Partagez
Voir le sujet précédentAller en basVoir le sujet suivant
Invité
Invité

Du sang et des larmes

le Lun 22 Mar 2010, 18:17
Au petit matin, le Cavaliere fit son entrée dans la rade d'Istanbul. A peine les manoeuvres d'ammarage terminées, un officier turc fit son apparition sur le quai, le commandant Calitri descendit seul du submersible et se présenta face à l'inconnu.

De toute évidence ils n'étaient pas les bienvenus ici, les autorités turques voyaient d'un mauvais oeil toute cette agitation dans la région. Néanmoins ils étaient enclin à ne pas faire d'histoire tant que l'on payait, le commandant italien glissa donc le bakchich habituel dans la main de son interlocuteur puis il remonta à bord.

On informa les hommes qu'ils pouvaient mettre pied à quai mais ne pas sortir en ville. De toute façon on commençait déjà à acheminer vivres et carburant et il fallait se coltiner le chargement. Le tout était simplement de leur autoriser de fumer une cigarette à l'air libre étant donné qu'ils ne pourraient certainement pas en griller une avant plusieurs semaines.



Pendant ce temps, Calitri se rendit à la capitainerie afin de remplir les formalités... En réalité il n'y avait aucun document à remplir, il s'agissait encore et toujours de remplir les poches d'un membre plus éminent des autorités. On l'informa également qu'un message avait été laissé à son intention.

Avons passé Istanbul.

Cap sur Sebastopol.

Aucune info valable sur l'ennemi.

Prenez le même cap.

A. Migliorini


Peste, le message datait de plus d'une semaine. En gros on ne savait rien de la situation actuelle...

Après avoir glissé ses derniers deniers dans la main d'un nouvau vampire il put confier lui aussi un message pour les suivants qui n'était rien de plus qu'une répétition des ordres préalables.

Pendant ce temps le quartier-maître avait été missionné pour trouver les pièces de rechange nécessaires à la réparation du moteur. Ce dernier avait décidé de faire la forte tête et avait grandement retardé le Cavaliere. On avait réussi à le rafistoler pour venir jusqu'ici mais il était plus qu'hasardeux, pour ne pas dire impossible, de partir au combat dans ces conditions.

Ne t'avises pas d'aller voir les filles où tu auras affaire à moi! l'avait prévenu son commandant. Punaise! Comment aurait-il pu faire? Lui aussi eu besoin de distribuer tout ce qu'il avait sur lui afin de ramener les quelques pièces mécaniques essentielles dont le moteur avait besoin.

Le soir venu, le submersible repris la mer et mis cap sur Sebastopol à allure réduite. On avait pas pris le temps de réparer le moteur et il faudrait faire ça en route en priant pour ne pas tomber sur l'ennemi...
Invité
Invité

Re: Du sang et des larmes

le Lun 22 Mar 2010, 18:18
Après toute une nuit de travail, le moteur était enfin en état de marche...



Le Cavaliere put enfin reprendre sa route à plein régime. Calitri fit pousser les machines à fond, il s'agissait de rattraper le retard accumulé en espèrant qu'il n'y ait pas de nouvel incident, un mauvais pressentiment le tenaillait depuis le départ d'Istanbul.
Invité
Invité

Re: Du sang et des larmes

le Lun 22 Mar 2010, 18:18
Peu après être entré en mer noire, le Cavaliere passa en état d'alerte. L'aviation ennemie cadrillait le ciel et on ne pouvait naviguer désormais que de nuit...



A l'aube du troisème jour, de multiples contacts sonars firent leur apparition.

Devant la supériorité technologique dont les alliés faisaient preuve en matière de lutte anti sous-marine, Calitri pris toute les précautions qu'il était possible.

Le bon sens voudrait qu'il les laisse passer leur chemin. Il serait aisé de rester inaperçu... Il était tiraillé entre le désir de sauvegarder les vies humaines à bord et celui de remplir son devoir. Après concertation avec ses officiers, décision fût prise de passer à l'attaque, il en allait de l'honneur de la nation.

Le Cavaliere se mit en immersion périscopique. Rarement il avait eu l'occasion de voir une telle flotte réunie, il n'y manquait plus que des navires américains pour que les alliés au grand complet soient présents.



Il faut reconnaitre qu'il fût impressionné. Tout ce déploiement de force pour vaincre la Xa-Mas... Dans l'hypothèse d'un affrontement direct entre les 2 flottes, le rapport serait de 4 contre 1 en faveur des alliés. A défaut d'honneur il savaient faire preuve de puissance.

