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Ludwig von Drüssig
Violente tempête
Autre pseudo : Tsuyoshi Tetsunobi
Nation au Front Atlantique : Italie
Flottille au Front Atlantique : Va Divisione BORGHESE
Nation au Front Pacifique : Japon
Flottille au Front Pacifique : Rengo Kantai Shirei Chokan
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Age : 23
Date d'inscription : 06/03/2012

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Nationalité: Italien/Japonais Italien/Japonais

[Changement de nationalité] Entrevue, autres vues

le Jeu 11 Fév 2016, 20:36
Le 12/12/194x avons été attaqués par la FANarmada.
Le croiseur Konteradmiral Rollmann a sombré à 22h.
Seule une partie de son équipage a pu être sauvée.
Le capitaine Ludwig von Drüssig est porté disparu.

8.Sicherrungsflottille Kampfgruppe Jörmungand


Pensif, un homme était absorbé par la lecture de ce papier froissé, dont le sobre contenu avait été griffonné à la hâte. Des souvenirs confus lui revenaient peu à peu, ceux d’une grande bataille, où pleuvaient aussi bien les obus ennemis que les ordres contradictoires. Ces injonctions émanaient de sa propre voix, mais cette dernière lui semblait étrangère, comme venue d’un autre monde. Avec la vanité des tressaillements d’une mouche prise dans une toile d’araignée, ces paroles – les siennes, il devait s’en convaincre – n’avaient de toute évidence pas suffi à inverser le cours du combat ; l’ennemi, trop nombreux et trop bien informé, ne leur avait pas laissé l’ombre d’une chance. Dans ce semblant de mémoire, un obus s’abattait soudain au milieu du pont, achevant de faire voler en éclats les superstructures d’un navire criblé d’impacts, et puis plus rien : le néant.

— Mein Herr, l’apostropha une voix féminine, wartet der Großadmiral auf Sie.

L’annonce le tira brusquement de ses rêveries éveillées. Le Großadmiral Erich Raeder en personne ? Il se savait membre de l’État-Major, laissant – paraissait-il – l’impression d’un homme avisé, mais de là à être reçu par le commandant de la Kriegsmarine… Était-il seulement coiffé avec soin ? Son uniforme bien ajusté ? Il l’espérait, bien qu’il fût de toute façon trop tard pour y remédier. Suivant la secrétaire, il entra donc dans le bureau de son supérieur hiérarchique.

— Guten Tag, Fregattenkapitän Ludwig von Drüssig.

En échangeant les salutations de rigueur, il réalisa que l’amiral qui lui faisait face n’était pas le fondateur de la Kriegsmarine, mais Karl Dönitz, le maître à pensée de la lutte sous-marine allemande. Remarquant sa surprise, l’intéressé commenta :

— La guerre ne s’est pas arrêtée pendant votre convalescence, Kapitän. Raeder a été nommé Admiralinspekteur par la volonté du Führer ; je lui ai succédé comme Großadmiral. Et j’ai de grands projets pour vous !

L’ancien chef de meute désigna sur la table un acte déjà pré-rempli, auquel il ne manquait qu’une signature, avant de reprendre :

— Avant votre naufrage, vous aviez soumis à mon prédécesseur une demande de démission de l’État-Major. Tous vous croyant mort, nul n’avait donné suite à cette requête. Toutefois, l’entériner à présent que nous vous avons retrouvé serait, à mon sens, un terrible gâchis.

Ludwig peinait quelque peu à remettre de l’ordre dans ses idées, le front l’ayant rappelé avant qu’il ne fût complètement remis du choc qu’il avait reçu sur la tête et de l’amnésie temporaire que cela avait entraînée. Aussi apprendre de la bouche d’autrui qu’il avait démissionné de ses fonctions lui fit-il l’effet d’une mauvaise blague. Pourtant, à en juger par le ton employé, ça n’avait rien d’un trait d’humour. Dönitz, impavide, continuait cependant de lui exposer quelles perspectives il lui réservait.

— Deux capitaines de la Regia Marina, Valentino Liotta et Kurt von Arnaud de la Periere – un ancien officier du Reich ! –, ont conçu le dessein de monter une flottille susceptible de rivaliser avec cette maudite TF81 qui s’est trop souvent jouée de nous : la BORGHESE. Si vous acceptez, je peux vous affréter un avion d’ici demain, ainsi que faire le nécessaire pour vous transférer sous commandement italien et ainsi rejoindre cette division d’élite. Il s’agit là d’un plan de carrière comme il n’en existe nul autre dans l’Axe. Alors, qu’en dites-vous ?

En se remémorant son parcours dans la Kriegsmarine – étonnamment, l’exercice paraissait beaucoup plus simple quand les souvenirs étaient vieux de quelques années –, le commandant se souvint de son premier navire surnommé Ewigkeit, de sa formation à la Scandinavian flotte von Reich von Valhöll, de son ami de longue date Hans Baumer qu’il y avait retrouvé, de l’enseignement de Wilhelm Rollmann dans les froides eaux de Narvik, de la malchance récurrente de Clemens Hoffman, puis de sa promotion au rôle d’officier-instructeur, des élèves qu’il contribua à former, de la désastreuse expédition en mer d’Écosse qui fut fatale à l’Admiral Lanze, mais aussi de son élection à l’État-Major, de la lente agonie de la flottille, des essais avortés pour la relancer, conduisant à son passage à la 8.Sicherrungsflottille Kampfgruppe Jörmungand, et réalisa enfin qu’avec sa démission suivie du naufrage quelque part dans l’Atlantique du bâtiment portant le nom de l’ancien chef de la S.R.V., plus rien ne le retenait dans la marine allemande.

Par conséquent, fort d’un long chemin déjà parcouru, mais conscient de celui qui s’offrait encore à lui, Ludwig von Drüssig répondit :

— Jawohl.
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