plus chaotiques, une force que la langue n’est pas en mesure de décrire émanait d’elle. Les sentiments de Karl à ce moment-ci, nouveaux, étaient indescriptibles. Du bout des doigts, il ôta une mèche dorée qui retombait sur le doux visage de cette femme. Elle ouvrit délicatement les yeux pour tomber dans ceux de Karl.
-« Hey, murmura-t-il en la voyant s’éveiller.
-Hey, répondit-elle en étendant le sourire qu‘elle affichait. Tu t’en vas déjà ?
-Je suis muté à Trondheim. Je dois prendre le large dans une heure…
-…et c’est tout ? »
, continua-t-elle après un moment de silence.
Karl caressa sa joue du revers de la main. Elle semblait ne pas être atteinte. Elle ne garder à la surface que ce qu’elle voulait partager, et elle ne voulait pas partager un moment de tristesse infinie. Elle gardait son sourire au bout des lèvres, même s’ils savaient tous les deux que la guerre finirait par consumer la flamme qui chauffait leurs cœurs.
- « Je reviendrais. », promit-il d’un ton nuancé de passion et d’une pointe d’amertume.
Il se releva enfin et se coiffa de son képi. Il s’empara d’une valise dressée près de la porte.
- « Au revoir, Mathilde, conclut-il en ouvrant la porte.
-Au revoir, bel inconnu. »


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Re: La pierre philosophale

le Mar 23 Nov 2010, 13:30
D’épais nuages cachaient les rayons de lune et déversaient une pluie diluvienne qui s’abattait sur les mers déchaînées de l‘Europe en guerre. Il faisait nuit noire, et cette pénombre camouflait le déluge qui aurait trempé un homme jusqu’aux os en moins de temps qu’il ne le faut pour tirer une bordée. Sur le port, les feux d’un taxi brestois finirent pas éclairer la barrière d’accès qui menait aux quais. Les essuie-glaces du véhiculent étaient affolés et balayaient le pare-brise sans interruption tentant vainement de chasser la couche d’eau qui revenait à peine avaient-ils fini leur aller-retour. À l’intérieur, la lueur d’une veilleuse permettait d’y voir dans l‘habitacle, mais on ne parvenait pas à discerner l‘extérieur, mis à part peut-être les quelques mètres éclairés par les phares du véhicule. On y entendait la pluie battre la carrosserie à un rythme soutenu.
- « Voici pour vous », remercia Karl en s’adressant au chauffeur.
Il tendit sa main et laissa glisser dans celle de son interlocuteur une poignée de francs. Puis, ajustant sa casquette et son imper de façon à se protéger de la pluie et s’emparant de la valise installée sur la banquette, il sortit.
- « Bonne route, monsieur », conclut finalement le chauffeur avant que Karl ne referme la portière.
Le taxi s’enfonça dans l’ombre de la rue et disparut enfin. Karl, lui, prit la direction du ponton 17 où était amarré le Z-41.

- « Bonsoir, capitaine. », lança un marin dans un salut militaire d’usage quand Karl arriva enfin sur place.
L’homme, un jeune lieutenant à en croire les galons qu’il arborait sur sa polaire marine, était coiffé d’une casquette réglementaire de la Kriegsmarine sur laquelle ruisselait l’eau de pluie qui continuait à dégringoler. Il avait la mine fraîche, celle qu’on présente avant chaque sortie en mer, dissimulant même une légère pointe d’impatience.
- « Vous êtes le nouvel officier en intendance, je présume ?, demanda Karl en rendant le salut.
-Affirmatif. Kapitänleutnant von Neumann, capitaine.
-Où en est-on du chargement ?
-Nous devrions avoir fini de remplir les soutes d’ici une heure, capitaine.
-Venez me prévenir dès que c’est le cas
, conclut-il en reprenant ça marche jusqu’au pont principal du bâtiment.
-À vos ordres, capitaine », ponctua finalement son subalterne.
Un nombre important de conteneurs attendait sur le quai où reposait le Z-41, tandis que deux imposantes grues s’affairaient à tout transporter à l’intérieur des cales du contre-torpilleur. Malgré la pluie et l‘heure matinale, une certaine activité animait le port. Quelques centaines de marins et dockers ignoraient les intempéries pour se concentrer sur la tâche qu’on leur avait confié, celle de préparer le destroyer allemand avant son départ. Karl, avant de s’engager sur la coupée, se retourna vers l'une des grues qui s'apprêtait à se saisir d‘une caisse marqué d’un discret coup de peinture rouge sur l’un de ses sommets. Karl l’observa d’un œil soucieux, jusqu’à ce qu’elle disparaisse dans les entrailles du bâtiment.