Alors qu'un chalutier passait dans le réticule du périscope, présence incongrue au milieu de pareil déploiement, il se rémoméra la rumeur qu'on lui avait comté à la capitainerie turque :

Tandis que la flotte alliée rentrait se terrer à Sebastopol, transie de peur devant la valeureuse flotte italienne, le commandant en chef français avait, semble-t-il, manqué son créneau et explosé son destroyer sur le ponton en béton. Son navire avait coulé corps et bien dans la rade. On racontait qu'après avoir appelé du secours pour qu'on vienne les tirer de là, ce même chef aurait passé environ 3 semaines à s'imbiber dans tous les troquets russes de la ville et à courrir les filles de joie.

Finalement, lorsque la coalition anglo-américaine se décida pour venir leur donner la main, et que la Xa-Mas du quitter la région pour ne pas être tenaillée en mer noire, on dit qu'il fallut charger l'animal dans un filet de pêche étant donné son ivresse plus que prononcée.

Il ne se souvenait plus du nom qu'on lui avait donné à la capitainerie. Contrairement aux officiers italiens qui étaient connus par delà les frontières pour leur bravoure (même outre-atlantique) les états de services plus que déplorables, pour ne pas dire honteux, des commandants alliés de la méditerranée ne permettaient pas à leur identité de passer par-dessus le bastinguage de leur navire. Il lui semblait bien que c'était Fleur de quelquechose...

Pas si étonnant finalement que les forces italiennes, faisant bien pâle figure à côté des alliés, parvenaient à leur tenir tête et à dominer la méditerranée. S'ils disposaient seulement du quart des moyens alliés, les italiens auraient plié l'affaire en moins d'un mois.

Calitri chassa soudain toutes ces divaguations de son esprit, il y avait beaucoup mieux à faire.

Il se rendit immédiatement à l'évidence qu'il ne pourrait rien faire de probant dans cette situation. Les technologies de recherche et protection ASM avaient largement pris le pas sur les submersibles, tant dans un camp que dans l'autre. On ne comptait plus les bâtiments et les hommes perdus en mer, le combat était perdu d'avance.

Malgré tout l'équipage était déterminé à accomplir son devoir, quoi qu'il en coûte. Au moins l'ennemi perdrait du temps et la flotte de surfrace aurait le temps de sortir du chenal...

Les officiers, penchés sur les tables et suivant les recommandations du commandant, calculaient les solutions de tir.

Mais le Cavliere n'eut même pas le temps de mener son action que déjà les navires ennemis avaient augmentés leur vitesse et zigzaguaient tous azimuts.

Dans l'urgence le submersible lâcha une torpille puis inversa son cap dans l'espoir d'échapper aux destroyers déjà à ses trousses. Bien évidemment celle-ci ne toucha aucune cible dans ces conditions.

L'officier en charge du sonar fait état de nombreux échos d'ASDIC... Silence dans le bord, chacun retient son souffle... Grenadage...

BAAAAOOOOOM

Une explosion terrible déchire l'atmosphère du submersible. La coque commence à craquer, l'eau de mer pénètre de toutes part à l'intérieur. Les 2 compartiments arrières sont innondés, il faut les isoler.

Le cadran de profondeur ne cessait de descendre tandis que l'équipage, amputé d'une vingtaine de marins ayant succombés aux explosions ou encore noyés, tentait de colmater les brèches. Le but était d'empêcher le submersible de descendre à la profondeur critique dans un premier temps...

Les hommes donnaient tout ce qu'ils pouvaient à leur tâche, on était bien loin du devoir maintenant, chacun luttait pour sauver sa vie!

Pour le moment le Cavaliere continuait toujours son inéxorable descente vers les abîmes...
Invité
Invité

Re: Du sang et des larmes

le Sam 27 Mar 2010, 09:43
Malgré tout les efforts de l'équipage, le Cavaliere continuait à descendre. Les hommes ne parvenaient pas à endiguer les voies d'eau qui s'aggravaient avec la pression.

Digne, le Commandant Calitri nota au journal de bord :

27 Mars 1943

9H34

Voies d'eau irréparables

Moteurs et balasts HS

80M de profondeur

Naufrage


Après un temps d'hésitation il rajouta : Vive la nation!

Certains priaient, d'autres pleuraient, d'autres encore étaient résignés.

Calitri quant à lui ne disait rien. Il fixait simplement le cadran...

80M

90M

100M

Puis plus rien...
Contenu sponsorisé

Re: Du sang et des larmes

Voir le sujet précédentRevenir en hautVoir le sujet suivant
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum