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Quel est le meilleur RP de l'année 2015 ?

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nadge
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Concours de RP 2015

le Lun 04 Jan 2016, 22:02
Votez dans le sondage ci-dessus pour désigner les meilleurs RP de l'année 2015 organisé par le SPA. Les 3 participants seront récompensés.
Rappel du concours : http://dasboot.motionforum.net/t17609-concours-rp-2015

* Le U-21 Véronka en détresse de Wolfgang Krüger.














* UTOPIQUE FRATERNISATION ? de Joachimo Iachino.

Ecrire des dissertations sur un thème imposé est un exercice qui avait pour moi son charme lorsque j'étais adolescent, pendant mes études secondaires. J'estime en avoir quelque peu passé l'âge et, malgré ma réticence à m'engager dans une voie où l'on peut s'aveugler soi-même de par le choix du sujet, je vais cette fois encore apporter ma pierre à cet édifice.
Non que j'aie absolument besoin d'un plein gratuit mais que quelques remarques, pour ne pas dire mises au point, puissent être profitables à d'aucuns.

La fraternisation sur un jeu comme Das Boot peut-elle être universelle ou seulement liée à un camp ?

La notion même de fraternisation entre certains exprime un sentiment de rapprochement ou de préférence par rapport à autrui. Si certains fraternisent ce sera inévitablement lié au fait qu'avec d'autres ils ne le font pas. Tout comme la lumière est indissociable de l'obscurité. S'imaginer voir tout le monde fraterniser est donc un paradoxe, tout au plus pourrait-on en revenir à un autre terme comme le respect ou la bienveillance, un code de conduite qui serait appliqué par tous. A ne pas confondre cependant avec les mièvreries pseudo-chevaleresques du style "tirez les premiers".

Mais mêmes ces notions seront dépendantes dans leur application de l'image que chacun a de lui-même et surtout de celle qu'il veut donner. S'engager dans un jeu guerrier où un esprit de compétition est sous-jacent et où le but est d'écraser son adversaire, ou disons de le couler, n'encourage pas à une fraternisation avec ses adversaires.
Que l'on choisisse d'user de "fair-play", une notion souvent hypocrite destinée à se donner bonne conscience, ou de pratiquer un "hard gaming" pur et dur dont certains sont spécialistes, le résultat au final n'est autre que la recherche d'une certaine reconnaissance de ses talents par la communauté, même si peu se l'avouent.

Dans fraternité il y a égalité, réciprocité. Ces concepts sont suffisamment opposés à ceux de compétition, rivalité et égotisme pour que l'on puisse se leurrer plus longtemps en l'espoir de voir toutes et tous fraterniser. Laissons cela au monde des bisounours et cessons de nous voiler la face : l'espèce humaine a dans ses gènes l'esprit de lutte.

Au niveau d'une faction, d'une famille ou, pour reprendre le contexte de Das Boot, d'une nation voire d'un camp les choses peuvent être différentes.
Ici il y a association dans un but commun. Vaincre ensemble peut être profitable à tous. Et pas seulement chez l'Homme : la nature fourmille d'exemples en ce sens.
Ce que l'individu seul ne peut espérer accomplir, l'organisation de plusieurs le peut. Et plus ils sont nombreux plus leurs chances peuvent être grandes, s'ils parviennent à s'entendre.

Cependant des pierres d'achoppement existent; citons plus particulièrement la jalousie et l'égoïsme.
Même au sein d'un groupe, d'aucuns peuvent souhaiter posséder ce que d'autres ont voire estimer que soi-même aurait plus de légitimité à avoir la-dite chose qu'autrui. Pire encore, l'on peut en arriver à souhaiter la défaite de son partenaire pour être soi-même mis en avant ou mieux considéré.
Développer la fraternisation au sein d'un groupe est donc un travail de tous les jours et pour y parvenir il faut que chacun en jouisse des fruits. Les résultats, les gains en sont un élément. Mais d'autres notions plus psychologiques interviennent : Le sentiment de faire partie d'une élite, de réaliser des actions importantes dont l'éclat rejaillira sur tous ou simplement d'être les défenseurs du bien contre le mal.

En ce domaine, rien n'est le fruit du hasard. Si nous voulons un résultat en terme d'ambiance, de fraternisation ou de collaboration il faut s'en donner les moyens. Non avec de belles paroles mais en répondant aux attentes et besoins de chacun.

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* RP de Vio Morvan.

24 décembre au petit matin, un jeune anglais regarde la Manche du haut des falaises.



Habillé chaudement, il contemple les rayons du soleil qui habillent les nuages de leurs couleurs orange et dorées.
Ce soir, c’est la nuit de Noël et il serait heureux si seulement son père, aviateur de la Royal Air Force protectrice de la grande Angleterre, pouvait le rejoindre pour fêter cette nuit sacrée.

