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Arthur W. Ripley
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Les débuts en Mer de Corail

le Dim 25 Oct 2009, 00:46
8 décembre 1941, au matin. L'enseigne Arthur Ripley, officier à bord de l'USS Dewey, se rendit à l'amirauté de la base navale de San Diego. Par un coup du sort - son navire étant en révision - Arthur avait été affecté à des tâches administratives peu plaisantes dans la base de San Diego et avait ainsi évité la tragédie de Pearl Harbor. Cependant, apprenant la nouvelle peu de temps après, il brûlait de retourner dans le Pacifique, espérant cette fois avoir un bâtiment sous son commandement.

Au bout de quelques minutes de marche, il arriva enfin à destination. Un planton vérifia ses papiers, puis le conduisit auprès de l'officier commandant la base. Se mettant au garde-à-vous, il attendit les instructions du commandant.


"Ah, Lieutenant Junior Grade Ripley, ravi de vous voir. Je vous en prie, repos et asseyez-vous. Vous me semblez surpris ... oh oui, où avais-je la tête, votre promotion m'est complètement sortie de la tête. Malheureusement, j'ai de mauvaises nouvelles pour vous. On vous renvoie au front, dans le Pacifique Sud. Vous partez le 6 janvier, l'un des officiers du Sims est tombé malade avant-hier. Cela vous laisse trois semaines de permission. Rompez !"

N'ayant pas eu le temps de répondre quoi que ce soit, ni de réaliser ce qu'il se passait, Arthur fut immédiatement raccompagné tandis que ses instructions lui furent remises, ainsi qu'un dossier, par une jeune secrétaire surmenée. Ainsi, il se préparait à embarquer à bord de l'USS Sims, destroyer escortant l'USS Yorktown, navire amiral de la Task Force 17 partant pour les îles Samoa. La TF17 devait d'abord se rassembler à San Diego avant son départ, prévu le 6 janvier, le Sims partant pour sa part de Boston le 16 décembre.



Promu et bénéficiant de deux semaines de permission, Arthur regagna Oakland, afin de passer son temps libre en compagnie de sa famille. Il ne revint à San Diego que le 29 décembre afin de se préparer au départ. Huit jours plus tard, enfin, la TF17 quittait le port de San Diego, arrivant aux îles Samoa le 23 janvier. Le voyage se passa rapidement et sans encombre, la TF17 étant chargée de convoyer des marines en renforcement de la garnison des îles Samoa américaines. L'escadre repartit, renforcée de la TF8, reprenant l'USS Enterprise et son escorte, le 25 janvier, afin de lancer un raid sur les îles Gilbert et Marshall. Arthur prit part à l'opération, qui fut un franc succès pour l'escadre américaine mais fut écourtée à cause de l'approche de la mousson. Cependant, tandis que l'escadre repartait vers Pearl Habor, puis l'île de Wake, un hydravion débarqua Arthur à Luganville, sur l'île d'Espiritu Santo afin d'y prendre le commandement d'un patrouilleur.

C'est ainsi qu'il fut affecté au PT-86, chargé de patrouiller dans les eaux des Nouvelles-Hébrides, à la jonction entre Océan Pacifique et Mer de Corail ...


Arthur W. Ripley
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Ven 04 Déc 2009, 20:37
Le 8 mai, le PT-86 était paré au départ, tubes et mitrailleuses chargés, munitions et carburant embarqués, équipage à bord. La première patrouille allait bientôt débuter au niveau des îles Salomon, plus précisément autour de la base japonaise de Tulagi, petite île au nord de Guadalcanal. Moteur à faible régime, afin d'économiser le carburant, le petit navire de patrouille filait tranquillement vers le nord-nord-ouest et atteignit sa destination, sans encombres, quelques jours plus tard. Le gros de la flotte américaine basée à Luganville, composée de patrouilleurs, principalement spécialisés dans la lutte anti-submersible, était également arrivée et se préparait à assiéger la base japonaise, sans rencontrer de résistance. Les Japonais semblaient absents, ce qui poussa les forces américaines à s'approcher imprudemment du port de Tulagi. Grave erreur, car de nombreux navires de la Marine Impériale sortirent simultanément et se regroupèrent, afin de faire face et de rompre le blocus.

La bataille autour de Guadalcanal commença, et rapidement les forces japonaises prirent le dessus, leur équipement et leur coordination leur permettant de mieux tenir le choc d'un combat frontal. Le PT-86 utilisa donc des tactiques de harcèlement, principalement de nuit, frappant l'ennemi par surprise à pleine vitesse puis profitant des îles et îlots pour se cacher, avant la prochaine attaque. Et lorsque les réserves de carburant et de munitions faiblissaient trop, la vedette rejoignait un ravitailleur proche afin de compléter ses stocks. Ainsi, plusieurs navires japonais furent torpillés, la plupart sans succès. Sur toutes les attaques portées, trois conduisirent au naufrage d'un navire japonais. Deux chasseurs de submersible, de classe CH1 et CH3, et un torpilleur de classe Tomozuru furent envoyés par le fond par le PT-86, entre le 14 et le 29 mai, sans que celui-ci ne prenne un seul tir, et ce, malgré la tentative de mitraillage d'un submersible nippon, attaquant en surface en pleine nuit. L'épave du torpilleur de classe Tomozuru "Tamagoshi" s'échoua sur un haut fond, tandis que les chasseurs de submersible, tous deux nommés "Nobunaga" sombrèrent à jamais dans les eaux du sud de l'archipel des îles Salomon.



La bataille cependant tournait de plus en plus mal pour les forces américaines, tandis que les Japonais recevaient sans cesse du matériel plus performant. Il n'était plus possible d'inverser la tendance, et le rythme des pertes était bien trop important, aussi le PT-86 fut rappelé à Luganville, afin de protéger le port d'une éventuelle contre-attaque. La vedette rentra donc au port et s'amarra aux quais réservés aux navires de patrouille, et Arthur fut convoqué au bureau du commandant du port pour un débriefing dans l'heure.


"Lieutenant JG Ripley, ravi de vous revoir entier. Je vois que vous avez rédigé votre rapport de mission, voyons cela ... hum, intéressant, vous semblez avoir fait du bon travail sur place. Bien, je crois que l'Amirauté a eu raison de vous faire confiance, il semblerait que vous ayez été jugé apte à commander un destroyer. Je crois savoir que vous avez déjà eu l'occasion de servir à bord d'un navire de cette classe. Voici votre ordre de mission, les documents relatifs à votre nouvelle affectation et ce document à remettre à l'intendance concernant votre nouvel uniforme. Rompez, Lieutenant Commander Ripley."

Arthur quitta ainsi le bureau du commandant de la base et gagna les locaux de l'intendance, afin de recevoir ses nouveaux uniformes.



Ensuite il gagna le quai numéro deux où l'attendait le destroyer "Hammann" (DD-412), destroyer de la classe Sims. Le départ était prévu pour le surlendemain, aussi veilla-t-il à l'approvisionnement du bâtiment et ce que l'équipage soit paré pour l'embarquement. Deux jours plus tard, le destroyer quitta le port de Luganville, cap à l'ouest pour rejoindre le port de Gili Gili en Nouvelle-Guinée ...


Arthur W. Ripley
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Mer 09 Déc 2009, 20:11
Après quelques jours de navigation tranquille, le destroyer arriva en vue de l'archipel des Louisiades et s'engagea dans les eaux peu profondes à la frontière entre Mer de Corail et Mer des Salomon. Captant des échanges radio en japonais, le destroyer contacta les stations radio de la côte sud-est de Nouvelle-Guinée, afin de trianguler la position d'un potentiel navire ennemi. Les calculs qui s'ensuivirent donnèrent la position de l'ennemi, et l'USS Hammann fila droit vers la source de l'émission, rejoignant un chasseur de submersibles de classe CH51 qui s'était aventuré seul dans les eaux de la colonie britannique.

