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Hugh Johnson
Tempête
Autre pseudo : Harold Johnson
Nation au Front Atlantique : Britannique
Flottille au Front Atlantique : Force A
Nation au Front Pacifique : États-Unis
Flottille au Front Pacifique : Louisiana Gators - Bâton-Rouge
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Date d'inscription : 28/01/2011

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Nationalité: Britannique/Américain (Pacifique) Britannique/Américain (Pacifique)

Une longue histoire....

le Mar 11 Sep 2012, 18:10
HRP : Vous trouverez sur ce lien, le reste des informations de mon personnage...
http://das-boot.fr/stat/page_perso.php?pseudo=Harold%20Johnson

RP OUVERT A TOUS Wink



         

         Pearl Harbor, janvier 194..., l'avion transportant les nouveaux capitaines de sous-marin atterrit sur la piste d'Hickam Field à Oahu. Harold Johnson, jeune officier dans l'arme sous-marine au sein de l'US Navy, descendit de l'appareil en compagnie de Rockwell TORREY, un camarade de voyage. Il revoyait à nouveau le lieu de l'attaque nippone, théâtre de tant d'horreurs. L'Arizona et l'Oklahoma n'avaient pas bougés depuis le 7 décembre dernier... seulement un mois s'était écoulé depuis l'attaque, mais déjà le port était à nouveau en état, à part les navires encore coulés dans la rade, dont certains étaient en train d'être renfloués...


Le Douglas C-47 "Dakota"transportant les nouvelles recrues venant d'atterrir.

        Le soleil brillait cette semaine à Hawaï, la carlingue du C-47 "Dakota" réfléchissait les rayons solaires dans les yeux des arrivants, attendant le GMC devant les emmener à l'Amirauté. Arrivés devant les bâtiments de celle-ci, un homme vint les accueillir :

  "- Bienvenue à Pearl Harbor ! Ici vous aller connaître vos nouvelles affectations dans
          notre Navy ! Veuillez entrer, le commander Stuart vous attend... "


         Après avoir passé la porte, que gardait deux Marines au garde à vous, ils arrivèrent dans le bureau d'un officier, le commander Stuart se tourna vers eux, son uniforme d'un blanc parfait diffusait la lumière. Il commença :

     " - Messieurs, bienvenu au Quartier Général de notre flotte du Pacifique. J'imagine que
         vous savez pour quelles raisons vous êtes ici dans ce bureau, en ce moment."


L'officier jeta un coup d'un circulaire, le deposa sur chacun des bleus. Un de ces regards, à la fois froid et bouillant qui vous retournent les tripes quand vous les croisez, qui forcent le respect et qui vous clouent le bec. Il poursuivit:

     " - Si vous vous trouvez là,c'est parce que vous êtes les meilleurs éléments de vos écoles respectives,      
         nous fondons beaucoup d'espoir en vous, messieurs. Vous êtes la dernière chance de la Marine
         américaine, et, nous pouvons le dire, des forces navales alliées du Pacifique.
         La situation militaire n'est pas glorieuse, le général MacArthur a perdu Manille,
         Hong-Kong, Wake ou encore Guam sont tombés, la Malaisie est attaquée et Halsey
         s'avance face à la dizaine de porte-avions ennemis avec seulement l'Enterprise
         et le Lexington. Le Saratoga était à San Diego et devrait rejoindre la flotte.
         Tous nos cuirassés sont hors service. Nous comptons donc sur vous, les sous-
         mariniers et l'aéronavale pour redresser la situation. Vous êtes notre nouveau
         fer de lance !
         Nous allons donc vous indiquer vos affectation futures. Jim? Pouvez-vous nous
         apporter les documents des affectations de ces messieurs?
      - Tout de suite commander..."


         L'intendant alla dans le bureau voisin, ouvrit un tiroir. Il revint quelque instants plus tard avec une dizaine de feuilles nominatives dans les mains. L'homme les tendit au commandant et rompa :
 
     "- Merci beaucoup Jim. Ces feuilles, messieurs, sont votre avenir au sein de la Marine.
         Je vais vous appeler chacun votre tour. Commençons, Arthur Stewart Jr. ?"

     
          Un des compagnons de voyage d'Harold s'avança puis se mit au garde à vous.

     "- Vous êtes nommé Lieutenant au sein de la flotte d'Halsey, lui annonça
         le commandant, en lui tendant un document, votre navire est l'USS Darter, un magnifique submersible entre nous !.
      - Merci commandant, c'est un honneur.
      - Harold Johnson?
      - Moi-même, dit Harold en s'avançant.
      - En vu de vos résultats excellents, vous êtes nommé lieutenant-commander, je pense
         que vous ferez une grande carrière dans la marine. En tant que commandant de sous-
         marin, je vous affecte à la Louisiana Gators, escadre Bâton-Rouge. L'USS    
         Dallas sera votre bâtiment.
      - Je vous remercie, commander."


         Toutes les affectations données, les hommes sortirent du bâtiment puis des Jeeps vinrent les chercher pour les emmener dans leurs quartiers, où ils restèrent en attendant que leurs nouveaux submersibles soient préparés...


Première patrouille de l'USS Dallas 29/01/194... - 17/04/194...

         Fin janvier, Harold embarqua sur son tout premier sous-marin, dont il a reçu le commandement, l'USS Dallas.
         Il prit la mer avec Rockwell TORREY, également affecté à la Bâton-Rouge, la BR comme on dit. Ils traversèrent le Pacifique pour rejoindre leur flotte... Après un mois et demi de mer, les deux submersibles firent la jonction avec les autres navires de leur flotte. Ils rencontrèrent leur nouveau chef de flottille, Adam Anfray à bord de son navire, l'USS Gators, en février 194...

         Tandis que les sous-marins Gators restaient face au Japon pour poursuivre leur mission d'attaque des convois de marchandise nippon, la flotte de surface Gators alla aux States pour armer de nouveaux navires et là, elle coupa la retraite de la 8.Kokutaï Teikoku Kaigun qui venait d'attaquer San Fransisco. Il s'en suivi une véritable correction pour les Nippons qui subirent de grosses pertes.



L'USS Dallas, au large du Japon en mars 194...

          Mais de toute façon, Harold et ses compagnons sous-mariniers de la BR étaient toujours au Japon. Après quelques victoires sur des caboteurs, le submersible croisa la route d'un Sampan nippon, le 24 mars.

" - Lieutenant-Commander Johnson ! Un sampan à environ 5 miles !"

Harold se colla au périscope.

" - En effet... merde... ils ont vu le périscope...
    - Comment vous savez? questionna le matelot
    - C'est simple, ils commencent à courir dans tous les sens et ils nous montrent du doigt... continua Harold
    - Que devons-nous faire lieutenant-commander? On les torpille? proposa un officier
    - Hors de question ! objecta Harold, on risque de gâcher des munitions, la cible est trop petite. Non, faites surface. On va les attaquer avec le canon de pont, approchez nous d'eux, je ne veux pas qu'on les loupe, ordonna le lieutenant-commander
    - A vos ordres, répondirent en coeur une dizaine de membres d'équipage
    - Au fait, prenez des armes avec-vous, on ne sait jamais..."


Dans un silence étonnant, le navire fit surface et des hommes sortirent du kiosque, Harold était parmi eux. Le sampan n'était plus qu'à environ 500 mètres du Dallas. Le canon de 100m ouvrit le feu, mais le premier coup ne fit que traverser de part en part la coque en bois du malheureux bâtiment nippon. Le deuxième coup venait de partir quand tout à coup, il y eu un crépitement sur le sampan et, au même instant, une vingtaine de petites gerbes d'eau alignées se rapprochèrent rapidement du pont du submersible. Puis on entendit le bruit des balles qui ricochent contre la coque métallique du Dallas. La rigolade fit place à la confusion la plus totale. Un matelot tomba à la mer, son uniforme blanc, taché de rouge...