À la passerelle, les officiers navigateurs étudiaient la route la plus judicieuse à prendre à l’aide d'une carte, d’un compas et d’une règle de cras, tandis que les mécaniciens déjà en bleus faisaient chauffer les machines au niveau inférieur: on se préparait à larguer les amarres.
- « Garde-à-vous ! », hurla le second capitaine quand son supérieur arriva à la passerelle.
Immédiatement, la totalité des hommes se dressèrent, les bras le long du corps, avant d’effectuer un cœur un salut militaire. Karl se mit face à son second devant une table où était dépliée une carte du Nord-Est Atlantique.
- « Repos, messieurs, continua-il quand il eut terminé de saluer son second. Où en sommes nous ?
-Nous avons fini d’éplucher les relevés radios et en sommes venu à la conclusion qu’il nous fallait contourner le Royaume-Uni par l’Ouest avant d’atteindre Trondheim, capitaine
, répondit ce dernier.
-Encore des combats dans la Manche ?, demanda Karl, observant les tracés sur la carte.
-Exact, capitaine. Le Kampfgruppe Nornenfaden de la Reichsflotte Vanaheim est aux prises avec la Force N près de Cherbourg.
-Très bien. Commencez à planifier les rotations de veilles. Je serez sur le gaillard avant, venez me prévenir en cas de problème.
-Bien, monsieur. À vos ordres, monsieur. »


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Re: La pierre philosophale

le Mar 23 Nov 2010, 14:07
Le mauvais temps ne cessait pas. D’ innombrables gouttes d’eau cognaient encore la coque du Z-41 dans un brouhaha métallique angoissant. On ne voyait que grâce à l’appuie des fanaux, mais le manteau brumeux matinal si connu dans le Finistère prenait racine si bien que les latéraux bâbord et tribord de l’entrée du port, que l’on pouvait tout de même percevoir à travers l’ombre de la nuit, devinrent flous, puis disparurent finalement en deux minuscules lueurs à peine percevables.

Sur le gaillard, les bourrasques de vent et la pluie battante donnaient du fil à retordre à Karl qui tentait avec peine d’allumer sa cigarette. Se protégeant derrière son imper qu’il positionnait devant son visage pour se protéger des intempéries, il parvint finalement à actionner son briquet au bout d’une énième tentative, et se laissa alors éprendre par le délassement d’une douce cigarette. Il gardait toujours un œil sur l’avancé du ravitaillement, observant à la dérobée certaines caisses marquées d’une furtive marque pourpre sur l’arrête, mais aussi sur sa montre qui affichait désormais cinq heure et une dizaine de minutes.

- « Capitaine ! Capitaine !, hurla un sous-officier qui trottinait vers Karl pour se faire entendre à travers le bazar emmêlé des impactes des gouttes de pluie et des vagues sur le destroyer 1936B.
-Qu’y a-t-il ?, demanda Karl en se rapprochant de son subalterne.
-Il y a deux homme devant la passerelle d’embarquement qui disent vous connaître et avoir rendez-vous avec vous, continua ce dernier. Nous ne les avons pas laisser entrer, mais ils ont insisté pour que je vienne vous prévenir.
-Escortez-les jusqu’à moi
, ordonna alors le commandant du Z-41.
-Bien monsieur. »
Karl s’approcha de la rambarde et se pencha par-dessus bord afin d’observer le quai. Deux hommes attendaient devant la coupée, gardés à vu par un bosco de quart. Il les avait déjà rencontré dans un entrepôt mal éclairé à quelques conteneurs d’ici. L’un d’eux, plus chiquement habillé et affichant une confiance en lui prononcée, probablement le supérieur du second qui tenait au-dessus de sa tête un parapluie, jeta un regard en coin à Karl avant que le sous-officier ne le fasse monter à bord.

Les deux hommes arrivèrent finalement jusqu’à Karl escortés par le sous-officier.
- « Laissez-nous, engagea Karl en s’adressant à ce dernier qui s’exécuta.
-Bonjour, capitaine, continua celui qui semblait être le supérieur de l’autre.
-Bonjour, messieurs, répondit sobrement Karl.
-Je vois que le chargement du navire se déroule bien et que vous prendrez bientôt la mer, poursuivit-il en vérifiant que le sous-officier était assez éloigner. J’espère que notre accord est toujours d’actualité.
-Nous nous reverrons à Trondheim dans deux semaines, comme prévu.
-Parfait. »

Et, tandis que les deux hommes continuaient leur suspecte conversation, plus loin, sur le quai, les dockers du port de Brest chargeaient à l’intérieur des soutes du Z-41 la dernière caisse de munition.


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Re: La pierre philosophale

le Sam 12 Fév 2011, 12:07
La mer était déchaînée. Des bourrasques de vents d’Est soufflaient à en arracher le pavillon de la Kriegsmarine qui flottait fièrement au-dessus de la passerelle. L’anémomètre s’affolait et indiquait parfois des vents de cinquante nœuds qui emportaient dans leur course la pluie abondante qui dégringolait sur la Mer du Nord. Des lames effrayantes vêtue d’écumes, faisant parfois plusieurs mètres de haut, venaient cogner violemment la coque du destroyer 1936B de la marine allemande dans un vacarme assourdissant le faisant tanguer et rouler, parfois sur cinquante degrés, si bien que son équipage était dans l’incapacité la plus totale à effectuer son travail. Les matelots et officiers de quart sur le pont revêtaient des imperméables afin de se protéger de la pluie et des embruns, mais malgré toutes les précautions qu’ils auraient pu prendre, ils étaient trempés jusqu’aux os. Le ciel était noir et épais, si bien qu’en cette fin de journée d‘été, alors que les rayons orangés du crépuscule devaient illuminer les cieux dans un carnaval de couleurs, la pénombre de la nuit arrivant recouvrait déjà la région, percée par quelques timides rayons solaires qui peinaient à éclairer les flots.

Karl était sur le pont, enroulé dans un imperméable brun. Sur sa casquette réglementaire ruisselaient des torrents d’eau, la même casquette qui menaçait de s’envoler à chaque nouveau coup de vent. Il se tenait aux parois du destroyer afin de garder l’équilibre, avançant prudemment vers les emménagements. Soudain, une violente embardée le fit trébucher. Il s’accrocha de justesse à la rambarde, manquant de passer par-dessus bord. Sa casquette virevolta pour finir sa course dans les eaux froides de mer du Nord. Puis, alors que Karl allait pour se relever, quelque chose retint son attention au fond de l’océan. Une hallucination. Il ferma les yeux et secoua la tête, tentant de reprendre ses esprits, mais quand il les rouvrit, elle était toujours là: l’image vaporeuse, ridée par l’eau et l’écume, d’une belle jeune femme aux cheveux d’or. Ces yeux d’un bleu profond se confondaient avec l’océan, et un sourire brillait au coin de ses lèvres réchauffant l‘âme bien plus que le soleil. Elle portait en pendentif un petit cœur argenté. Et elle fixait Karl. Son regard en disait long, bien plus que n’importe quelle phrase, des choses que les dictionnaires ne pouvaient traduire, si bien que le commandant du navire n’avait plus d’yeux que pour cette hallucination, ce fruit de son imagination. Autour de lui, plus rien n’avait d’importance: la pluie froide n’arrivait plus à percer la chaleur de son cœur, la coque avait cessé de crier sous les coups des vagues et il se fichait bien de sa casquette qui venait d’être submergée par une nouvelle lame. Son cœur s’emballa, allant toujours plus vite, et des larmes lui montèrent aux yeux. Il ne savait dire ce qu’il se passait, c’était la première fois qu’il ressentait cela.
- « Mathilde. »
Elle s’appelait Mathilde…

- « Commandant ! », répéta un lieutenant en se dirigeant vers Karl.
La première fois qu’il l’avait appelé, ce dernier, perdu dans ses pensées, ne l’avait pas entendu. Il s’approcha finalement assez de son supérieur pour pouvoir lui parler sans avoir à crier pour se faire entendre à travers le brouhaha des vagues et des éclairs.
- « Nous avons reçu un message du KMS Bismarck, reprit-il alors. La Reichsflotte Vanaheim est aux prises avec une patrouille britannique au large de Trondheim, à environ vingt milles d’ici. Nous avons pour ordre de nous diriger vers le port et d’attendre le reste de la flottille. Nous devrions arriver demain matin.
-Parfait. »