La poursuite s'engagea, les deux navires lançant leurs machines à pleine puissance. Mais le patrouilleur japonais ne pouvait rivaliser de vitesse avec le destroyer américain, et bientôt ce dernier se trouva à portée de tir. Pointant ses canons de 127 mm sur sa cible, l'USS Hammann ouvrit le feu immédiatement et toucha sa cible à plusieurs reprises. Arrêté net dans sa course, machines détruites, le patrouilleur ne pouvait plus que subir et, après quelques minutes de tir incessant, se trouva noyé dans les flammes. Secoué par quelques explosions mineures, brûlant de partout, prenant l'eau par tribord avant, le chasseur de submersible de classe CH51 "Baiu" entama sa lente descente vers le fond, tandis que les membres d'équipage ayant survécu à l'attaque tentèrent de filer en canot ou à la nage. Le destroyer arriva rapidement sur les lieux et, réduisant les machines, repêcha les survivants. Les marins japonais, sous la menace des fusils M1 des MP's, furent conduits dans une cabine spécialement aménagée pour recevoir les prisonniers, menottés et surveillés afin d'éviter toute tentative de suicide ou d'évasion.

La dernière portion du voyage se déroula sans encombres, l'USS Hammann entrant dans le port de Gili Gili dans la nuit et s'amarrant au quai numéro 3. Les prisonniers furent débarqués sous haute surveillance, et le navire fut approvisionné en carburant et munitions dès le lever du soleil. Les Japonais exerçant un blocus serré du port, il était urgent d'intervenir ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Jeu 10 Déc 2009, 22:22
De bonne heure, le destroyer quitta le port, à vitesse réduite, canons chargés et après avoir reçu les dernières informations. L'ennemi avait envoyé plusieurs unités légères afin de bloquer le port, et il fallait absolument les déloger afin de sécuriser les alentours directs. Les Japonais, trop sûrs d'eux, ne s'attendaient pas à la sortie d'un bâtiment allié et naviguaient à faible vitesse, juste hors de portée des batteries côtières. L'USS Hammann s'approcha assez facilement de deux chasseurs de submersibles un peu à l'écart, naviguant de concert et semblant ne pas se soucier du danger qui approchait.



Le destroyer enfin à portée de tir, les canons de 127 mm crachèrent un feu nourri sur les deux cibles, les touchant coup sur coup. Les chasseurs de submersibles classe CH13 "Katori" et CH3 "Yasoshima", mortellement touchés, commencèrent à sombrer tandis que les équipages, pris par surprise, tentèrent d'évacuer leur navire. Mais une vedette lance-torpilles gyoraitei apparut soudain, fonçant à toute vitesse sur le destroyer américain. Impossible d'ouvrir le feu avec les canons de 127 mm, la cible se déplaçant trop rapidement. Les mitrailleuses de 12,7 mm furent pointées sur la vedette et commencèrent à tirer tandis que le Hammann se dégageait et se repliait au port, manoeuvrant afin d'éviter toute possibilité pour la vedette de tirer une torpille. Touché, le gyoraitei s'éloigna sans avoir pu lancer la moindre torpille, tandis que le Hammann se plaça sous la protection des batteries côtières afin d'observer les mouvements des forces japonaises et pouvoir intervenir à nouveau.

Une nouvelle opportunité arriva dans la journée, lorsqu'un troisième chasseur de submersibles se retrouva isolé assez loin du reste de son groupe. Se déplaçant lentement, il offrait une cible de choix pour le destroyer. Moteurs à pleine vitesse, le Hammann s'approcha de sa cible et, avant que l'équipage japonais ne puisse réagir, tira une salve de ses canons de 127 mm. Le chasseur de submersibles de classe CH1 "Haze" sombra à son tour, sans qu'aucun secours ne puisse lui parvenir à temps. Cependant, le destroyer retourna à nouveau se placer à l'abri pour éviter d'être pris en chasse.

Quelques heures plus tard, un torpilleur japonais était arrivé sur les lieux du précédent naufrage, sans doute pour récupérer l'équipage. Isolé, avançant à faible vitesse et prudemment, il offrait néanmoins une cible intéressante pour l'USS Hammann, qui se lança à sa rencontre.



L'équipage du torpilleur avait flairé le danger et déjà le navire japonais avait fait demi-tour, augmentant sa vitesse. Mais il ne parvint pas à distancer le destroyer américain, qui gagnait même du terrain. Après quelques minutes de poursuite implacable, deux salves de 127 mm frappèrent le torpilleur, qui s'immobilisa net. Le torpilleur de classe Tomozuru "Kaiyo" sombra après plusieurs heures d'agonie, lentement dévoré par les flammes, la coque percée en plusieurs points. Le Hammann, à nouveau, fit demi-tour afin de se mettre à l'abri.

La dernière attaque eut lieu dans la nuit. Un torpilleur de classe Otori, qui jusqu'alors était resté à bonne distance, profitait de la soirée pour s'approcher.



A la nuit tombée, il était à présent assez proche pour que le Hammann puisse intervenir. Le destroyer s'approcha du torpilleur, à faible vitesse et essayant de le retrouver dans l'obscurité. La cible repérée, le Hammann tira deux salves de ses canons de 127 mm, qui manquèrent de peu leur cible. Le torpilleur, qui semblait attendre l'attaque du destroyer, répliqua à son tour avec ses canons de 120 mm. Touché légèrement, le Hammann ne pouvait plus que se replier devant la supériorité du matériel de détection nocturne des japonais. Il rentra au port afin de faire réparer les avaries, offrant un repos bien mérité à l'équipage ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Ven 11 Déc 2009, 22:41
Il ne fallut guère très longtemps aux mécaniciens du port pour retaper le Hammann, les dégâts étaient très légers, seule la coque avait réellement souffert. Mais les Japonais cette fois ne se laisseraient plus prendre, déjà avaient-ils reculé leur dispositif afin de bloquer le port à l'abri de toute sortie du moindre navire allié. Il était d'ailleurs temps de partir vers l'est pour le destroyer américain. De nuit, longeant la côte grâce aux indications d'un pêcheur local qui connaissant le secteur comme sa poche, le Hammann partit pour Luganville, qu'il rejoignit rapidement et dépassa dans la foulée pour se rendre à Funafuti, petit atoll abritant une base américaine. Y ravitaillant, il partit alors pour une campagne en solitaire dans les îles Gilbert, principalement afin de reconnaître le terrain.

Après quelques jours de navigation tranquille, sans croiser la moindre patrouille navale ou aérienne, le destroyer arriva à quelques encablures de la base japonaise située sur l'atoll de Tarawa. Comme rien ne semblait bouger, le destroyer poussa jusqu'à Makin, seconde base japonaise des îles Gilbert, avant de faire demi-tour. C'est alors que deux croiseurs de classe Otori sortirent des ports de Makin et Tarawa, afin de tenter d'intercepter le Hammann.



En plein jour, les deux torpilleurs n'avaient pas la moindre chance face au destroyer, bien mieux armé. Les japonais tirèrent les premiers, mais sans succès. Immédiatement après, les canons de 127 mm du destroyer répliquèrent, touchant le torpilleur le plus proche. Manoeuvrant en tous sens, tirant à répétition dans un concert de fer et de feu, les trois navires luttaient des heures durant, jusqu'à ce que le torpilleur "Kumamoto", touché à mort, explose dans une gerbe de feu, projetant des débris en tous sens. Détruit, le torpilleur ne coula pas pour autant, la coque n'avait pas été percée. Cependant, la passerelle ravagée, les canons et le poste de commandement détruits, le feu incontrôlable à bord le rendaient inutilisable.

Le combat sembla se suspendre quelques minutes, avant de reprendre de plus belle. Le second torpilleur s'approchait dangereusement du destroyer, l'équipage japonais semblant ivre de rage et voulant apparemment venger le Kumamoto. Mais la haine et la colère ne sont pas bonnes conseillères, et le torpilleur se trouva rapidement en très mauvaise posture. Les Japonais manquaient la plupart de leurs tirs, tandis que les artilleurs du Hammann touchaient pratiquement à chaque coup. En quelques minutes de tir intensif, les canons du torpilleur "Junsen" étaient détruits et des incendies avaient éclaté à bord. Cependant le Junsen continuait sa course folle, fonçant à pleine vitesse vers le Hammann, semblant à première vue vouloir utiliser ses torpilles. Les tirs reprirent de plus belle, les canonniers visant la proue et le poste de commandement du torpilleur. La plupart des tirs touchèrent sans causer de grands dégâts, mais un coup heureux frappa le Junsen au niveau de la ligne de flottaison, à la proue. Avec la vitesse, l'eau commençait à s'engouffrer dans les compartiments avant du torpilleur, augmentant sensiblement la résistance à l'avancement et le faisant peu à peu s'enfoncer. Contraint de ralentir et de cesser le combat, le Junsen fit demi-tour, présentant son flanc au Hammann. Cette fois, les tirs écrasèrent le pont et ouvrirent des brèches dans la coque, sur le flanc bâbord. Prenant peu à peu de la gîte, brûlant, le Junsen ne tarderait plus à couler. Mais les Japonais n'en resteraient pas là ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Dim 24 Jan 2010, 14:09
A Tarawa et Makin, l'alerte était désormais donnée, et un nouveau torpilleur ainsi qu'un vedette lance-torpilles prirent la mer afin d'intercepter le Hammann. Ce dernier ayant subi quelques dégâts, commença à s'éloigner peu à peu du port, profitant de la nuit pour disparaître hors de vue de ses poursuivants - de toute façon, il n'était pas question de combattre de nuit, sans possibilité de viser correctement un ennemi plus léger et manoeuvrable - puis réduisit la vitesse afin de procéder à quelques réparations de fortune, toute la nuit et le jour suivant. Les deux navires japonais, entre-temps, s'étaient à nouveau approchés à portée de tir et se préparaient à attaquer à la nuit tombante. A nouveau, le Hammann opéra un repli, se préparant à combattre les Japonais dès que les conditions seraient favorables.

C'est ainsi que toute la nuit, l'équipage s'affaira aux postes de combat, tandis que le Hammann laissait venir progressivement ses poursuivants, afin d'être à portée de tir dès le lever du jour. Enfin, lorsque le soleil se leva sur l'horizon, le destroyer américain se plaça en position de tir, ouvrant le feu sur le torpilleur "Katori", de classe Otori, et lui causant de lourds dommages. Ce dernier tira également, moins efficacement mais touchant tout de même le destroyer. De nouvelles salves furent échangées, touchant de part et d'autre, jusqu'à ce qu'un obus, particulièrement bien placé, ne touche la soute à munitions du "Katori", qui explosa et disparut dans un nuage de flammes et de fumée.

Cependant la vedette lance-torpilles en avait profité pour se placer judicieusement et lança son attaque, dos au soleil. Repérée en dernière minute, elle fut criblée de balles par les mitrailleuses de 12,7 mm à bout portant, après avoir lancé une torpille. Le Hammann ne pouvait plus éviter l'impact malgré ses manoeuvres d'évitement, et fut frappé violemment par tribord avant. Heureusement, la torpille avait touché sa cible sous un angle peu favorable et les dégâts n'étaient pas particulièrement préoccupants. Les compartiments sous eaux avaient été rapidement évacués et condamnés, et la brèche, bien qu'au niveau de la ligne de flottaison, serait réparable.

Entre-temps, les mitrailleuses continuaient à cribler la vedette japonaise, détruisant son moteur et l'immobilisant. Puis les canons de 127 mm encadrèrent la cible, un obus finissant par exploser sur le pont de la vedette. Touchée mortellement, perdant du carburant, le pont déchiqueté de toute part et le moteur détruit, la vedette était désormais hors de combat. Un incendie gagnant peu à peu du terrain et quelques trous dans la coque n'allaient plus tarder à avoir raison de ce gyoraitei dénommé "Toyako".

Deux nouvelles victoires pour le Hammann, qui devait à présent rentrer au port afin de réparer ses avaries. La brèche dans la coque avait été colmatée suite au combat, mais les réparations de fortune ne tiendraient sans doute pas un nouveau combat. Ainsi, le destroyer mit le cap, à vitesse réduite, sur la base américain de Suva, dans les îles Fidji ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Sam 30 Jan 2010, 13:18
Arrivé à Suva, le Hammann amarré, le Lieutenant Commander Ripley se rendit immédiatement au bureau du commandant de la base afin de lui remettre son rapport et prendre ses ordres. Le destroyer était bloqué pour plusieurs jours, le temps que les équipes de réparations effectuent leur travail, aussi Arthur ne s'attendait-il pas à repartir tout de suite. Pourtant, lorsqu'il rencontra le commandant de la base de Suva, il obtint un nouveau commandement : le Haynsworth, destroyer de classe Allen M. Sumner, récemment sorti du chantier naval. En même temps, il reçut ordre d'embarquer immédiatement et mettre le cap sur les îles Gilbert, puis les îles Marshall, afin d'y patrouiller.

Les hommes arboraient à présent un nouvel insigne sur leur uniforme :



L'approvisionnement et l'embarquement se firent très rapidement, si bien que le destroyer quitta le port à peine deux jours après l'arrimage du Hammann, et fila sur Funafuti, afin de rejoindre le reste de la Coral Sea Fleet - l'USS Norfolk, destroyer de classe Caldwell, et le "BloodyHound", frégate de classe Tacoma - et entamer la patrouille vers les îles Gilbert ...

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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Lun 15 Fév 2010, 14:12
En quelques jours à peine, depuis la base de Funafuti, les deux destroyers et la frégate parcourent la distance les séparant de Makin et entament la recherche de forces japonaises opérant dans les parages. Deux navires de faible tonnage font rapidement leur apparition, et l'escorteur de classe Shimushu "Ume" coule sous les tirs de l'Haynsworth, tandis que son comparse est criblé et coulé par le Norfolk. Les Japonais, devant les pertes importantes, décidèrent de rappeler à quai tous les navires opérant dans le secteur. L'aviation, quant à elle, restait à terre à cause du mauvais temps.

Progressant désormais sans la moindre opposition, le groupe patrouilla dans les îles Gilbert et Marshall, avant de mettre cap à l'ouest et de rejoindre Tulagi et Guadalcanal, pour une patrouille rapprochée. La vitesse était relativement réduite, le groupe n'emportant que ses propres réserves de carburant et ne disposant d'aucune possibilité de ravitaillement en chemin, mais les courants étant favorables, il ne leur fallut que peu de temps pour arriver à destination et entamer une nouvelle patrouille, tout d'abord entre Luganville et Tulagi. Repérant un escorteur japonais filant au sud, le groupe entama la poursuite, avant de renoncer ; le sort de l'escorteur était réglé, il filait, seul, droit sur les flottilles américaines de Luganville, à l'affût de la moindre cible.

Le groupe partit ainsi au nord-ouest, remontant les Salomons vers la base de Shortlands ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Jeu 08 Avr 2010, 02:49
Quelques jours plus tard, alors que le groupe naviguait vers le nord-ouest, un chasseur de submersibles japonais, naviguant vers l'est, fut repéré par la frégate "BloodyHound", alors que le soleil se couchait à l'horizon. Les équipages se mirent aux postes de combat, et les trois navires américains foncèrent sur le frêle patrouilleur japonais. Au beau milieu de la nuit, les Américains étaient enfin à portée de tir. Un déluge de fer et de feu s'abattit sur le Japonais. L'USS Haynsworth fit feu le premier, pointant ses canons de 20 mm Oerlikon sur la cible. Touché à deux reprises, le patrouilleur présentait quelques dégâts relativement légers et superficiels, l'équipage et l'armement ayant été principalement touchés. L'USS Norfolk passa à l'attaque à son tour, usant de ses canons de 100 mm et de ses mitrailleuses M2 de 12,7 mm. Une salve des canons de 100 mm toucha la cible, la seconde tombant non loin, tandis que les mitrailleuses criblaient le pont et fauchaient les hommes d'équipage courant en tous sens, pris de panique. L'USS Haynsworth fit à nouveau feu de ses canons anti-aériens, causant des dégâts plus importants sur un navire désormais en perdition, troué comme une passoire et dont l'équipage était fortement amoindri. Le feu s'était déclenché à bord, rongeant tout sur son passage, mais le patrouilleur n'était pas encore achevé. Le coup de grâce fut donné par le "BloodyHound", tirant simultanément de ses canons de 76 mm et de ses canons anti-aériens de 20 mm. Les obus de 76 mm tombèrent à l'eau, tandis que les tirs des canons anti-aériens firent mouche, ouvrant de nombreuses petites brèches dans la coque et faisant exploser quelques munitions qui traînaient sur le pont. Brûlant de partout, le patrouilleur japonais était désormais irrécupérable. Avec le temps, il finirait bien par sombrer ...

Atteignant le secteur des Shortlands, le groupe se dispersa légèrement, et entama la recherche de cibles potentielles. Assez rapidement, un torpilleur de classe Otori fit son apparition. Tout aussi vite, l'Haynsworth l'expédia par le fond. Le destroyer s'approcha de l'épave, et l'équipage cherchait des rescapés ennemis à "secourir" - bien qu'en réalité, le but était de faire des prisonniers afin de les interroger. A la proue du torpilleur, l'on pouvait voir le nom "feilong wang", du moins d'après le traducteur du bord. Mais cette tentative de récupération fut un échec, les Japonais préférant se suicider que de se laisser capturer. Finalement, le destroyer changea de cap, à la recherche d'une autre cible. Et il ne fallut guère longtemps avant que la vigie ne repère un destroyer de classe Akitsuki filant fièrement vers le nord-est. La chasse fut aussitôt lancée, les destroyers Haynsworth et Norfolk convergeant à pleine vitesse sur la cible. Le premier, l'Haynsworth pilonna le destroyer ennemi de ses canons de 127 mm, l'endommageant sérieusement. Pendant ce temps, le Norfolk rattrapa et se rapprocha du navire nippon, se préparant à tirer ses torpilles depuis ses bancs de lancement. Dès qu'il fut enfin prêt à tirer, les douze torpilles filèrent droit sur le navire japonais et le touchèrent. Ce fut le coup de grâce : la coque percée, prenant de la gîte, le destroyer n'allait plus tarder à chavirer.

Une nouvelle tentative de faire des prisonniers échoua, et l'Haynsworth reprit son approche du port de Shortlands. Fonçant sur un torpilleur ennemi, il le mit en fuite. Cependant, la riposte japonaise ne tarda pas, et ce furent plusieurs escorteurs qui se lancèrent à l'attaque, aidés par un submersible. Touché par une torpille, l'Haynsworth était contraint de se replier afin de réparer les dégâts - fort heureusement seulement superficiels. Ralliant le BloodyHound et le Norfolk, tous trois rentrèrent à la base de Luganville, afin de réparer et ravitailler avant la prochaine mission ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Ven 03 Sep 2010, 00:38
Le retour au port se fit sans encombre, les port japonais des parages étant trop faiblement défendus et leurs alentours même pas surveillés. Des rumeurs de combat, plus à l'ouest, parvinrent : un nouveau blocus était en cours autour de Gili-Gili. L'USS Haynsworth partirait donc pour ce petit port de l'est de la Nouvelle-Guinée. D'autres forces semblaient s'y rendre également.

Chemin faisant, il acheva un submersible aux prises avec des compatriotes, mais toujours à flot. Il fallait l'empêcher de nuire ou de filer. Le grenadage fut bref mais intense, ne laissant aucune chance au submersible visiblement de classe L4 - d'après sa silhouette et le bruit de ses hélices. Des débris et de l'huile attestaient du naufrage, mais le temps pressait.

En peu de temps, le destroyer parvint à destination, et se mit à pied d'oeuvre. Mais à peine se lançait-il en reconnaissance et couverture que la flotte alliée sur place se repliait, pliant sous le nombre des Japonais. Quelques échanges houleux de messages, et l'USS Haynsworth repartit vers l'est, se lançant dans un long voyage vers les îles Hawaï.

Au bout de longues semaines de navigation, passant par plusieurs bases américaines, le destroyer arriva enfin à Midway. Mais les évènements se précipitaient, et le Quartier Général de l'US Navy avait décidé de rappeler tous ses commandants actifs au pays. De nombreux appareils décollèrent des diverses bases du Pacifique, atterrissant sur le sol Américain. Les amiraux voulaient s'entretenir en privé avec chacun de leurs commandants, les invitant également à des réceptions formelles mais loin d'être réellement festives vu les circonstances. Une trêve avait certes été décrétée sur tous les fronts, mais la guerre allait reprendre par après.

Après plusieurs mois de trêve, il fallait reprendre du service. Tous les commandants étaient renvoyés au front, sur leur port d'attache. Pour le lieutenant-commander Ripley, c'était Luganville. En outre, chacun devait en quelque sorte refaire ses preuves, puisque tous les anciens commandements avaient été annulés. A chacun de se débrouiller pour obtenir mieux qu'une vieille coque de noix rouillée. C'est ainsi qu'il se retrouva aux commandes d'une vedette de type Elco 77 feet, filant gracieusement 42 noeuds.

Son séjour aux îles Hawaï avorté, et son renvoi - par erreur - à Luganville le forcèrent à entamer un nouveau voyage vers Midway, qu'il effectua à bord du PT-64. Un long voyage, mais grâce à sa maigre consommation, la vedette permit de relever ce défi. Arrivé à Midway, cependant, il fut appelé à se rendre immédiatement à Pearl Harbor pour y régler des détails administratifs. Après cet aller-retour, les choses sérieuses allaient enfin pouvoir commencer. L'USS Haynsworth était resté à quai tout ce temps à Midway, il était temps d'en reprendre le commandement pour une mission d'importance, et à grande distance ...
Arthur W. Ripley
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Ven 03 Sep 2010, 01:04
La Coral Sea Fleet était sur le pied de guerre. Les navires parés étaient déjà en route, tandis que les retardataires s'affairaient à terminer les préparatifs. La route vers le Japon serait longue, mais pas spécialement mouvementée. En effet, qui donc pouvait s'attendre à ce qu'un petit groupe de destroyers, canonnières et ravitailleurs aille frapper le coeur de l'Empire du Soleil Levant ? Non, il était vrai que le coeur ne serait pas touché, seulement certaines artères. Mais était-ce si insignifiant que cela ?

Au bout d'une navigation interminable, les premiers navires de la flottille étaient déjà arrivés, et prenaient leurs aises en traquant et coulant tout ce qui passait à leur portée autour de l'île d'Honshu. Tokyo et Sendai étaient deux cibles de choix, et en effet des navires en sortirent. Ils ne tardèrent d'ailleurs pas à être coulés.

L'USS Haynsworth, quant à lui, arriva le dernier, dans le secteur de Sendai. Au matin, la côte était visible, ainsi que plusieurs fumées. Celles-ci n'étaient pas sur terre, mais bien en mer : un petit groupe de défense portuaire, semblait-il, montait la garde devant le port. Un bref échange de messages radio, et le commandant Morris fut avisé de la situation et se mit en route pour prendre part à l'attaque, avec sa canonnière de classe Erié. Mais le destroyer avait déjà entamé le combat, envoyant par le fond un chasseur de submersibles qui s'approchait. Du menu fretin par rapport au croiseur de classe Aoba qui se préparait lui aussi à combattre.



De ses six canons de 152mm, il pouvait faire de lourds dégâts au destroyer américain, et disposait en outre d'un meilleur blindage. Cependant, son équipage paraissait bien mal entraîné, car à part manoeuvrer, le croiseur ne fit même pas mine de tirer. Il ne fallait de toute façon pas laisser la moindre opportunité de tir au croiseur, aussi les 6 pièces de 127mm du destroyer firent feu, criblant le pont du croiseur. Manoeuvrant, le destroyer changeait régulièrement de cap, profitant en outre de sa vitesse supérieure, pour éviter d'être touché trop facilement. Mais il n'y avait toujours aucune réaction en face. De nouvelles salves de 127mm criblèrent encore et encore le pont du croiseur, toujours sans réaction de celui-ci. Enfin, le coup final fut porté au but, et le croiseur "Noto" envoyé par le fond. Cette victoire bien trop facile en entraîna d'autres : un gyoraitei, et un destroyer de classe Akatsuki le suivirent, tandis que la canonnière du commandant Morris, arrivée sur les lieux entre temps, canonnait et coulait d'autres navires du petit groupe.

La voie était à présent libre et ouverte devant Sendai. Et l'interception des cargos pouvait commencer : trois d'entre eux furent coulés presque immédiatement, ce qui poussa les autorités portuaires à retarder tout départ. Mais l'USS Haynsworth n'allait pas attendre éternellement pendant que rien ne sortait, et il mit cap au sud-ouest, longeant la côte, passant même devait Tokyo. Arrivé à Osaka, il y rencontra un dragueur de mines qu'il expédia par le fond, mais aucun autre signe de vie n'était visible. Visiblement, la Baie d'Osaka n'était pas assez accueillante. Le destroyer rebroussa donc chemin et se préparait à remonter vers le nord ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Mer 08 Sep 2010, 00:53
Le destroyer avait suivi l'île d'Honshu, le long de sa côte orientale, vers le nord, et dépassa le Cap Shiriyazaki. S'éloignant peu à peu d'Honshu, il se rapprochait d'Hokkaido, ayant reçu un message radio signalant la présence de cibles potentielles dans ce secteur. En effet, un submersible américain était également arrivé dans les parages : commandé par le Commandant Jones, l'USS Marigny Warrior avait réussi à rabattre quelques cargos entre les Caps Esan et Erimo, les forçant à chercher refuge près des côtes, en eaux peu profondes, afin d'éviter les torpilles. Cependant, il était certain qu'ils ne tarderaient pas à partir, profitant de la moindre occasion. A l'arrivée du destroyer, les cargos n'avaient plus aucun espoir de filer. Ils étaient bien trop lents que pour pouvoir échapper à leur poursuivant. Désarmés, ils ne pouvaient en outre pas se battre. Ils tentèrent donc de se disperser afin de filer en tous sens, mais plusieurs salves des canons de 127mm les encadrèrent, touchant sérieusement ceux qui tentaient de forcer le passage.

L'un d'entre eux était cependant très avancé, tentant le tout pour le tout malgré ses avaries. Directement, les six canons de 127mm du destroyer furent pointés sur lui, le criblant de toutes parts. Trop sévèrement touché, il était pratiquement à l'arrêt, mais tentait toujours de fuir. Un dernier obus le frappa sur le pont, déjà ravagé par les flammes. Les tuyaux d'arrivée d'eau furent détruits, l'incendie ne pouvait plus être maîtrisé. Du carburant s'échappait des réservoirs éventrés, tandis que l'équipage, qui avait tout tenté, reçut l'ordre d'abandonner le navire. Le message était désormais clair et sans appel. Le sort qui attendait chacun des cargos était fixé, aucun ne pourrait en réchapper. Mais les équipages avaient encore une chance de se sauver, ou au moins de regagner la côte toute proche en cas de naufrage. Et peut-être même pourraient-ils se mettre à l'abri le long de la côte, demander un soutien des unités côtières.

Ainsi, pendant que le premier cargo coulait, les autres se rapprochaient de la côte, tant bien que mal. Ils n'étaient guère nombreux, de toute façon. Cependant, l'un d'entre eux s'échoua sur un banc de sable. Il fut immédiatement pris pour cible, afin de rester définitivement pris au piège. Après son canonnage, il ne restait plus qu'une épave en flammes. Cependant, sa destruction avait permis aux autres cargos de se rapprocher assez de la côte que pour s'y cacher. Ce n'était que partie remise, ils ne pourraient rester terrés indéfiniment.

Reprenant sa route, le destroyer repartit vers la côte ouest d'Honshu, en espérant trouver une cible potentielle et relâcher suffisamment la pression pour que les cargos quittent leurs abris. Arrivant à hauteur du lac Jusanko, des fumées étaient visibles à proximité. Un groupe de combat composé de croiseurs et de leurs escorteurs semblait patrouiller dans ce secteur. De concert, l'USS Haynsworth et l'USS Marigny Warrior lancèrent l'attaque, coulant le groupe de combat. Pour sa part, le destroyer avait envoyé par le fond un croiseur de classe Aoba, un chasseur de submersibles classe CH1, un escorteur de classe Mikura, un destroyer de classe Fubuki, un torpilleur de classe Otori ainsi qu'un second chasseur de submersibles, de classe CH51. Au final, la victoire contre les navires de combat fut partagée, d'autant qu'un second croiseur, léger celui-ci, fut coulé par le submersible pendant la bataille.

Suite à ces combats, le destroyer fit demi-tour, afin de voir si les cargos avaient quitté leur abri. Ce fut en effet le cas : pas encore en haute mer, mais assez loin de la côte, les cargos et tankers tentaient de gagner le large, en petit groupe. Lorsque le destroyer et le submersible leur tomba dessus, par surprise, les ayant rejoint à la faveur de la nuit, l'attaque fut foudroyante. Quatre tankers et un caboteur furent envoyés par le fond par l'USS Haynsworth en très peu de temps. Mais suite à cette cadence de tir infernale, le destroyer était à présent à court de munitions. Les ravitailleurs de la flottilles, quant à eux, étaient sur le chemin du retour, ayant délivré toute leur cargaison. Il n'y avait donc pas d'autre choix que de rentrer au port, afin de ravitailler et faire le rapport sur la situation ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Mer 08 Sep 2010, 17:18
Le voyage de retour ne fut pas particulièrement difficile, puisque la mer était déserte. Il était cependant long et monotone, l'équipage s'occupant comme il le pouvait. L'entretien du navire était particulièrement poussé, afin que l'inaction ne fasse pas son office. Il était clair qu'au retour à Midway, le navire serait impeccable et prêt pour l'inspection - qui, de toute façon, ne devait même pas se faire. Cependant, arrivé à Midway, un message radio du Quartier Général de la flotte à Pearl Harbor arriva au destroyer. Ordre était donné de ravitailler en carburant à Midway et de foncer vers Pearl Harbor. Le rapport de mission attendrait encore un peu.

Ainsi, le destroyer, à peine ravitaillé, repartit vers Pearl Harbor à toute vitesse. Il avala la distance relativement rapidement, malgré quelques problèmes de moteur. En effet, à force de trop pousser les machines, elles finissaient par montrer des signes de fatigue et céder sous l'effort. Mais les mécaniciens de bord étaient parfaitement compétents et géraient la situation au mieux.

Arrivant à l'entrée du chenal, il fallait à présent se laisser guider par un pilote pour traverser sans encombre les différentes embûches et rejoindre la rade du port. En effet, dans ces eaux peu profondes, avec de nombreux obstacles mis en place afin de limiter les attaques, notamment par des submersibles, il était très délicat de se déplacer et les manoeuvres prenaient un temps considérable. Il n'était pas étonnant que ce port se révélait être un piège mortel en cas de fermeture du chenal.

Passant devant les épaves, ou ce qu'il en restait, des navires coulés pendant l'attaque, l'équipage se mit au garde-à-vous, en hommage aux nombreux marins morts pendant l'attaque. Puis le destroyer atteignit enfin l'emplacement qui lui avait été attribué. Aussitôt, les officiers commandant la base montèrent à bord pour inspection. Celle-ci ne dura cependant pas, et ils se rendirent dans la cabine du commandant afin de discuter, de l'opération en cours mais également de la nouvelle affectation du Lieutenant-Commander Ripley :


"Commander, nous avons de bonnes nouvelles pour vous. Tout d'abord, la lenteur administrative et quelques erreurs ont fait que vous n'avez pu recevoir votre promotion comme vous l'auriez du au moment de la prise de commandement de votre navire, à Suva. Cette erreur a été corrigée depuis, mais vous n'arborerez jamais les insignes de Commander. Il est vrai qu'au cours de votre parcours, vous avez brûlé bien des étapes et votre parcours est pour le moins atypique. Le commandement de la Flotte du Pacifique a décidé de vous remettre le commandement d'un croiseur à peine entré en service, et de vous promouvoir au rang de Captain. Le croiseur dont il est question se trouve être l'USS Baltimore, qui est arrivé ici il y a quelques jours. Quant au rapport de votre mission au Japon, il me tarde de voir le résultat de cette opération."

"Merci, Amiral ! Je dois vous avouer être assez surpris moi-même, j'espère être à la hauteur de la confiance que m'accorde le Commandement de la Flotte. Quoi qu'il en soit, voici les résultats actuels de l'opération sur le Japon. Vous trouverez ici les navires envoyés par le fond, ainsi que le tonnage. Les données sont malheureusement incomplètes et ne prennent pas compte des navires coulés depuis mon départ des côtes japonaises. Mais je tiens à vous rassurer tout de suite, ce n'est que le début."

"Mais j'y compte bien. Assez bavardé, il est temps de rejoindre votre nouvelle affectation et de veiller aux préparatifs de départ. Il y aura également plusieurs tests et essais à réaliser à bord du croiseur. Que voulez-vous, ce matériel est neuf. Rompez !"

"A vos ordres, Amiral !"

Et tandis que les officiers supérieurs quittaient le bord, le Captain, à peine promu, préparait déjà ses affaires pour rejoindre le Baltimore. Il se rendit d'abord au magasin de la base, afin de recevoir ses nouveaux uniformes, arborant les insignes gagnés au combat.



Puis, il rejoignit le Baltimore, magnifique croiseur de plus de 14.000 tonnes, pouvant filer 33 noeuds. Le premier de sa classe. Il fallait à présent veiller aux préparatifs de départ ...


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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Dim 28 Nov 2010, 00:03
L'heure du départ avait sonné. Le Baltimore était fin prêt, l'embarquement terminé et l'équipage passé en revue. Les manoeuvres de sortie du port furent entamées, les hommes de quart effectuant leur travail tandis que le reste de l'équipage était sur le pont, en uniforme de cérémonie et saluant les épaves encore visibles du raid sur Pearl Harbor. Assurément, les nombreux marins morts au combat seraient vengés. Et une fois encore, l'attaque toucherait le Japon. D'ailleurs, le gros de la flottille était encore sur place, seuls les ravitailleurs l'avaient suivi vers le ports, afin pour leur part de refaire le plein de munitions et carburant.

La traversée fut à nouveau longue et particulièrement monotone, l'océan étant toujours aussi désert. De nombreux essais du matériel furent effectués, tous étant concluants. Le croiseur se comportait à merveille, il était d'ailleurs dommage que cette mission soit limitée dans le temps. Assurément, les prochains commandants du navire feraient un travail remarquable, il ne pouvait en être autrement avec un tel engin. Cependant, il incombait à l'équipage d'offrir le baptême du feu au croiseur, et si possible de lui apporter ses premières victoires. Le Japon était parfait pour cela.

Après près de trois semaines, le croiseur arriva au large du Japon, au niveau du Golfe d'Uchiura. Une fois encore, de nombreux navires de transport s'y regroupaient, sans qu'il ne soit possible de connaître leur but. Le branle-bas de combat fut ordonné, tous les hommes se mirent aux postes de combat et les canons, préalablement chargés, furent pointés vers les cibles les plus proches. L'attaque fut fulgurante, à peine arrivé le croiseur canonnait déjà deux tankers, coup sur coup, les envoyant par le fond en moins d'une minute. Les canons de 203mm avaient parlé, écrasant le pont des deux navires. Les impacts avaient été tels que les deux malheureuses cibles prenaient déjà de la gîte. Les équipages, impuissants, durent évacuer leurs navires en toute hâte. Les "Shimane Maru" et "Ryuku" furent les deux premières victimes du Baltimore.

A peine ces deux-ci coulés que le Baltimore se ruait déjà vers sa prochaine cible. Un cargo de classe 1C, croisant à proximité, fut immédiatement criblé par les 48 canons canons de 40mm antiaériens, tandis que les artilleurs rechargeaient encore ceux de 127 et de 230mm. Après rechargement, ce fut l'armement principal qui fut pointé sur la cible et se mit en action. Le cargo, frappé de plein fouet, sombra à son tour. L'attaque avait été brève mais particulièrement meurtrière. La surprise provoquée avait fait son effet, les autres navires de transport tentant de fuir vers la côte afin de s'abriter. Peut-être cherchaient-ils à se placer sous l'abri de l'artillerie côtière ? Quoiqu'il en soit, ils se retrouvaient piégés et ne tiendraient guère longtemps ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Jeu 16 Déc 2010, 23:25
Le verrou constitué par le croiseur américain bloquait toute fuite vers la haute mer pour les nombreux cargos encore sur place. Le temps passant, la situation ne s'arrangeait toujours pas. En effet, voyant une totale absence de réaction de la part des batteries côtières ou de l'aviation nippone, le croiseur s'avançait inexorablement. Neuf transporteurs supplémentaires subirent le même sort en quelques jours. Rien ni personne ne put l'empêcher.

N'ayant désormais plus de cibles, le croiseur se remit en route, longeant les côtes d'Hokkaido. Il accomplit un tour complet, non sans avoir coulé un cargo de classe 2A à hauteur de Wakkanai. Terminant son tour, il revint à sa position initiale, à présent rejoint par le reste de la flottille. Tandis que de nouveaux cargos nippons prenaient la place de leurs prédécesseurs, les navires américains ouvraient le feu, ne laissant aucune chance à la marine marchande de l'Empire du Soleil Levant. Cette fois-ci, les attaques étaient coordonnées et concertées. Tandis que le croiseur faisait feu de ses batteries de 203 et 127mm, endommageant gravement les transporteurs, les navires plus légers ainsi que les ravitailleurs de la flottille achevaient le travail avec leur armement plus léger.

La cadence de feu fut telle que les munitions virent à manquer rapidement, et que l'heure du retour au port avait sonné pour le Baltimore. La période de tests s'achevait sur un beau tableau de chasse. Pas moins de 12 navires envoyés par le fond pour une première mission de combat, cela devrait se fêter au port. Mais pourtant, bien que le voyage du retour se déroula sans encombre, une mauvaise nouvelle attendait l'équipage. Des submersibles ennemis étaient signalés autour de Pearl Harbor ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Sam 12 Fév 2011, 12:08
Poussant ses machines au maximum, le Baltimore filait plus à l'est, dépassant largement le port. S'il était bloqué, ce serait certainement par l'ouest. Les sous-mariniers nippons ne devaient pas s'attendre à ce que les navires américains sur le retour ne rentrent pas directement et au plus court. Une fois dans l'axe souhaité, le croiseur fila au sud-ouest, maintenant la pression et restant en alerte. La vitesse était soutenue, à tel point que les machines pouvaient céder à tout moment. Mais elles tinrent bon, ne montrant pas le moindre signe de fatigue. L'approche était longue, durant de longues heures mais finalement la manoeuvre paya : le croiseur rentra au port sans jamais être inquiété une seule fois par les forces japonaises. Aucune torpille n'eût même l'audace de le frôler.

Arrivé dans le lagon, il n'y avait plus de danger à craindre des profondeurs : les eaux étaient très peu profondes et les filets anti-submersibles bloquaient l'accès. Cependant, il fallait qu'un pilote indigène monte à bord afin de guider la manoeuvre à travers les divers pièges. A faible vitesse, le croiseur regagnait lentement le quai. Approchant l'épave de l'Arizona, l'équipage, sur le pont et en tenue de cérémonie, comme il s'y était préparé, salua ce fier cuirassé frappé par la traîtrise nippone. Cette mission au coeur qu'ils avaient effectuée ne changerait bien sûr plus rien pour les victimes de Pearl Harbor, mais montrait toute la détermination des Etats-Unis à venger l'affront sans pitié.

Les manoeuvres durèrent de longues heures, mais lorsqu'enfin le Baltimore fut amarré, l'équipage pouvait enfin profiter d'un repos bien mérité. Seuls restaient à bord l'équipe de quart, les consignés et certains officiers, qui devaient apporter leur opinion aux techniciens et ingénieurs montés à bord afin de vérifier le bon fonctionnement du matériel embarqué. Quant au Captain Ripley, il rejoignit l'Amirauté. Son affectation à bord du Baltimore était terminée, il allait à présent recevoir un nouveau commandement :


"Captain, votre mission a connu un franc succès, n'est-ce pas ? Malheureusement, pendant votre absence, de nouveaux évènements se sont produits ici. Les îles Hawaï ne sont plus aussi calmes et tranquilles que nous le souhaiterions. Les eaux sont infestées de requins d'acier qu'il va falloir éliminer. Je n'ai malheureusement rien d'autre à vous proposer qu'un simple patrouilleur côtier, dont le commandant est tombé malade avant-hier. Tous nos destroyers sont en opération et donc indisponibles. Il est amarré au quai numéro 12, mais votre affectation sera de courte durée si vous faites encore du bon travail."

Et c'est ainsi que le Captain reçut le commandement du patrouilleur PC-64, en vue de traquer les submersibles des alentours. Armé et ravitaillé, le patrouilleur quitta le port à la recherche de submersibles, rejoignant le dragueur de mine classe Raven/Auk du Commandant Kain. A deux, ils se lancèrent à la recherche des submersibles nippons afin de les couler. Plusieurs furent effectivement débusqués, mais seul le Commandant Kain parvint à les couler, les "mousetraps" du PC-64 étant défaillants et irréparables. En effet, sur une bonne quinzaine de tirs, dans les meilleures conditions, aucun submersible ne fut touché.

Peu à peu, la flottille des sous-mariniers japonais perdit pied, et fut contrainte d'abandonner le secteur, d'autant que des destroyers arrivaient en renfort. Ils avaient tout de même réussi à faire beaucoup de dégâts et mettre une sacré pagaille dans les Hawaï, forçant plusieurs flottilles à changer leurs plans.

Lorsque la zone fut un peu plus calme, un message radio arriva sur le PC-64. Une nouvelle affectation attendait le Captain à San Francisco, il devait s'y rendre au plus vite en poussant les moteurs de son patrouilleur ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Dim 27 Fév 2011, 20:48
Le trajet de Pearl Harbor à San Francisco était long, particulièrement pour un simple patrouilleur côtier. En outre, il était indispensable de veiller à l'état du réservoir, afin d'éviter la panne sèche. L'allure était très réduite, ce qui rallongeait encore le trajet. Long et monotone étaient les adjectifs qualifiant le mieux celui-ci. Rien à signaler, rien que l'Océan à perte de vue. Fort heureusement, celui-ci restait clément, contrairement à son habitude. En effet, cet Océan était bien mal nommé, les tempêtes étant fréquentes. Et la guerre n'arrangeait rien. Dire que pour certains, les îles du Pacifique étaient le paradis sur terre !

Finalement, le patrouilleur entra dans la rade de San Francisco le 10 septembre, et l'équipage bénéficia d'une permission avant de recevoir sa nouvelle affectation. Quant aux officiers, ils quittaient définitivement le patrouilleur et n'allaient pas tarder à découvrir leur nouvelle affectation. Le temps pressait, aussi furent-ils immédiatement convoqués aux bureaux de l'amirauté. Mais ils ne furent pas reçus par un officier supérieur, à leur grande surprise. Ce fut un fonctionnaire qui leur distribua leurs lettres d'affectations, froidement et machinalement, avant de prendre congé.

La surprise passée, ils découvrirent le nom du bâtiment sur lequel ils étaient à présent affectés, ainsi que toutes les informations utiles à son sujet : l'USS New Jersey, cuirassé rapide de classe Iowa et ayant terminé une formation dans les Caraïbes. Il avait traversé le canal de Panama quelques temps auparavant en vue de son déploiement dans le Pacifique, plus tôt que prévu. L'équipage manquait d'expérience, et les officiers présents à bord n'avaient jamais connu le feu. Il y aurait donc du pain sur la planche. Quittant le bâtiment, un planton fut chargé de les conduire au quai où se trouvait amarré le New Jersey. Cependant, un Lieutenant se présenta auprès du Captain Ripley, lui remettant un pli ainsi qu'une petite boîte, et l'invitant à l'accompagner chez le tailleur du port. Dans la boîte, on pouvait voir deux étoiles - destinées au col, une de chaque côté.

Après avoir vêtu son nouvel uniforme - celui de cérémonie -, l'amiral nouvellement promu fut conduit aux quais, où l'attendait le New Jersey. Désormais, il arborait une étoile sur ses épaulettes.



Le second, le Commander Jeff T. Bridges, donna une vingtaine de minutes à l'équipage, de même qu'aux officiers, pour se présenter au garde-à-vous sur le pont afin d'être passé en revue. Lui-même se prépara, puis donna le feu vert pour l'inspection. L'Amiral monté à bord, le Commander Bridges lança "Amiral sur le pont !". A ces mots, tous se mirent au garde-à-vous afin de saluer l'Amiral.


"Repos, messieurs. Je dois vous avouer que cette promotion est assez déroutante, voire un peu surprenante. Elle ne sera d'ailleurs pas la seule, puisque le Commander Bridges, mon second à bord, est désormais promu au rang de Captain. Félicitations à lui, c'est mérité !

A présent, je dois vous informer que le New Jersey monte au front pour lutter contre la Marine Impériale Japonaise. Il est dommage qu'aucun de vous n'ait eu la moindre formation, ni même la moindre expérience du combat, car les marins japonais sont de redoutables adversaires. En outre, de par leur histoire, ils préfèrent généralement mourir au combat en faisant le plus de dégâts possibles que de fuir ou d'accepter la défaite - ce qui reviendrait, pour eux, à perdre la face. Cependant, plusieurs de leurs officiers ont également été formés dans nos écoles, et ont une approche moins traditionnelle les poussant à plus de prudence.

Nous rejoindrons la flottille dans les îles Hawaï, où elle effectue une traque aux submersibles nippons qui ont eu l'audace d'y préparer une embuscade, et après avoir été chassée des côtes japonaises par ces mêmes sous-mariniers - mais non sans y avoir provoqué de terribles dégâts, je puis vous l'assurer.

A présent, préparez-vous, il faut que le New Jersey soit prêt à appareiller dans trois jours. Je compte sur vous pour respecter ce délai, nous aurons fort à faire au front.

Rompez les rangs !"

A cet ordre, les hommes quittèrent le pont, regagnant leur cabine afin de retrouver une tenue de travail. Et pendant trois jours, tous s'affairaient à préparer le cuirassé pour son prochain déploiement ...




[Photo du New Jersey provenant du site suivant : http://battleships.freewebsitehosting.com/NJersey.html ]
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Sam 02 Avr 2011, 01:53
Les préparatifs terminés, le cuirassé quittait fièrement la baie de San Francisco, passant en-dessous du fameux Golden Gate Bridge. Les courants étaient favorables et le ciel dégagé, ce qui facilitait grandement la manoeuvre. Les 1921 hommes composant l'équipage quittaient désormais la Mère Patrie pour se lancer dans la guerre contre le Japon. Nul ne pouvait prévoir ce qu'il adviendrait dans l'enfer du Pacifique, mais tous étaient prêts à donner leur vie pour servir leur pays et venger l'affront de Pearl Harbor. Beaucoup ignoraient où se trouvait ce port attaqué le 7 décembre 1941, mais ils n'allaient pas tarder à le savoir : Pearl Harbor étant la base opérationnelle de la Coral Sea Fleet, c'est tout naturellement que le New Jersey s'y rendait.

Les premiers jours de navigation se passèrent sans encombre et dans la monotonie d'une mer calme et vide. Mais au quatrième jour, la météo avait signalé un grain pour le début d'après-midi. Il ne se fit pas attendre, et dès quatorze heures, des vagues de plus en plus hautes heurtaient la coque du navire, filant 30 noeuds. La situation empirait d'heure en heure, et il fallut réduire l'allure. Se déplacer sur le pont devenait terriblement dangereux, à tel point que les déplacements sur le pont furent réduits au strict nécessaire. La tempête gagnait encore en intensité lorsque le New Jersey croisa la route d'une escadre de porte-avions, signalée quelques heures plus tôt mais qui devait passer à plusieurs milles de distance. Visiblement, quelqu'un avait du commettre une erreur dans son cap ...



Image issue de : http://www.history.navy.mil/photos/usnshtp/bb/bb.htm

Réduisant encore sa vitesse, afin d'éviter tout risque de collision, le cuirassé continua sa route, non sans avoir échangé quelques messages par signaux optiques avec le navire-amiral de l'escadre, l'USS Intrepid, porte-avions de classe Essex. Visiblement, aussi bien le New Jersey que l'escadre avaient perdu leur cap à cause de la tempête. Et cela ne s'arrangerait pas avant le retour de meilleures conditions.

Il fallut attendre le surlendemain pour qu'une accalmie apparaisse. Le ciel restait sombre, mais la mer était bien plus calme. Naturellement, après deux jours de tempêtes, un nettoyage de la plupart des cabines s'imposait : en effet, nombre de marins, pour la plupart jeunes et inexpérimentés, n'avaient pas l'estomac assez solide que pour résister à un tel tangage.