« Fuck , fuck, fuck!! No, no, no!!
Pas le jour de ma permission, pas ce jour là, tous les autres jours mais pas celui là... Fuck, leur nain à moustache ne connaît pas de répit...nous attaquer encore et encore, de plus le jour où je peux revoir ma famille... »
Le père s’est vu refuser son départ à la dernière minute, une sirène du terrain d'aviation hurlant l'arrivée des ennuis... Il pensait avoir enfin son moment à lui avec ses proches...Il en avait besoin...car après un an dans la RAF, un an de survie, un an...record de longévité pour un aviateur dans son escadre, il avait vu ses copains, leurs remplaçants et les remplaçants des remplaçants partir avant lui...Quand on voit plus de morts que de vivants, le fait de voir sa femme et son fils serait pour lui la preuve qu'il vit bel et bien.

Mais les voilà, de nouveau, lui et ses jeunes coéquipiers anglais, polonais, tchèques, français et belges, au dessus des côtes anglaises, prêts à survoler la Manche à la rencontre de leur destin.



Le jeune garçon regarde dans le ciel une escadre se diriger vers le sud, tel des cygnes. Il les voit fendre les nuages de l'aube avec leurs Spitfires.
C'est avec un regard plein de chaleur et d'espoir qu'il souhaite les revoir sains et saufs à leur retour au dessus des côtes anglaises.
« Be safe Dad ! ».

Le 24 décembre, 5 heures du matin, près des côtes françaises, une photo accrochée au tableau de bord, un Messerschmitt Bf 109 attend son propriétaire.
Les phares s'allument et baignent la piste de décollage d'une pâle lumière.
Les gens s'agitent autour des avions et les pilotes s’installent dans leurs dragons allemands.



Le pilote regarde et redécouvre, à chaque fois avec un sourire, le visage de sa femme et de sa fille aux cheveux châtains et aux yeux bleus.
Photo en noir et blanc mais ses souvenirs viennent colorer la photo de sa famille.
Pilote endurci par les victoires accumulées sur le front de l'Est, car la Luftwaffe jouissait d'un niveau de tactique et de technologie globalement supérieur à celui des Soviétiques, il n'avait pas eu de mal à se faire la main et à acquérir une confiance sans faille en son pilotage...Il a été appelé en renfort sur le front de la Manche car Hitler et ses dragons butent sur les côtes anglaises et leur défense anti-aérienne informé par les radars...sans compter sur les chasseurs anglais qui font des ravages. Son assurance s'est effritée à force d'entendre les balles perforer son armure, c'est quelque chose de nouveau pour lui... mais pour l'instant la chance ne l'a pas lâché et il compte bien en profiter.



Après deux heures de vol au milieu des rayons naissants du soleil, les allemands arrivent enfin au dessus des côtes françaises.
Il fait tellement beau que les rares nuages colorés dissimulent à peine les terres anglaises qui se dessinent au loin.
Leur mission, descendre du « buveur de thé » et, si l'occasion se présente, mitrailler quelques cibles au sol.
Le but est d'ouvrir un passage pour les bombardiers et réduire à néant la force de chasse anglaise.
Mais cela, le pilote allemand sait que ce sera difficile car les anglais sont tenaces...



Soudain la radio crache un message d'alerte : '' Dragon 1 à tous, ennemi à deux heures, à deux heures!
Faites attention à vous les  gars, je veux tous vous voir au mess des pilotes fêter Noël ce soir! Bonne chasse!
BRISEZ LA FORMATION!!!

L'anglais ne pense plus à rien. Son instinct a pris le dessus, son arme et lui ne font plus qu'un. Ainsi, il se met à  chercher les croix gammées et les ronds tricolores, possédé par l'adrénaline et le stress.
Sa tête se tord à se rompre le cou...
Il plonge pendant qu'il regarde tour à tour au dessus de lui, surveille son angle mort, tandis qu'il vire à gauche.
Ses oreilles souffrent du bruit de moteur, des mitrailleuses et de la pression provoquée par ses manœuvres folles.
Mais il n'a que faire de ces bruits, son attention ne capte que la radio suppliante des appels au secours et des cris de désespoir de ses jeunes frères.
Comment ne pas devenir fou dans cette folie...



Depuis une heure, les deux destroyers allemands regardent ce ballet morbide d'oiseaux d'acier.
Leur mission, surveiller les navires anglais, de loin, de très loin. Ils jouent au chat et à la souris avec leurs confrères ennemis.
Parfois, le ciel lâche des hommes. Si, par chance, le malheureux est remarqué par les destroyers, ils iront à sa recherche si le temps et l’ennemi le permettent.
Mais rares sont les sauvetages d’homme encore vivant, même si leur parachute les sauve dans les airs, c'est un piège horrible en mer pour ceux qui n'arrivent pas à s'en défaire.
Les allemands s'imaginent que c'est la même chose de l'autre côté...



Les marins anglais, avec le regard de l'habitude, observent ce spectacle qui n'en est plus un depuis longtemps. Au début, c'était le jeu des paris, des cris de victoire et du silence de la défaite. Après plusieurs sauvetages de pilotes non reconnaissables, démembrés, sans compter la perte d’hommes non retrouvés, leurs sentiments ont coulé au plus profond de la Manche, froids et sans espoir...

Le temps passe, les minutes s'accumulent. L’adrénaline, le stress, la fatigue, la peur se mélangent dans le corps des pilotes, les jambes et les bras ne sont que douleurs... « Son cou va sans doute se dévisser » se dit l'un des pilotes.
Ils ne sont plus que deux, ballet devenu tango, « tango de la faucheuse », faucheuse représentée par son partenaire de danse...

Cette danse arrive à ses derniers pas, un face à face, dû au hasard ou voulu, aucun des deux ne le sait...
Les viseurs s'ajustent sur leur cible, les mitrailleuses chantent la mort le temps d'une seconde qui est une éternité pour les pilotes, le bruit des balles qui perforent leur armure se font entendre...
Fin d'une journée, crépuscule de la vie, début de la nuit éternelle...

Une aile de l’avion se déchire, coupée net. L'essence, tel le sang, coule à flot de l'amputation. Privé de son aile, l'oiseau tourne sur lui même, fou de douleur...Son adversaire victorieux passe au dessus de justesse. Victoire fugace car l'aile restante de sa proie, dans sa spirale infernale, emporte sa queue dans un fracas de métal broyé...C'est maintenant deux avions qui piquent vers leur cimetière aquatique rejoindre leurs semblables déjà disparus...

Pendant la chute, les deux hommes se réveillent du choc qui les a abrutis, égaux dans la peur, dans la douleur et la mort...Ils arrivent tout de même, par instinct de survie, à ouvrir leur cockpit. La chance, l’adrénaline et l'envie de vivre les poussent en dehors de leur avion. Les voilà dans le vide, le bruit de la chute qui leur siffle dans les oreilles, le froid de l'hiver qui donne un aperçu de la mort à venir...

Sur la mer, les navires anglais et allemands, spectateurs de la fin du tango meurtrier, remarquent l’apparition des deux parachutes.
Leurs équipages, vides de tout sentiment depuis bien longtemps, ont des frissons en voyant après un tel choc l'ouverture des deux parachutes...C'est si  rare une telle situation, deux hommes tombent du ciel, deux hommes peut-être vivants !
LA VIE, L'ESPOIR, surgissent du cœur des matelots, une nouvelle chaleur anime leur corps, ils sont pris d'une vigueur et d'une énergie renouvelées. Ils ne sont  poussés ni par les ordres, ni par le devoir mais juste par l'envie d'aider, de sauver son prochain.
Les bateaux rugissent, les hélices s’élancent et brassent l'eau avec force. La proue fend la mer calme qui n'oppose aucune résistance, les marins ont l'impression d'être même aidés par le vent et les courants.
Ils sont attentifs à chaque injonction donnée par leur capitaine qui suit les parachutes avec les jumelles et font en sorte de l’exécuter de suite. Les quatre destroyers s'approchent les uns des autres, dangereusement mais sûrement.
Les canons sont pointés vers leurs rivaux, chacun prenant l’adversaire qui lui est attribué.



Quand les parachutes disparaissent des jumelles dans la surface de la mer, les bâtiments sont à portée de tir les uns des autres et ce sera sans doute à celui qui fera parler la poudre en premier. Les échanges commenceront et la guerre continuera ainsi que sa moisson d’âmes quotidienne.

Soudain une lumière clignotante, chaleureuse et brillante, sur l'un des destroyers, communique, avec vigueur, en espérant que son message sera écouté et compris par le camp adverse. Il ne faut pas longtemps pour que la réponse soit donnée : « Trêve acceptée »...
Le vent du soulagement frôle tous les hommes d'équipage, le stress et la peur laissant place à une entraide sans précédent entre les deux parties. Ils s'acharnent et se tuent à la tache pour rechercher leur pilote sain et sauf.
Très vite, ils aperçoivent les deux pilotes, accrochés tous les deux à une aile d'avion. La mer  les chahute un peu, un signe de main est fait par l'un deux. Les bateaux soulagés s'avancent vers eux lentement pour leur porter assistance.

Vus du ciel,  les navires semblent identiques, aucune différence n’apparaît, ils ne font qu'un dans le but d'accomplir le bien, le bon, le miracle de la nuit de Noël qui approche...


Le pilote allemand recevra sans doute la lettre de sa petite famille et son cadeau plein d'amour le lendemain.
Le pilote anglais ne sera sans doute pas là cette nuit mais il pourra réveiller son garçon pour lui souhaiter le plus beau des Noëls.



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URGENT! C’est pour la fin de semaine…
Si vous travaillez bien, je parlerai de vous autour de moi.
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