Soudain, au loin, à environ vingt milles d’ici, de violents flashs blancs vinrent éclairés les nuages noirs. Ce n’était pas des éclairs. Ils étaient bien trop petits, nombreux et concentrés au même endroit. Si on tendait l’oreille, à un moment où aucune vague ne frappât la coque du Z-41, on pouvait entendre comme de petites détonations inaudibles. Comme… des explosions qui retentiraient au loin. Karl et son lieutenant tournèrent la tête et portèrent leurs regards sur ce spectacle. Ils savaient tous deux ce que c’était.
- « Vous devriez retourner à votre poste, lieutenant. », conclut Karl après qu’ils aient contemplé pendant quelques secondes ce triste spectacle.
Son subalterne jeta un dernier coup d’œil à l’horizon, où les flashs se multipliaient toujours, et retourna à l’intérieur du bâtiment la mine basse. Karl, lui, resta encore un court instant l‘œil fixé sur les nuages lointain, puis il baissa les yeux: les doux reflets vaporeux de Mathilde avaient disparus…
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Re: La pierre philosophale

le Dim 09 Oct 2011, 22:50
L’aube hurlait. Un soleil éclatant apparaissait lentement derrière la cime des fjords norvégiens appelant progressivement les habitants de Trondheim à se lever pour préparer une nouvelle journée de labeur. De ses teintes orangées et jaunâtres ils tapissait le ciel, au loin, au-dessus de la ville toujours endormie qui respirait encore le calme de la nuit, et les nuages roses se dispersaient dans un ciel aussi bleu que l’océan comme si, apeurés, ils prenaient congé devant l’armature redoutable de l’astre des jours. Là, un torrent d’eau dévalait la montagne pour venir se jeter dans la mer du Nord: les cicatrices du déluge de cette nuit s’effaçaient peu à peu et le paysage retrouvait son visage innocent.

Cette nuit là, trois coups de tonnerres frappèrent les côtes escarpées de Trondheimsfjord, le fjord aux rives duquel se situent la ville éponyme. Un arbre fut abattu par l’un d‘eux, et s’écroula. Il dévala une pente ardue pour venir reposer au pied d’un grand chaîne qui stoppa sa course. Et il est là. La nature reprendra le dessus; une épaisse couche de mousse viendra bientôt recouvrir son écorce, des milliers d’insectes viendront creuser son tronc et un hibou y nichera ses proies. Ce sera comme s’il avait toujours été là. Certaines traces sont éphémères. Mais d’autres, plus profondes et plus graves, restent à jamais ancrées dans l’histoire, et dans les cœur.

À quelques milles de là, au large, dans les eaux fraîches de Mer du Nord, un tout autre orage avait tonné. La Reichsflotte Vanaheim avait pris à partie une patrouille britannique de cinq destroyers qui s’étaient approchés trop près des côtes norvégiennes, et ne leurs avait laissés aucune chance. Revendiquant le sang ennemi, elle déferla dans une tempête d’obus sur les fébriles bâtiments qui tentèrent vainement de fuir avant de sombrer corps et bien, emportant avec eux les centaines d’hommes qui travaillaient à leurs bords. La cicatrice que laissera cet accrochage sera douloureuse pendant encore bien des années, car rien ne pourra jamais remplacer cette terrible perte dans les neuf cents familles en deuil qu’il causât.

Z-41 n’avait quant à lui pas participé au combat. Il devait rejoindre le port de Trondheim pour ravitailler en vivres et en carburant. Il entra dans la rade au petit matin où une pilotine vint embarquer un pilote allemand à bord afin qu’il mène le destroyer sous le commandement de Karl au quai qui lui était réservé. Et après quelques manœuvres laborieuses, les aussières étaient amarrées aux bollards, et l’équipage était descendu à terre pour profiter de ses dernières heures avant la prochaine chasse.
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Re: La pierre philosophale

le Jeu 23 Fév 2012, 23:22
Au soir du lendemain de l’atterrissage de Z-41, alors qu’une grande majorité des officiers et marins qui n’étaient pas de quart s’évertuaient à profiter des divers services qu’offraient les bars et les maisons de passe des abords du port de Trondheim pendant les quelques heures d’escale qui leurs restaient encore, Karl, de son coté, s’aventura dans un entrepôt reculé et vraisemblablement oublié des services de sécurité du port pour une mission d’ordre plus personnel. Il y rencontra trois bonshommes en imper, dont l’allure était bien loin d’être conforme aux règles strictes exigées par la Wermarth. Près de lui, des dockers avaient entreposé une demi-douzaine de caisses de bois marquées d’un furtif coup de peinture pourpre sur l’arrête. Celles-ci avaient voyagées depuis Brest à bord du destroyer sous son commandement, et avaient été débarquées durant la nuit. Les registres du bord les avaient signalées comme contenant une série d’obus de 152mm défectueux. En effet, durant la traversée, lors d’un exercice visant à maintenir en bonne forme les reflexes de l’équipage et à éviter que l’usure des canons soumis aux dures épreuves infligées par la mer ne deviennent trop importante, les canonniers avaient eut la mauvaise surprise d’utiliser des munitions endommagées d’un défaut de fabrication qui les empêchaient de suivre convenablement les rayures des canons, les rendant ainsi tout à fait inutilisables en combat réel face aux Alliés. Les containers furent immédiatement identifiés, puis arrivés au port, remplacés par de nouvelles munitions aux normes.

-« Bonsoir, commandant, débuta l’un des trois bonshommes qui faisaient face à Karl.
-Bonsoir, messieurs, répondit Karl en hochant légèrement la tête. Pardonnez moi ma discourtoisie, mais je suis assez pressé. Je dois impérativement regagner mon navire afin de peaufiner les préparatifs de mon prochain départ.
-Bien entendu
, acquiesça sont interlocuteur. Mais avant tout il va falloir que je jette un coup d’œil à la came, vous le comprendrez.
-Faites donc. »

Les deux sbires du premier homme, armés de pieds-de-biches, s’approchèrent d’une des caisses marquées de pourpre afin de l’ouvrir. Un coup sec suffit à venir à bout des clous à moitié rouillés qui maintenaient le couvercle sur sa base. Ils le posèrent à terre, et piochèrent dans le contenu de cette caisse une bouteille de scotch écossais qu’ils tendirent à leur chef. Elle en était pleine, de bouteilles, délicatement posées sur plusieurs étages entrecoupés de lits de paille qui les avaient protégées des embardées et des coups-de-butoir du navire en route. Les registres falsifiés du bord avaient vraisemblablement omis de mentionner cette cargaison somme toute peu légale.

-« Il semblerait que vous ayez bien fait votre travail, reprit le premier homme en examinant l’étiquette du scotch.
-À vous de faire le votre », lui rétorqua Karl.
L’homme esquissa un léger sourire, puis claqua des doigts. Un de ses sbires apporta alors à Karl un sac de papier cartonné rempli à ras-bord de reichsmarks allemands.
-« Vous pouvez compter, tout y est, continua-t-il.
-Je ne pense pas que cela soit nécessaire, lui répondit Karl.
-Nous vous recontacteront si jamais nous avons un autre travail pour vous.
-Vous savez comment me contacter. Cependant, je risque de ne pas pouvoir vous aider durant les prochains mois. Je dois partir, le boulot…
-Et où allez-vous ? »
, demanda l’un des sbires.
Karl marqua un temps, observant ce dernier d’un air antipathique dans lequel ont pouvait déceler un semblant de pitié.
-« Je suppose que c’est une blague ?, reprit-il. Ce n’est pas parce que j’arrondis mes fins de mois en transportant des produits de contrebande que je n’en garde pas des responsabilités, comme ne pas éventer les secrets de la Kriegsmarine par exemple.
-Evidemment, veuillez excuser mes hommes, commandant
, admit le premier homme en observant à son tour son sbire d’un air davantage colérique et désappointé, parfois ils parlent au moment où ils devraient écouter… »

Karl mit dans une petite mallette qui avait emmené avec lui l’argent qu’on lui avait concédé, puis, avant de tourner les talons, il salua les trois hommes qui finissaient d’inspecter le reste de la marchandise.

Plus tard, dans la soirée, Karl retourna sur le quai où était amarré Z-41. Alors qu’ils l’observaient depuis la jetée, son second arriva de derrière lui pour venir se mettre à ses cotés. Les deux officiers se saluèrent comme le veut le protocole, puis Karl engagea la conversation :
-« Quand sera près Z-41 à quitter Trondheim ?
-Demain, en fin de matinée, tout devrait être paré pour larguer les amarres. Je me suis permis de diriger les opérations de chargement pendant votre absence.
-Vous avez bien fait.
-Où étiez-vous ?
-Là où la plupart de l’équipage est encore : je buvais un verre dans un bar du port. »

Les deux hommes sourire, puis observèrent Z-41. Ils étaient en face de son numéro de coque bien voyant près de l’étrave.
-« Il n’a pas encore été baptisé, commandant, reprit le second de Karl. Vous avez une idée ? »
Ce dernier marqua un temps puis, replongeant dans ses pensées restées sur les côtes françaises, à Brest, il affirma d’un ton sûr :
-« Mathilde. Je vais l’appeler Mathilde… »
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Re: La pierre philosophale

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