Finalement, c'est sous un ciel toujours aussi couvert que le New Jersey arriva en vue d'Oahu. Passant au large d'Honolulu, il gagna le chenal d'accès à la rade du port de Pearl Harbor. Après encrage, un rapide approvisionnement l'attendait, suite à quoi il allait rejoindre sa flottille, de retour d'opération du Japon et lancée dans une chasse anti-submersibles dans les îles Hawaï ...
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Sam 14 Mai 2011, 13:24
A Pearl, la situation était loin d'être agréable. Bien qu'une première vague de submersibles ait été repoussée à grand peine, la Kidô Butai - Sensuikan Kantai n'était pas encore totalement éliminée, et une seconde vague se rassemblait à l'ouest des îles Hawaï. Le New Jersey ravitailla en vitesse, avant de reprendre sa route vers l'ouest, avec quelques éléments de la CSF, en vue d'un regroupement en préparation de la contre-attaque. Le choc fut particulièrement rude, les submersibles adverses étaient aisément retrouvés, trahis par leurs émissions radio ou repérés par l'aviation de reconnaissance du New Jersey, avant d'être grenadés par les destroyers américains particulièrement remontés. Le combat fut tel que le Commandant de la formation japonaise fut contraint de demander la clémence des commandants américains. Cependant, bien que le Rear-Admiral Ripley n'ait pas eu d'objection quant à laisser son homologue sous-marinier nippon rentrer à bon port, ce dernier avait tout de même causé de très lourdes pertes dans les rangs de la CSF, si bien que l'avis du Rear-Admiral ne fut guère écouté et le submersible, naviguant en surface, fut coulé sans la moindre pitié.

Cependant, les équipes de secours se mirent rapidement en route, et un message fut envoyé aux bases nippones les plus proches, leur indiquant la position du naufrage et leur assurant que l'appareil de secours ne serait pas descendu. Après quelques heures, un H8K arriva sur les lieux, et put récupérer sans peine les survivants, dont le Commandant Yuichi Valhonsaki. La récupération terminée, l'hydravion japonais repartit, sans encombres et sans être inquiété par la puissante défense anti-aérienne de la flottille américaine.


Après cet épisode de lutte ASM, la flottille quitta le secteur des Hawaï. Cependant, aux alentours de Canton Island, quelques navires japonais isolés étaient signalés par la reconnaissance. Il fallut attendre la nuit pour que les Américains aient enfin un contact visuel sur les cibles : il s'agissait de quelques destroyers, vraisemblablement perdus dans le secteur. L'un d'eux, venant du sud-ouest, commit l'erreur de dépasser le New-Jersey vers le nord, passant à quelques encablures du cuirassé. Il ne tarda pas à payer cher son erreur. Le pont dévasté par une salve des canons de 127 mm, le destroyer nippon était désormais à la merci du reste de la flottille. Et il ne tarda pas à sombrer. Le second destroyer, quant à lui, fut rejoint peu après. Il s'agissait du Fubuki, premier de cette classe de destroyers. Cette fois, le New Jersey était seul, et ne pouvait pas le laisser filer. Tirant de toutes pièces, de son armement secondaire, il toucha mortellement le malheureux destroyer japonais, qui sombra rapidement.


Suite à cela, la flottille américaine poursuivit sa route, en direction des îles Marshall et Gilbert, afin d'y repérer et éliminer toute activité suspecte ...
Arthur W. Ripley
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Re: Les débuts en Mer de Corail

le Mer 27 Juil 2011, 18:41
Arrivée à destination, la flottille se mit à la recherche de tout mouvement suspect. Au large de Tarawa, puis de Makin, il n'y avait rien à signaler. Le groupe continua vers les îles Marshall, et en particulier Wotje, Maloelap et Kwajalein. Les premiers rapports indiquaient que la mer était vide, et aucune activité aérienne ne fut signalée. Mais après quelques heures de patrouille, un groupe de défense portuaire quitta la base de Wotje, afin d'intercepter les navires américains. Le combat fut bref, menant au naufrage des patrouilleurs légers japonais. Le New Jersey revendiqua une victoire contre un simple chasseur de submersibles, mitraillé au 40 mm. Voyant leurs efforts vains, les Japonais n'envoyèrent aucune autre vague de patrouilleurs, laissant penser le secteur comme étant désert. Aucun avion ne décolla non plus.

Puisque aucune autre activité n'était signalée désormais, la flottille rebroussa chemin, décidant de repasser devant Makin et Tarawa. Arrivés sur place, ils eurent le temps de repérer un convoi japonais entrant en rade de Tarawa. Trop tard pour l'intercepter. Cependant, le New Jersey longea l'atoll, espérant pousser l'ennemi à sortir. En vain, car le seul navire qui sortit n'était qu'un simple cargo, certes bien armé et profitant de la défense côtière pour tirer sur le cuirassé, mais il ne s'engagea jamais en haute mer. Quant à son tir, lui aussi fut vain : la coque du cuirassé était à peine effleurée, et le navire-atelier suivait de peu. Les réparations seraient faciles et rapides.

La mission se solda par un échec : la reconnaissance n'avait pas permis de collecter la moindre information utile ou pertinente, permettant de conclure à un abandon du secteur - les Japonais ne souhaitant pas dévoiler leur force réelle - et la mission de combat n'avait mené qu'à des pertes réduites dans les rangs nippons. Le groupe rentra donc sur Funafuti, afin de ravitailler et préparer la prochaine opération. En effet, deux cuirassés rapides - de classe Kongo et Yamato - étaient signalés entre Tulagi et Luganville. Cette fois-ci, l'opération serait combinée avec la TF-5, la 1st AVF et la Subpac Force. La Coral Sea Fleet, après ravitaillement, fonça donc à toute vitesse vers l'est de Tulagi, tandis que les autres formations se plaçaient de manière à encercler les cuirassés nippons.

Côté allié, deux cuirassés de classe Iowa - le New Jersey et le Missouri - escortés de croiseurs et destroyers, ainsi qu'un troisième groupe de croiseurs et destroyers, fonçaient à pleine vitesse vers les deux cuirassés nippons, mal escortés mais accompagnés à distance d'autres groupes de croiseurs et destroyers. Les submersible, quant à eux, se positionnaient stratégiquement, certains ayant même réussi à intercepter les cuirassés et à torpiller l'un d'eux. L'avantage numérique allait incontestablement aux alliés, mais rien n'était encore joué. Les manoeuvres prirent trop de temps, et l'ennemi éventa rapidement les intentions des Alliés. Il ne fallut pas longtemps pour que tous les éléments de la Marine Impériale ne se précipitent vers Tulagi. Malheureusement pour eux, un de leurs groupe, composé d'un croiseur léger de classe Agano et de quelques destroyer, était encore trop proche de la Coral Sea Fleet, venant à peine de se positionner. La poursuite s'engagea donc, et le croiseur nippon fut touché d'une salve des 20 canons de 127 mm du New Jersey. Immobilisé pour un temps, cela ne suffit cependant pas au reste de la flottille américaine, qui ne parvint pas à le rejoindre avant que le croiseur nippon ne parvienne à réparer et à reprendre la fuite à pleine vitesse. En outre, dans sa fuite, l'un des destroyers japonais avait réussi à placer ses torpilles sur le flanc du cuirassé, mais sans gravité - les caissons anti-torpilles ayant fait leur oeuvre, les dégâts étaient minimes et le navire pouvait continuer la poursuite. Cependant, la différence de vitesse - 33 noeuds pour le New Jersey, 35 pour le croiseur léger - ne permit pas de continuer la poursuite.

L'opération s'acheva donc sur un repli des forces nippones, tandis que les forces alliées se regroupaient et préparaient leur prochaine opération. La Subpac Force, la 1st AVF et la TF-5 quittèrent les lieux en tête, tandis que la Coral Sea Fleet se regroupa pour ravitailler et faire le point. L'opération qu'allait mener le groupe américano-autralien était d'un intérêt vital, et particulièrement tentante. Ce serait une première dans l'histoire des forces armées alliées, du moins pour le théâtre Pacifique*. Ainsi, la flottille se remit en mouvement, cette fois vers l'Australie, afin de participer à cette mission ...



* L'opération sur Saigon correspond certes à une première dans les prises de ports pour le Pacifique, mais il s'agissait d'un scénario proposé par l'animation.
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