" - ILS NOUS TIRENT DESSUS !!! hurla un homme d'équipage
    - Que les hommes qui ne servent pas ripostent au fusil ! Les autres rentrez !!" ordonna Harold


Harold se mit à couvert derrière la parois du kiosque et dégaina son pistolet Colt de la ceinture, c'était la première fois qu'il l'utilisait. Les hommes du submersible, genou à terre, répliquaient. Près du lieutenant-commander Johnson, un matelot s'effondra, couvert de sang. Harold arrêta brièvement de tirer, choqué, il demanda du secours et l'homme, blessé à la gorge, fut emmené dans les entrailles du navire. Se ressaisissant, Harold vida en quelques secondes un chargeur complet sur le navire ennemi, sur lequel, on distinguait des silhouettes tomber, comme frappées par la foudre. Les tirs du canon de 100mm continuaient à déchiqueter le sampan, qui, en flamme, explosa, l'incendie s'étant propagé jusqu'à la cale, où était entreposé la cargaison de munitions.
Sur le Dallas, on stoppa le tir. On tombait sur le pont exténué, choqué, c'était pour la plupart des occupants du navire, le baptême du feu. Pendant plusieurs minutes, les hommes restèrent sur le pont, silencieux, interdits.
Soudain, quelque chose remua dans l'eau, près de la coque. Un matelot se leva, regarda par-dessus bord. Un homme brusquement sortit de la surface agitée et couverte de débrits de l'océan, monta sur le pont et brandit un sabre. Vif, Harold braqua son arme encore chaude vers l'intrus. Le coup partit. L'officier japonais, dans un dernier "Banzaï", reçu la balle dans le crâne et s'effondra, mort, sur le matelot qu'il avait voulu empaler...
Décidés à ne pas rester plus longtemps en surface, Harold et les quelques membres d'équipage redescendirent, la mine déconfite, encore marqués par la tragédie dont ils venaient d'être témoins. Pour un simple Sampan, le submersible avait perdu deux occupants et un autre était grièvement blessé. Le sous-marin plongea et rejoignit les autres bâtiments de la BR...

Le groupe de sous-marins mit cap au nord où ceux-ci attaquèrent des convois pendant plusieurs semaines. Harold coula près de 30000 T de navires dans les îles Aléoutiennes, ses premières victoires, qui furent saluées par l'équipage. La flotte de sous-marins des Gators, mit alors le cap sur Pearl Harbor, Hawaï... Ils allaient enfin retrouver un port allié...








Première patrouille de l'USS Chicago 18/04/194... - 20/07/194...

           Cela faisait plus de trois mois que l'équipage du Dallas n'avait pas mit pied à terre et ce fut avec joie, qu'après son périple au Japon et dans les îles Aléoutiennes, qu'Harold arriva à Pearl Harbor en avril 194...
           Tandis que les autres sous-marins prenaient le cap de Wake, Harold avait reçu le commandement d'un autre sous-marin, plus performant : l'USS Chicago. Après avoir passé quelques jours de détente à Hawaï avec ses officiers, il mit cap au sud, direction Palmyra.
            En effet, c'était la route pour Luganville, où il allait rejoindre la flotte de surface des Louisiana Gators. Une fois arrivé à destination et la flotte Gators au complet, sous-marins et navires de surface inclus, la formation mit cap sur l'Australie puis sur Koepang, qui avait été pris par les Marines américains quelques semaines auparavant. Koepang était alors la cible d'un blocus de la Marine Japonaise qui voulait reprendre le port, sur lequel flottait le pavillon américain... mais pour combien de temps? Bien entendu, que pouvait une flotte à peine remise du désastre de Pearl Harbor, contre une marine qui enchaînait victoire sur victoire ! Ainsi débutait pour le Chicago, l'Opération "Shori No Anbiryu"...



L'USS Chicago, au mouillage à proximité de Nouméa, peu de temps avant le déclenchement de "Shori No Anbiruy".


Opération "Shori No Anbiryu"
           En juillet 194..., le Chicago, était alors en route vers la zone du conflit, vers Koepang. Le 4 de ce mois fut un grand jour pour le navire, c'était aux environs de 6h du matin, alors qu'Harold prenait, comme à son habitude, sa tasse de thé matinale au lever du soleil :

 "- Contact radar commandant ! A 35 000m au sud ! Il doit s'agir d'un navire ennemi assez
     important !
   - Navigateur, nouvelle route, cap sud, augmentez la vitesse à 19 knts, préparez-vous à
      plonger le cas-échéant.", ordonna Harold en braquant ses jumelles vers le lieu
      indiqué


           Quelques dizaines de minutes plus tard, la cible se précisa à l'horizon

 "- Immersion périscopique, Shofner ! Un panache de fumé se distingue à l'horizon !
         Postes de combat messieurs !
   - A vos ordres, vous avez entendu le commandant? Alors plongée, 10m.
   - Cible à 10000m commandant ! On arrive en face de lui !
   - Manoeuvrez pour nous placer sur son flanc babord ! Vitesse estimée de la cible?
   - 15 knts commandant !
   - Bien, il s'agit d'un croiseur léger nippon, classe Agano, dit calmement Harold, l'oeil collé
     au périscope. Remplissez les tubes 3 et 5 pour
     tir en plongée !
   - Cible à 2000 m, sa vitesse à légèrement augmenté : 18 knts, route du but au 39, nous  
     sommes sur son babord commandant !
   - Bien, inclinaison?
   - 65 commandant !
   - Officier torpilleur, remplissez les tubes 1 et 4. Tubes 3 et 5 attention !
   - Parer à lancer commandant."


            La tension à bord du navire était insoutenable, Harold espérait toucher et couler son objectif, et à 6h47 précisément, la première salve partait :

  "- Tube 3 feu ! .... Tube 5 feu !"

           Il s'écoula quelques secondes, le navire japonais tenta de virer en urgence à tribord, puis une première gerbe d'eau s'éleva, une des deux torpilles le frappa de plein fouet sur le flanc, l'autre explosa à la poupe, endommageant les hélices et un gouvernail. Le croiseur prit immédiatement de la gîte, tandis qu'il essayait vainement de virer et d'augmenter sa vitesse. La deuxième torpille n'avait pas fait qu'endommager les moyens de directions et les hélices, mais avait ouvert une large ouverture dans le compartiment des machines arrières. L'eau s'y engouffrait rapidement, rendant inaccessible les moyens de propulsion et de direction.

"- Hurrah !! Deux torpilles aux but !! De plein fouet ! Cria le commandant Harold, cri de
     joie qui fut repris par l'équipage.
   - Il vire de bord commandant, enfin il essaye !
   - Bien tube 1 attention... Inclinaison ?... Top !
   - 68
   - Tube 1, feu !!"



Les torpilles du Chicago, allèrent frapper le flanc du croiseur

           La troisième torpille du Chicago manqua sa cible, elle passa à une vingtaine de mètre de la proue du navire... Mais déjà on s'affairait à bord pour une nouvelle salve :

 "- Raahh ! Zut ! Remplissez les tubes 2 et 6, si notre prochaine torpille touche, peut-être
    nous n'aurions pas besoin d'autres tirs....... Tube 2, attention... Distance? Vitesse?
  - 1000 m, le gîte babord doit dépasser les 10°, la vitesse a chuté à 7 knts ! On ne peut
     pas le manquer, commandant ! Inclinaison : 69
  - Bien... Tube 2, feu ! Cria Harold."


           La torpille quitta le tube n°2 et se dirigea droit sur sa cible. Quelques secondes plus tard, le Chicago fut secoué par une explosion. Harold se précipita au périscope et eu juste le temps d'apercevoir une immense gerbe d'eau retomber. Le souffle de l'explosion avait été tellement puissant qu'il avait ébranlé le sous-marin...
Le navire ennemi, en flamme, venait de perdre tous ses moyens de direction et plusieurs canons de son artillerie principale, le feu se propageant dans tout le navire. En quelques instant, son gîte passa d'une quinzaine de degrés à plus de 30 !! Le navire commença à s'enfoncer par la proue...


  "- Mille points ! Hoho... Tient, ça grouille sur le pont... Ils se jètent à la mer !
          C'est gagné !  On ne voit déjà plus la proue ! L'eau à atteint les tourelles principales...
          On voit les hélices maintenant... Eh bien je comprend pourquoi ils n'arrivaient pas à
          tourner !
   - Félicitation commandant Johnson !
   - Hip hip hip HURRAH pour le commandant, hurla l'équipage !
   - Bien merci à vous tous et félicitation pour ce bon travail ! Shofner, remettez le cap sur
      Darwin..."



Plusieurs torpilles frappèrent le croiseur nippon La Marque Jaune, qui sombra aux alentours de 7h15, ce 4 juillet 194...

            Le navire japonais disparut définitivement de la surface 25 minutes après la première salve du Chicago, à 7h12. Tandis que le submersible continuait sa route vers Koepang, un destroyer japonais repêcha quelques survivant dont le commandant du croiseur japonais qui s'avérait être La Marque Jaune. Malheureusement, la victoire et la joie fut furent de courte durée...


Le croiseur japonais de classe Agano La Marque Jaune, repéré et coulé par l'USS Chicago le 4 juillet 194...

           Les Louisiana Gators escortèrent un convoi de Marines jusqu'à Koepang où la situation des forces alliées, navales comme terrestres, était critique. Le Chicago fermait la marche des Gators, alors que plusieurs de ses camarades de la Bâton-Rouge étaient déjà en pleine bataille. La flotte arriva dans l'enfer du Timor mais malheureusement les effort pour maintenir Koepang sous pavillon américain échouèrent et les Alliés durent rompre le combat.
            L'USS Chicago fut coulé le 20 août de la même année, durant ce qui était devenu la débâcle de Koepang... Miraculeusement, le naufrage ne coûta la vie qu'a une dizaine de marins dont deux officiers... Lui et son commandant en second, Alec Shofner s'en étaient sortis vivants...








Première patrouille de l'USS Bataan 24/07/194... - 2/11/194...

             Le Dakota tranportant les rescapés du Chicago arriva à Gili-Gili début septembre 194... où un classe S, sortant droit des chantiers navals américains, l'USS Bataan, les attendait... L'amiral Lockwood, commandant les sous-marins américains du Pacifique, avait eut vent des premiers exploits d'Harold, notamment en coulant le croiseur japonais et avait donc décider de le promouvoir au grade de captain, pour encourager ce jeune capitaine.
             En octobre 1943, le Bataan, accompagné d'autres sous-marins de sa flotte, naviguait dans les îles Marshalls, alors sous contrôle Japonais. L'équipage du Bataan, avait envoyé six navires ennemis par le fond ce mois-ci, totalisant près de 24000 T....



L'USS Bataan, vu de l'USS Titan, commandé par le capitaine Rockwell TORREY

             Un mois plus tard, le submersible avait atteint les îles Mariannes, lieu de passage de nombreux convoi nippons. Après des attaques de convois, il ne restait plus de torpilles à bord, ni de munitions pour les armes de pont, mais Harold ne les avait pas gâchées, tous ses tirs à la torpille avaient atteint leur but et 90% de ses tirs avec les armes de pont en firent de même. Heureusement, il fut ravitaillé par la Louisiana Gators Thibodeaux, la flotte de soutien des Gators et Harold put reprendre sa route...


Deuxième patrouille de l'USS Bataan 3/11/194... - 20/01/194...

             C'est au Japon qu'Harold et son équipage apprirent que Midway était attaqué par les Japonais, qui avaient vicieusement détourné l'attention des forces navales alliés vers l'île de Funafuti, située quelques milliers de kilomètres au sud-est de la véritable cible. L'équipage fut consterné, mais cette baisse de moral n'empêcha pas le Bataan de couler une dizaine de navire en ce mois de décembre...
             Et c'est à bord du submersible que l'équipage et le commandant fêtèrent le nouvel an. Cette année 194... s'annonçait bien mal au vu des dernières nouvelles venues de Midway. Pourtant, le Bataan ne faisait qu'enchaîner les succès...
             Après avoir atteint Wake, Harold et ses compagnons furent prévenus de l'approche d'une flottille ennemie, la Kidô Butai - Daiichi Kantai... Sous couvert de la brume matinale de ce lundi 16 janvier, le submersible creva la surface de l'océan, afin de recharger les batteries, aussitôt, des officiers montèrent sur le kiosque armés de leurs jumelles :


    "- Ne risquons nous pas d'être repérés par l'ennemi, mon commandant, demanda Jack
            Dempsey, officier de navigation du navire, nous ne sommes qu'a quelques miles de
            Wake...
         - J'espère que non lieutenant, malheureusement vous savez aussi bien, que moi que
            recharger ces batteries est impératif, il n'y a pas d'autres moment que celui-
            ci, cette nuit nous n'avons pas pu le faire à cause de la présence de ces fichus
            destroyers en patrouille. Bah, la brume devrait nous couvrir pendant quelques
            heures encore."


             Quelques heures s'écoulèrent, ne restaient sur le kiosque que Roberts, la vigie, ainsi que Shofner. Tandis que le commandant Harold se reposait dans sa cabine, l'alarme retentit. Sortant d'un bond de sa couchette, il se précipita au central, où Shofner redescendait en quatrième vitesse.

     "- Shofner, au rapport !!
          - Un avion de reconnaissance japonais nous a survolé il y a quelques instants et à
              présent le radar que l'on nous a installé en Nouvelle-Guinée signale la sortie
              d'un navire de Wake, certainement un destroyer ennemi mon commandant.
          - La brume nous couvre-t-elle toujours?
          - Pour le moment, oui, Roberts et toujours en haut mon commandant
          - Bien qu'il descende immédiatement, préparez-vous à plonger Shofner !
          - A vos ordres commandant Johnson."


            C'est à ce moment que la voix de Roberts se fit entendre en haut du kiosque :

     "- Commandant ! Destroyer de classe Kagero, au babord, cap sud, vitesse
             approximative, 30 knts !
          - Bon sang, Roberts redescendez ! Cap sud vous dites??
          - Affirmatif, commandant.
          - Il fonce droit sur nous! Aux postes de combat !"


             Cette ordre résonna à travers les transmetteurs d'ordres dans tout le navire, aussitôt, les matelots rejoignait précipitamment leurs postes, d'autres tombaient presque de leurs couchettes et rejoignaient les groupes courant vers leurs postes respectifs. Les officiers du central attendaient les ordres.

     "- Shofner, plongée 45m, rapide, puis coupez les moteurs !
          - Bien vous avez entendu? Au travail les gars !
          - Nos batteries ne sont pas totalement chargées commandant, s'écria l'officier
             en bathymétrie.
          - Vous préférez attendre et les recharger complètement pour se faire couler ou bien  
             limiter la casse? Nous referons surface quand le danger sera éloigné.
          - ..."

 
             Tandis que ses ballasts se remplissaient d'eau, le Bataan, plongeait lentement dans les eaux du Pacifique...

     "- Il est au-dessus de nous commandant... Devons nous-charger les tubes lance-
             torpilles?
          - Surtout pas, s'il nous grenadent, elles risquent d'exploser...
          - Ca y est, il asdique, pourvu qu'il ne nous trouve pas...
          - Plongée 75m
          - Co...Comment ça commandant? 7..75m? Le Bataan ne peut plonger qu'a 60m
             maximum ! La coque ne résistera pas à la pression captain Johnson !
          - Si nous ne plongeons pas plus profond, il va nous trouver Shofner ! Alors faites-le!
          - Bi... Bien, plongée 75m. "


             La coque du submersible grinçait sous la pression, des gouttelettes ruisselaient à l'intérieur du bâtiment, tandis que l'équipage retenait son souffle. Puis soudain, un tuyau sauta et l'eau s'engouffra. Les marins criait de fermer les vannes. Trop tard, il fallait déjà évacuer le compartiment, d'autres voies d'eau apparurent et ce fut le torrent, un quart du navire était isolé, heureusement l'équipage eut le temps de se réfugier à l'arrière...

     "- Commandant, je vous avait prévenu ! visiblement, Shofner, perdait son sang-froid
          - Ne cédez pas à la panique Alec, et détendez-vous, vous êtes aussi blanc que
             votre uniforme... Isolez le compartiment, fermez les portes étanches !
          - Le destroyer continue avec son sonar !
          - Non, attendez, il s'en va !!!
          - Comment? Vous êtes sûr, questionna Harold.
          - Quasiment ses hélices s'éloignent...
          - C'est peut-être un piège commandant...
          - Oui, c'est pourquoi, amenez-nous à l'immersion périscopique, je veux voir de
             quoi il en est vraiment."


             Les grincements se firent à nouveau entendre, puis le périscope du sous-marin sortit péniblement de l'eau, alourdit par la sucharge d'eau...

     "- En effet, il n'est plus là, il a abandonné ! On a gagné messieurs !
          - Hurrah !!


             Le Bataan était sauvé. Après s'être éloigné de Wake, il refit surface pour réparer les dégâts dus à la plongée. Puis il se remis en chasse de la flottille nippone avec le reste de sa flotte. Harold réussit à intercepter la trajectoire ennemie. Malheureusement, le Bataan fut repéré et coulé par le destroyer japonais Usugumo... Les autres membres de sa flottille donnèrent l'alerte et un hydravion fut envoyé sur place. Harold avait perdu trois quarts de ses officiers et son commandant en second fut repêché quelques heures plus tard par l'USS Gators, le sous-marin d'Adam Anfray... Le voyage du Bataan était terminé...







              Harold atterrit sur Hickam Field, à Oahu, fin janvier 194... après plus de neuf mois passés sans faire escale dans un port américain. Une Jeep de l'amirauté le conduisit aux chantiers navals. Le chauffeur entama la conversation :

" - Vous connaissez la dernière Captain? questionna le matelot
    - Dites toujours...
    - Midway est tombée ! annonça-t-il tristement
    - C'EST PAS VRAI !! Vous plaisantez??? hurla Harold
    - Non non captain, ça passe en boucle sur Radio-Honolulu depuis hier dans la soirée, vous deviez encore être dans l'avion... Nous on était dans les bars d'Honolulu... J'vous dis pas comm'ça a plombé l'ambiance. Le reste de la soirée et de la nuit a été un peu... silencieux...
    - Je vois... J'imagine qu'il y a eu réunion de crise....
    - Bah, ça je sais pas captain, mais je peux vous dire que les officiers sont assez nerveux, ça rentre et ça sort de l'amirauté ! J'avais jamais vu ça depuis l'attaque de la rade ! Et aussi pas mal de patrouilles supplémentaires ont été formées..."


Après de terribles combats, les Marines débordés par les soldats nippons et pilonnés par la marine et l'aéronavale japonaises avaient hissé le drapeau blanc et le pavillon nippon flottait sur l'atoll. La Jeep stoppa brusquement, à sa gauche se tenait un sous-marin de classe Barracuda

" - On y est captain ! C'est le.... attendez.... je regarde..., voilà c'est l'USS Redfin ! C'est votre nouveau bâtiment captain !
    - Merci soldat ! Good Luck !"


Harold descendit du véhicule qui redémarra presque aussitôt. Shofner était déjà là et il traversa la passerelle en direction du quai. Il salua le captain et le conduisit dans sa cabine. Le petit compartiment, aux parois de bois, avait une petite couchette, semblable à celles qu'on peut trouver dans une petite caravane. Une enveloppe était posée sur le bureau. Harold l'attrapa et saisit un coupe-papier sur lequel on pouvait lire le nom du submersible. Il sortit un message, signé de la main de l'amiral Lockwood. Il était convoqué le 1er février dans le bureau de celui-ci.


L'USS Redfin, sortant de la rade de Pearl Harbor, début février 194...

              Après avoir passé sa première nuit à bord de son nouveau navire, Harold commença à organiser le ravitaillement de son bâtiment, tandis que quelques uns des officiers survivants arrivaient avec les nouveaux, à peine sortis de l'école de la Navy. Début février, le Redfin était prêt à appareiller. Dans la soirée du 1 février, quelques heures avant le départ du submersible, tandis que l'équipage profitait de ses dernières heures à terre, Harold partit au Quartier Général de la flotte du Pacifique. Une Jeep l'attendait devant la passerelle qui menait au Redfin et une fois monté dedans, elle s'éloigna du quai... Après quelques minutes de trajet, le captain Johnson, descendit du véhicule, mit sa casquette d'officier, puis entra dans le bâtiment. Il passa dans le bureau du commander Stuart, celui-la même qui l'avait accueilli, lui et les autres promus, lors de leur arrivée à Pearl, un an auparavant. Cette fois-ci, les grades étaient inversés et le commander se mis au garde-à-vous en voyant passer Harold :

  "- Captain Johnson !  oui chef
      - Bonsoir commander Stuart, comment allez-vous? répondit Harold tout en lui rendant son salut
      - Ma fois captain, nous avons pas mal de nouvelles recrues, notamment pour la Gators !
      - Bonne nouvelle ! Bon je vous laisse j'ai rendez-vous avec l'amiral Lockwood.
      - Très bien, bonne chasse !"


Le captain, dans son uniforme blanc de la Marine américaine, monta quelques marches, au haut desquelles, un Marine, pistolet Colt à la ceinture, s'avança en souriant.

"- Captain Johnson ?
   - Lui-même
   - L'amiral vous attend dans son bureau, suivez-moi !"


Harold arriva dans une sorte d'anti-chambre où le Marine lui avait dit de patienter. Assis sur un banc, il contemplait la carte de situation sur le Pacifique. On y voyait la position de flottilles de submersibles, de la Subpac ou encore de la Bâton-Rouge. Bizarrement, facilement la moitié des effectifs sous-marins se trouvait entre Pearl Harbor, Midway et Johnston Island. Tout à coup, la porte s'ouvrit, l'amiral Lockwood, commandant en chef des forces sous-marines du Pacifique apparu, racompagnant l'amiral Halsey. Ce dernier salua promptement le captain Johnson et poursuivit son chemin. Harold entra dans le bureau, et se mit au garde-à-vous :

"- Heureux de vous rencontrer captain Johnson, vous pouvez vous asseoir
    - ...
    - Vous savez, on m'a beaucoup parlé de vous et de vos exploits, je voulais tout d'abord vous féliciter.
    - Merci mon amiral
    - Asseyez-vous captain, asseyez-vous, insista l'amiral
    - ...
    - Enfin, bref, voilà pourquoi je vous ai convoqué"


Il se tourna vers la carte de situation. S'arrêta de parler quelques instants. Puis il reprit, tout en observant la carte.

"- Comme vous le voyez, et le savez, Midway est tombé il y a quelques jours aux mains des forces nippones. D'après plusieurs de nos informateurs sur le terrain et à Washington, une importante flotte japonaise, notamment les deux cuirassés de classe Yamato, seraient encore sur place. Des submersibles ainsi que des forces de surfaces sont déjà sur place. Il est quasi-impératif d'infliger de lourdes pertes à cette force de frappe, afin de contre-balancer la perte de l'atoll. Après Koepang, nous perdons Midway, si nous ne réagissons pas au plus vite nous risquons de ne pas nous en relever. Je vous demande donc de vous joindre aux forces autour de Midway, pour harceler les Nippons.
- Bien amiral.
- Ce n'est pas tout captain. Connaissant votre expérience, je tiens à vous confier une mission spéciale. Saigon est depuis quelques mois, retombé aux mains alliés. De là nous pouvons gérer les troupes alliées plus près du front continental asiatique. Je vais donc vous demander de transporter un gars de l'Armée jusqu'à ce port. C'est très important qu'il y arrive sans encombrement. Je ne peux malheureusement vous en dire plus. Il s'agit du colonel Mike, je vous demande la plus grande discrétion, y compris au sein de votre équipage.
- Je peux tout de même mettre au courant les officiers?
- Bien entendu. Il arrivera à bord d'un B-17 demain matin et atterrira directement sur Ford Island, juste avant votre appareillage. Bien je vous laisse captain, profitez bien de votre dernière nuit tranquille avant votre retour en enfer !
- A vos ordres amiral."


Après cette longue discussion, Harold rejoignit la Jeep qui le déposa devant le Redfin. Il traversa la passerelle, descendit et traversa le sous-marin jusqu'à sa cabine où il se reposa jusqu'au lendemain. Un de ses officiers, vint le réveiller, vers 6h du matin, 2 heures avant l'appareillage.

" - Captain, comme vous me l'avez demandé, je viens vous réveiller
   - Mmhhb... mer..merci Jones...
   - Au fait... un certain colonel Mike attend devant la passerelle pour embarquer et prétend qu'il a rendez-vous avec vous.
   - Ah?
   - Oui, et comme on a l'habitude des gars qui nous font ce genre de farce, on l'a tout de suite renvoyé chez lui !
   - Ah très bien, vous pouvez disposer... Attendez.... VOUS L'AVEZ RENVOYE???? MALHEUREUX !! ALLEZ ME LE CHERCHER !!! s'écria Harold
   - Euhh... A vos ordres captain..."


A 7h50, 10 minutes avant l'appareillage, le colonel Mike arriva. Harold s'excusa pour la mésentente et le conduisit dans sa cabine. A 8h Harold donna les premiers ordres :

"- Retirez la passerelle ! Machine avant 5 knts !"

 Lentement, l'étrave du Redfin se détacha du quai, une vingtaine d'homme d'équipage étaient encore debout sur le pont, nettoyant le canon de 127mm, tout en regardant les navires de guerres et la rade de Pearl Harbor s'éloigner...


Première patrouille de l'USS Redfin 2/02/194... - 1/06/194...

              Le Redfin prit donc le large le 2 février 194..., la prise de Midway donnait à la flotte impériale un accès direct aux lignes arrières américaines, comme Pearl Harbor ou Johnston Island. Ces bases avaient été immédiatement mises en alerte constante par l'Amiral John Hadés Junior, les sous-marins nippons commençaient à roder dans le secteur.

  "- Officier navigateur, tracez une nouvelle route au 3.1.0,
     cap au nord ouest.
   - A vos ordres... Direction Midway captain?
   - En effet, on peut rien vous cacher à vous !"


              Après cette annonce, un drôle d'ambiance régnait à bord du submersible... Midway, secteur nouvellement "jap'". Dans les bars de Pearl, on disait que de grosses forces japs' y étaient toujours et que la Seventh Fleet avait été mise en déroute. Malgré la peur qui s'installait dans l'équipage, on avait envie de mettre une raclée aux nippons, ils le méritaient. Cette occasion se présenta assez rapidement... Après seulement trois jours de mer, la radio du submersible reçu un message :

   

              La fameuse flotte signalée par l'amiral Lockwood était donc repérée... Plusieurs submersibles, notamment de la Coral Sea Fleet étaient déjà sur place, les sous-marins Gators étaient en route et des navires de surface de la Gators et de la Coral Sea Fleet, dont les cuirassés New Jersey et South Dakota étaint susceptibles d'arriver. Le Redfin mis immédiatement le cap sur les lieux des combats où il arriva quatre jours plus tard... C'était un samedi matin brumeux, le commandant Harold Johnson, son commandant en second, le commander Alec Shofner (qui avaient été promu) ainsi que quelques officiers étaient sur le kiosque à scruter l'horizon :

  "- On y voit rien captain...
   - Qu'est-ce que vous voulez que je fasse Alec... souffler fort pour
     faire partir la brume?
   - ...Attendez, je distingue deux formes... Contact visuel
     commandant ! Par quart tribord ! Deux navires de ligne ! Pavillon
     nippon commandant, ce sont des Japs' !!!
   - Sans blague? Notre seul navire de ligne a battu en retraite il y
     a cinq jours, vous croyiez peut-être qu'ils étaient avec nous,
     Shofner?
   - ...
   - A première vu ce sont de gros cuirassés... si on regarde leur
     étrave et leur armement... ce sont certainement
     des Yamato.
   - Ça doit être eux qui ont endommagé le Missouri,
     commandant... Si c'est bien la Rengo, il doit s'agir
     du Yamato et du Musashi, son sistership.
   - ........ Ces mastodontes pèsent deux fois plus lourd que plusieurs de nos navires de
     ligne...
   - Plus de 70 000 T... Ce sont les deux plus gros cuirassés au monde et les fers de lance de
     la flotte jap'... Ils sont réputés insubmersibles...
   - Ça vous dit de prouver le contraire Shofner? dit en rigolant le commandant
   - ... On va avoir du mal commandant, répliqua le second
   - C'est qu'on va voir !! "



Les cuirassés Yamato et Musashi, repérés par le Redfin, en février 194...


                Le contact avec l'ennemi était établi, mais on s'inquiétait sur le kiosque, deux navires seuls, était-ce un piège?

 "- Radio, dit le commandant, avez-vous transmis aux autres navires
     les positions ennemies?
   - Oui commandant, et des VLTs de la TF5 préparent
     une attaque, ils ont déjà coulé un destroyer Jap'.
   - Bien.... On va pouvoir apporter notre concours... Mais il y a un
     truc qui me tracasse...
   - Quoi donc commandant? demanda Shofner
   - Ça... Ça ne vous semble pas bizarre Shofner? Les deux plus
     puissants navires japonnais, dont le navire amiral de
     la Rengo, seuls, sans escorte face aux VLTs et aux subs...
     remarqua Harold
   - On nous avait signalé des DD et des croiseurs non? Ils doivent
     se cacher derrière la brume... Il ne faut pas qu'un surgisse à
     500 m de nous commandant......
   - ... Regardez Shofner, la brume commence à se lever, j'espère
     qu'il n'y a pas de mauvaise surprise qui se cache derrière... Dans quelques minutes on
     commencera à y voir plus clair !
   - ...
   - Là-bas commandant... Je distingue quelque chose..."


                En effet, une grosse masse sombre se détachait sur l'horizon, une silence plana sur le kiosque du Redfin. Harold tourna la tête vers la position indiquée par Shofner et regarda avec ses jumelles :

  "- ...Vous avez raison, et vu la taille, ça ne m'a pas l'air d'être
     une de nos VLTs... Attendez, le brouillard se lève bien là...
   - ...
   - Ha Ha Ha... C'est une blague? Un autre cuirassé...... Vu sa
     superstructure, il doit s'agir du Kongo qu'on nous avait signalé ce matin...
   - Le Haruna ! C'est le Haruna commandant !!!
   - Oui, cela doit être ça ! Et à côté de lui... un croiseur...
     de classe... de classe Agano à première vue. Ça commence
     à se gâter... L'Agano est armé pour la lutte
     anti-sous-marine, il ne faut pas qu'il nous voit.
   - Devons-nous plonger commandant?
   - Attendez, navigateur, relevez et transmettez la position des
     navires ennemis. Vous autres, commencez à redescendre du kiosque.
   - Bien commandant, répondirent les officiers."



Le Haruna de classe Kongo, photographié par un avion de reconnaissance SOC Seagull américain, quelques jours après avoir été vu par le Redfin.

                 Tout le monde s'agitait, et quelques minutes plus tard, le sous-marin s'apprêtait à plonger sous la surface de l'océan.

  "- Allez tout le monde descend !! Vite ! Commander Shofner, mettez
     nous immédiatement en immersion périscopique, je veux garder
     le contact avec l'ennemi !
   - A vos ordres commandant ! Vous avez entendu en dessous? Ouvrez
     le ballasts avant, plongée 16 mètres, passez à 16 knts !"


                  Le Redfin s'enfonça dans l'océan, alors que la flotte alliée alors composée de VLTs et de destroyers poursuivait les navires nippons qui battaient en retraite vers les îles Marshalls, ils avaient dû être informé que des bâtiments de ligne alliés approchaient et que le Missouri, attaqué une semaine plus tôt avait déjà été réparé. La poursuite continua plusieurs jours durant lequel Harold, passa le plus clair de son temps collé au périscope du sous-marin... Pourtant la poursuite s'acheva et Harold ne put pas attaquer un seul japonais. Mais malgré la frustration de l'équipage, le Redfin connu sa première victoire, au large des îles Marshalls en torpillant le Tanker nippon Miura, c'était le 25e navire coulé pour Harold -  25e qui fut célébré à bord !

                  Au cours de ce mois de mars, le commandant du Redfin passa la barre solennel de 30 navires japonais envoyés par le fond. Alors que la flotte des Louisiana Gators préparait une nouvelle opération, le submersible continua sa route et dépassa les îles Mariannes quelques jours avant la fin du mois.

                  C'est donc à cours de munitions et de carburant que le submersible arriva face au Japon. Heureusement, la flotte Gators, y était présente. Le commandant Leroy Jones effectuait le ravitaillement d'un groupe avec son cargo armé. Plusieurs navires de ligne de la Gators étaient là, dont l'USS South Dakota et deux croiseurs de bataille Alaska... Il y avait donc de grandes soutes à remplir et Harold ne reçu que le nécessaire en carburant et en munition pour rejoindre le premier port allié...

                  Quelques jours plus tard, Harold mis le cap sur le sud du Japon et passa même au large d'Okinawa, puis de Formose... L'équipage ne connaissait pas encore leur destination... Le port FFL de Saigon accueillit le Redfin, en mai 194... Le colonel Mike, qui s'était fait relativement discret durant le voyage débarqua, remercia et salua Harold tandis qu'un véhicule de l'Armée vint le chercher. Au port, les stocks, notamment de torpilles étaient au plus bas, la Subpac Force et la 7th Fleet étant sur place et quelques jours après l'arrivée du Redfin, le submersible du commandant Anfray entra dans la rade...



Le port de Saïgon, particulièrement vulnérable aux attaques aériennes nippones.


Deuxième patrouille de l'USS Redfin 1/06/194... - 6/09/194...

                  Une fois les sous-marins ravitaillés, ils prirent le large le 1 juin, cap au sud, vers le détroit de la mort de Singapour.
C'est alors que le petit groupe Gators, aperçu un destroyer anglais, pourchassés par des navires japonais de la 8.Kokutaï Teikoku Kaigun. Ils rentrèrent en contact avec lui et planifièrent un piège pour les navires ennemis. Ce plan était dangereux, les navires japonais étaient armés pour la traque ASM et le Tribal anglais était déjà sérieusement endommagé. Pourtant celui-ci amena les japonais à distance de tir pour les torpilles du Redfin et du Gators. A minuit, ce dimanche 4 juin 194..., le submersible du commandant Johnson colla 2 torpilles sur 3 au destroyer Kagero NKT-02 et Adam Anfray envoya par le fond le destroyer Fubiki.

                  Malheureusement, le lendemain, le HMS Black Moon du capitaine anglais Mark Ballantine fut coulé par le dernier destroyer, qui fut lui-même envoyé par le fond quelques heures plus tard par une torpille destructrice du Redfin. Au final, ce fut 3 navires de la 8.Kokutaï Teikoku Kaigun sur 7, 3 destroyer sur 5, qui furent coulés en moins de 24 heures, par Harold et Adam Anfray...



Le Black Moon de classe Tribal, chavire après avoir été attaqué, malgré l'intervention des deux submersibles qui purent néanmoins recueillir des survivants.

                   A la fin de ce mois de juin, les autres membres de la Bâton-Rouge, coulèrent plusieurs navires de la Nansei Homen Kantai, au large de la Nouvelle-Guinée dont un croiseur lourd pour la seule perte du commandant du groupe, Rockwell Torrey et de son Barracuda. Heureusement, ses coéquipiers le sauvèrent et le déposèrent à la base britannique de Gili-Gili où il reprit le commandement d'un autre submersible...

                   Adam et Harold, avaient alors dépassé Koepang et Darwin et bloquaient à présent la retraite du reste de la flotte nippone ; elle n'avait plus aucune issue : à l'ouest les USS Gators et USS Redfin, tandis qu'a l'ouest se rapprochaient à vive allure la flotte de surface de la Gators au grand complet et le deuxième groupe de sous-marins...

                 Grâce à la coopération avec Adam Anfray, le Redfin continua le travail déjà commencé en assénant un coup à la Nansei Homen Kantai déjà ébranlée par la perte de plusieurs navires quelques jours auparavant, en coulant le destroyer Akitsuki... L'anéantissement de la Nansei Homen Kantai encerclée était proche...

                 Après l'anéantissement quasi-total de la flotte nippone, la Lousiana Gators était au complet, elle metta alors le cap à l'ouest, direction... Débutait l'opération Crown Found.


Opération "Crown Found"
                 En ce milieu de juillet, les équipages des sous-marins n'avaient pas fait de halte depuis le début de l'année, avec seulement deux ou trois jours de détente lors des escales des submersibles pour ravitaillement. Celui (l'équipage) du Redfin était particulièrement éprouvé. Après leur départ de la base de Pearl Harbor, le bâtiment n'avait stoppé qu'à Saïgon, où l'équipage dut rester sur le port, prêt à appareiller en catastrophe si l'aviation nippone attaquait. Le moral était au plus bas lorsque l'Etat-Major de la flotte demanda alors aux submersibles de patrouiller dans la zone entre Koepang et Amboina, afin de servir d'éclaireurs à la flotte de surface...

                  Le 16 juillet, un hydravion japonais décolla de l'aérodrome de Dili pour sa patrouille quotidienne. Le lieutenant Tanaka ne distingua rien comme d'habitude. La veille, on lui avait installé un des premiers radars japonais, peu performant face aux radars américains. Il fut donc surpris, alors qu'il s'apprêtait à atteindre le point de non-retour et à renoncer (une fois de plus) à ses recherches, que sur son radar, des petits points se mettent à scintiller. Il s'agissait des sous-marins américains de la Bâton-Rouge. Il ne le savait pas mais ceux-ci l'avait déjà repéré depuis plusieurs dizaines de minutes et deux d'entre eux firent surface pour accueillir l'hydravion à coup de DCA. Grosse erreur pourrait-on dire, mais l'appareil, fortement endommagé par le déluge de fer et de feu, fut abattu et les submersibles continuèrent leur route...



Tanaka dans son hydravion avec ses deux coéquipiers.

                    Pourtant, Tanaka avait survécu et fut repêché par le Sentakako, une corvette nippone, qui donna l'alerte à la base de Dili. Le vice-amiral Ugaki reçu le message. Tanaka n'ayant pas retenu précisément les positions des submersibles, ne donna que des information incomplètes, notamment en ce qui concerne le nombre de bâtiments. Cela ne découragea pas le vice-amiral qui réunit son état-major, quelques heures après l'alerte, le 18 de ce mois :

   "- Messieurs, commença-t-il, une escadre sous-marine a été détectée avant-hier au
           nord-est de notre base, par un de nos hydravions - qui a été abattu par la DCA
           ennemie -, heureusement son pilote a été sauvé par l'une de nos corvette qui a
           donné l'alerte.
   - L'escadre ennemie aurait-t-elle été identifiée?
   - D'après nos renseignement, il s'agirait de la fameuse Bâton-Rouge, qui sévit
      dans les parages depuis quelques temps.
   - Il faut agir, nous ne savons pas de quoi ils sont capables. Ils ont coulé un croiseur
      lourd et plusieurs destroyers il y a quelques semaines ! intervint le contre-amiral Shima
   - Que préconisez-vous, interrogea Ugaki
   - Déjà, il faut éloigner la corvette qui est en danger de mort, qu'elle ne fasse pas son
      Jibaku ! (technique suicide consistant à percuter un navire avec un avion ou un navire,
      ici utilisé pour remplacé "suicide" ). De plus, il faut envoyer nos meilleurs destroyers
      pour détruire ce groupe ! Les Américains ne seront pas couverts par leurs avions, nous
      pourront envoyer des avions chasseurs de submersibles !"


                 Un silence approbateur pesa sur l'assemblée.

   "- Bien. 8 de nos destroyers iront à leur rencontre. Shima, vous commanderez
            personnellement ce groupe
   - A vos ordres, honorable amiral.
   - Préparez-vous à envoyer un message à Tokyo avec le code Pourpre (messages codés
      utilisés dans les affaires diplomatiques). Il s'agit d'une affaire politique ! Ce sera une
      bonne propagande ! se tournant vers un enseigne : ordonnez au Sentakako de rentrer.
   - Bien amiral."

     
                 Tandis que Shima embarquait à bord du Shimushu, un destroyer Mutsuki, navire amiral du groupe des 8 destroyers, l'enseigne commença à taper sur la machine "Pourpre".

      "Dili à Tokyo. La flottille américaine Bâton-Rouge est en passe d'être anéantie au large    
         du Timor. 8 de nos valeureux destroyers sont en route cap au 150
         pour l'interception ! Ce sera une grande victoire pour l'Empire, les submersibles
         asphyxiant notre sanctuaire national seront coulés !
         Tenno Banzaï !!"


                 Puis, son message crypté et envoyé, il retourna vers le vice-amiral.

"- Honorable amiral, Tokyo est prévenu et s'apprête à diffuser en boucle sur Radio Tokyo
        l'information de notre victoire, dès que celle-ci sera confirmée. Par contre, le
        Sentakako ne répond pas à nos messages...
   - ... Bien, ce sont sûrement de simples problèmes de liaisons, vous réessayerez plus
      tard, répondit le vice-amiral Ugaki"


                 Au soir du 19 juillet, la mortelle escadre de destroyers prit le large sous le soleil couchant. Un danger incommensurable se dirigeait vers les submersibles...
                  Les japonais n'étaient pourtant pas au courant que leur code "Pourpre" avait été déchiffré par les services américains depuis plusieurs années, grâce à leur machine "Magic". C'est donc à Washington que l'imprudent message de Dili à Tokyo fut intercepté par les services de renseignement. Le chef du bureau, prenant connaissance du message, s'écria :


  "- Prévenez immédiatement le secrétaire d'état, M. Knox !"

                 M. Frank Knox, secrétaire d'état à la Marine, était alors à la Maison Blanche, en compagnie des secrétaires d'état Stimson (Armée) et Cordell Hull (Affaires étrangères), ainsi que les chefs d'état-major Marshall (Armée) et Stark (Marine). Un lieutenant fit signe à Knox qui sortit du bureau ovale, puis revint quelques minutes plus tard avec le message "Magic" dans les mains.

  "- Qu'est-ce c'était Frank?
     - Un message "Magic", monsieur le Président, la Louisiana Gators Bâton-Rouge serait
        en danger au large de Dili... Mais je ne sais pas si nous devons prendre cette information au sérieux... Les Japonais n'utilisent plus le Code Pourpre depuis
        Pearl Harbor...
     - ...Ne prenez aucun risque Frank... Avertissez-les tout de suite, ne faisons pas la même erreur qu'a Pearl Harbor, ordonna
        Roosevelt
     - Bien monsieur le Président."


                 C'est donc un message personnel de l'amiral Nimitz qui avertit le groupe du danger. Mais depuis le début d'après-midi du 18 juillet, les submersibles étaient déjà en état d'alerte, depuis que la corvette Sentakako avait été repérée puis coulée en une torpille par Harold et son Redfin. Mais ces informations étaient précieuses, elles leur permettaient de connaître le cap et la position approximative de la force ennemie. Les sous-marins étaient donc en embuscade, en cette journée du 21, lorsque l'escadre ennemie apparut à l'horizon, le Shimushu de Shima en tête de file...

                     A bord de ce dernier, l'équipage certain de la victoire, ne se doutait pas que l'escadre fonçait droit dans la gueule du loup : le chasseur était le chassé, et ils en étaient inconscients... L'inévitable se produisit alors... A seize heures précise, deux sillages de torpilles, partant de seulement 1200 mètres de rapprochaient à la vitesse imparable de 45 knts. La vigie réagit pourtant dans la seconde.


    "- Deux torpilles à tribord !!
       - La barre à gauche toute !! cria le capitaine sous l'oeil effaré de Shima, il se rendait
          compte qu'ils étaient tombé dans le piège..."


                 Il était trop tard, le destroyer ne pouvant plus évoluer, les mortels engins frappèrent de plein fouet le flanc, provoquant de grosses voies d'eau, tandis que des incendies se déclaraient un peu partout. Les équipes de sécurité luttaient tant bien que mal, mais n'étaient pas conscientes du caractère désespéré de la situation : le navire était désemparé. A 16h22, le feu atteint la soute à munitions. Une formidable explosion ravagea le navire, tua la moitié de l'équipage, dont le capitaine et Shima. L'autre moitié coula avec le navire quelques minutes plus tard. La déflagration atteignit 50m de hauteur. L'escadre était décapitée et le Redfin (car c'était son oeuvre) avait fait sa deuxième victime en trois jours.


Le Shimushu de classe Mutsuki, explosant avec le contre-amiral Shima, le chef de l'escadre.

                    Pendant ce temps, les autres membres du groupe de submersibles coula 3 autres destroyers et en endommagea gravement un troisième. Un des trois destroyers restant, lança des coups d'asdic. Le Redfin était juste en dessous, mais la détresse des marins maniant le sonar était telle, qu'ils ne purent bien effectuer leur travail et le sous-marin d'Harold fut sauvé. Mais que pouvaient faire quatre destroyers, dont un désemparé, pris au dépourvus, face à une meute de loups bien rodée et donc à son avantage? C'est donc ainsi que le reste de l'escadre nippone (3 destroyer et un autre désemparé) prit la fuite et retourna tant bien que mal à Dili... Les Japonais avaient perdu définitivement la moitié de leurs destroyers engagés. La victoire américaine était totale. Le vice-amiral Ugaki apprit dans son bureau de Dili la perte de son escadre. Tokyo, qui attendait une grande victoire, releva Ugaki de son commandement. Tombant en disgrâce, il se fit Hara-Kiri...
                     Après cette éclatante victoire, les submersibles rejoignirent le groupe surface de la Gators et continuèrent leur route... Au début de ce mois d'août, la flotte intercepta, grâce aux renseignements de la 1st AVF et d'une partie de l'EIF, une force d'attaque nipponne, composée notamment d'un croiseur de classe Mogami et de destroyers. Leur agonie fut longue et douloureuse. Après le naufrage du Mogami, seul un destroyer resta à flots et fut attaqué par plusieurs croiseurs et destroyers Gators ainsi que le Redfin. Pris pendant plusieurs dizaines de minutes sous le feu croisé des navires et du submersible le destroyer sombra avec la totalité de son équipage. Le 4 août, un groupe venant chercher d'éventuels survivants fut attaqué par la flotte. Harold envoya une canonnière par le fond, tandis que les autres navires, enduraient le même supplices que leurs prédécesseurs. Dix jours plus tard, le Redfin coulait deux autres navires un torpilleur et un chasseur de submersible, au large des Indes Néerlandaises



Le chasseur de submersible (ci-dessus) sombra quelques heures avant le torpilleur.

                     Tjilitjap, un petit port dans les Indes Néerlandaises, c'est là, qu'à la fin du mois, qu'une flotte nipponne fut repérée par des hydravions de la flotte US. Après une bataille de plusieurs jours, les navires ennemis furent tous éliminés... Pourtant, une menace planait sur la flotte... ou plutôt sous la flotte... Le Redfin était au milieu de la flotte qui remettait cap à l'ouest, en cette calme nuit du 25 au 26 août.... Shofner et l'officier de navigation Stuart debout sur le kiosque, tandis qu'Harold donnait des instructions dans le central.

    "- Être entouré par les croiseurs et destroyers de la flotte, c'est plutôt rassurant, ne
           trouvez-vous pas commander?
        - C'est sur ! On est plus seul, on sent en sécurité...
        - ...
        - ...
        - Commander... regardez, là-bas, on dirait des sillages !
        - ... Bon sang !!!! Des torpilles ! 3 !
        - Alerte ! La barre à babord toute !!! Fermez les portes étanches !, cria Stuart en se
           penchant vers l'intérieur du submersible"


                     Harold répéta les directives de son officier, immédiatement, les matelots s'exécutèrent avec une rapidité qui, probablement, sauva le navire. Les alarmes retentirent et en un instant, tout l'équipage se précipita à son poste de combat.


A l'intérieur du sous-marin, les lampes d'alerte s'allumaient tandis que les ordres fusaient de tous les côtés.

                     Sur le kiosque Shofner et Stuart observaient, anxieux, la trajectoire des engins mortels. Les deux premiers passèrent, comme prévu grâce à la rapidité de la manoeuvre de Stuart, à l'avant du Redfin. Malheureusement, la dernière torpille frappa la proue du submersible.

    "- Commandant Johnson, une torpille a frappé l'avant du navire, l'eau s'engouffre mon
           commandant ! s'écria le seconde classe Jones.
        - Il faut plonger pour éviter de se faire torpiller à nouveau, descendez les gars ! ordonna
           Harold.
        - Commandant, voies d'eau à l'avant !
        - Immersion périscopique ! cria Harold
        - C'est pas vrai ! Commandant, le sous-marin descend trop profond !
           20 m, 25 m, 35 m, 40 m !
        - Chassez un peu pour compenser les voies d'eau ! demanda Harold
        - Ça continue à descendre ! 45, 50 m ! Ah ça y est, ça se stabilise à 50 m commandant.
        - Bien , rapport des avaries.
        - La salle des torpille est isolée.
        - Barrymore est blessé, commandant !
        - On ne peut plus utiliser la radio, vu la profondeur !
        - La coque a sacrément mangé, commandant !"


                     Comble de malheur, un destroyer nippon s'approchait, tandis que la flotte s'éloignait face au danger d'une meute de submersible, pensant que le Redfin avait à jamais disparu. Pourtant, à 50 m sous la surface, les mécaniciens s'activaient déjà à remettre le sous-marin en état, le Redfin allait-il s'en sortir, ou bien au contraire, était-ce la fin de son périple ?

     "- Un destroyer s'approche de nous commandant, c'est un japonais.
         - Il est au dessus de nous à présent
         - Une seule grenade risquerait de nous envoyer nourrir les poissons... dit calmement
            Harold"


                     Pourtant, en voyant le destroyer ennemi approcher, le croiseur de bataille Alaska du commandant Sutherland, ainsi que le cargo armé du commandant Carter, s'approchèrent pour l'envoyer par le fond, dans l'espoir que le Redfin avait survécu et que la menace du destroyer éliminée, le submersible aurait plus de chance de s'en sortir, malgré ses avaries.
                        Ces deux capitaines sauvèrent probablement le sous-marin, leurs navires respectifs ayant mis à mal le destroyer nippon, celui-ci dût finalement rebrousser chemain vers un croiseur de classe Takao sortant de Tjilitjap. Pourtant, cette acte de bravoure avait mis en péril les deux navires, et le commandant des opérations, le contre-amiral Sillvers, les rappela... Le submersible avait-il survécu? Pire, le destroyer nippon était-il toujours sur zone?...


Dernière édition par Hugh Johnson le Ven 18 Juil 2014, 14:59, édité 38 fois
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Re: Une longue histoire....

le Sam 22 Sep 2012, 13:06
Le mécanicien en chef, le lieutenant Bryan, s'avança vers Harold. Tout en essuyant son front couvert de sueur et d'huile, il annonça :

" - Captain...pff.. Les.. Les batteries sont de nouveau opérationnelles et nous avons retrouvé pleinement notre capacité à maîtriser notre profondeur... Pffiu..
- Je vous félicite Bryan ! On est sauvé ! Enfin, pour le moment... dit Harold en poussant un soupir de soulagement, où en est-on du destroyer?
- Tout indique qu'il soit parti à l'arrivée de ce qui semble être un de nos croiseurs ! cria un matelot tandis qu'une clameur s'élevait dans le reste du navire
- Parfait !! Machine avant toute! ordonna joyeusement Harold, on fait quand même attention, mettez-nous en immersion périscopique!"


A bord du Redfin, la tension retombait et les mécaniciens s'activaient déjà à effectuer des raffistolages, bien que sommaires, sur la coque, afin que le submersible puisse tenir le choc du trajet jusqu'à la prochaine escale où il subirait des réparations complètes. Puis le sous-marin fit prudemment surface et rejoignit promptement le reste du groupe...

Fin août 194..., la flotte Gators quitta les côtes de Java et poursuivit sa route, cap sud-est direction le nord-ouest de l'Australie. Soudain, début septembre, l'armada changea radicalement de direction, cap plein est, droit sur le Pearl Harbor américain du Golfe de Bengale : Diego Garcia. A bord de l'USS Redfin, qui souffrait encore de ses blessures de guerre. On n'avait pas comprit la manoeuvre :


"- Commander Shofner? questionna l'enseigne Mike E. Rainbow
- Qui-a-t-il?
- Pourquoi avons-nous changé de cap commander?
- Eh bien, c'est pour brouiller les pistes Mike, les Jap's nous ont repérés vers Java, maintenant, ils nous croient repartis vers le Timor.
Nous essayons de garder secret le plus longtemps la présence des Gators dans le Golfe de Bengale. Le rapport des forces dans ce secteur, va être chamboulé!
Si nous croisons une flotte japonaise, nous aurons l'effet de surprise, les faces de citrons n'étant pas au courant de notre arrivée.
- Génial, commander !! exulta Mike, s'imaginant d'avance la mine ébahie des Japonais en voyant arriver une des flottes les plus puissantes.
- Eh oui !"



La Gators fit escale dans la rade de la base américaine de Diego Garcia, au sud-ouest de Ceylan...

Pendant plusieurs jours, la flotte traça sa route au milieu des vagues. Le 8 septembre, les navires furent en vue de Diego Garcia. Sur les pont des bâtiments, les équipages laissèrent éclater leur joie. Notamment sur notre submersible où des matelots dansaient en faisant de grands gestes à leurs collègues du croiseur USS Alaska. D'autres râlaient, jaloux de voir au loin dans la rade, les premiers croiseurs de la Gators.

"- Diego Garcia nous voilà !! Banzaï comme diraient des connaissances !
- A nous les bars !!
- Ah ouais? J'te parie que les stocks vont être vidés par ces salauds des croiseurs !
- Ahahaha ! C'est ce qu'on verra..."


Les navires entrèrent dans la rade. Les permissionnaires attendaient sur le pont de leurs navires respectifs, la navette qui devaient les emmener à terre... Pourtant certains étaient un peu impatients... et se jetèrent à l'eau afin d'arriver plus vite dans les bars... Bref, pendant qu'une partie des équipages se détendait dans les bars aux alentours du port, le reste commencèrent à effectuer le ravitaillement de la flotte ainsi que quelques réparations. Le Redfin faisait partie des navires concernés. L'USS Agenor du commandant Harry Covert, un navire-atelier de classe Vulcan, envoya un message radio au submersible, tandis que trois quarts des effectifs du sous-marin avaient quitté le bord...

"- Agenor, au Redfin. Agenor au Redfin?
- Ici Redfin, parlez Agenor
- Aha, toujours à flots !! Ça fait plaisir les gars !
- Qu'est-ce que tu crois? On est pas des débutants !
- Bref, si vous voulez être réparés, c'est maintenant, rapprochez-vous du nav-at
- Attend attend ! La moitié de notre équipage est à terre, on doit les rappeler !
- Bon faites vite, recontactez-nous quand vous serez prêts..."


Le matelot se précipita dans les coursives du sous-marin et trébucha plus d'une fois. C'est épuisé qu'il arriva jusqu'à la cabine d'Harold et qu'il frappa à la porte :

"- Pff...ff...argghff...Euh, captain Johnson..mff?
- Entrez ! Qu'est-ce qu'il se passe, John?
- L'Agenor a appelé...mff...captain, il veulent qu'on se rapproche pour réparation argff...
- Mais l'équipage est à terre !
- C'est ce que je leur ai dit captain...fpff..
- Immédiatement?
- Immédiatement.
- Bon, rappelez les hommes nécessaires pour bouger le Redfin. Ainsi que le le lieutenant Bryan,
le chef-mécanicien, il pourra aider les hommes du commandant Covert
- Mais... je fais comment... pour... les trouver..arf..??
- Vous prenez un GMC et vous les ramenez, dites leur que c'est un ordre du capitaine.
- Bien, captain.
- Et une fois rentré et le message à l'Agenor envoyé...
- Oui captain?
- Euhh... Allez vous reposez John...
- Merci captain !!!!"


Une vedette vint chercher le matelot John, qui sauta sur le siège passager. Une fois à terre, commença à faire la tournée des bars et autres lieux où les Marines de la flotte aimaient passer du temps.

"Bon, on va commencer par celui-là", pensa John en apercevant un bar.

Il entra dans le bâtiment et se fraya tant bien que mal un passage jusqu'au bar où il interpella un Marine du croiseur Baltimore du commandant John-Henri Sochet Des Touches.

"- Hey mec ! T'aurais pas vu des gars du Redfin par hazard?
- Hein, quoi?
- T'AURAIS PAS VU DES GARS DU REDFIN ???
- Ah, ouais, mais ça sert à rien de crier comme ça. Y'en a un là-bas qu'arrête pas de gueuler qu'il
a sauvé le sous-marin... mais fait gaffe, il a bu deux ou trois verres !
- Merci mon pote, remercia John en se dirigeant vers le "sauveur du sous-marin"


Notre matelot s'approcha de l'homme que le Marine lui avait indiqué et reconnu… le chef mécanicien Bryan…

"-Bon, bon, bon… Et dire qu'il est censé aider les gars de l'Adelor… C'est pas gagné.
- HHeyy JOhnn? Diss-lui que jjj'ai sauvé le bateau Hiein? Y veux pas m'croire ce connard !!
- Heuu… Lieutenant Bryan?? On… on a besoin de vous sur le Redfin…
- Ahhhh ouais???? Heep tu vois je, je vais encore sauver le bateau…
- Mon lieutenant... vous me suivez?
- QU'est s'ta??? ça pres' pas !
- Un peu lieutenant quand même...


Bref, il fallu 5 Marines pour porter le chef-mécanicien jusque dans le GMC. John poursuivi sa petite tournée. Deux heures plus tard, le GMC stoppa devant la vedette qui devait emmener les marins jusqu'au sous-marin. Les hommes de bord qui étaient rappelés, sautèrent du véhicule, la mine déconfite, jaloux de ceux qui avaient pu resté dans les bars. Le lieutenant chef-mécanicien Bryan, lui, s'écroula lamentablement en descendant du GMC, on le porta jusque dans sa cabine, où il se reposa en attendant le rendez-vous avec le navire-atelier. Une fois à bord, on se rassembla dans le central, où le captain Johnson fit un petit briefing, tandis que le matelot John recontacta l'Agenor

"- Agenor, ici Redfin !
- Ah vous revoilà, c'est bon?
- Oui, on se rapproche de vous.
- OK, on vous attend de pied ferme !
…………………………………………
- Bien John, allez vous reposer quelqu'un vous remplacera à la radio le temps que vous
récupérez…
- Merci captain !"


Pendant que notre matelot commençait à s'endormir, Harold et quelques-uns de ses officiers montèrent sur le pont d'où il commanda l'approche.

"Vitesse 6 knts, rapprochez-nous de son flanc, babord 30°... voilà, stoppez les machines !"

Le sous-marin se rangea sur le flanc du navire-atelier, dans lequel Harold et son chef-mécanicien grimpèrent. Tandis que ce dernier, qui avait en partie récupérer, commençait à décrire les dégâts a son homologue de l'Agenor, le captain Johnson demanda à un homme d'équipage de le conduire sur la passerelle de commandement, où devait se trouver le commandant Harry Covert. Une fois sur la passerelle, Harold contempla la rade, le Redfin n'offrait pas une telle vue, dépassant de 5m, grand maximum, de la surface de l'eau…

"- Salut Harry, quoi d'neuf sur ton rafiot?
- Toujours dans un superbe état, comparé à toi !!! Et toi Harold?
- Oh.. bah à part quelques problèmes avec une des faces de citron, RAS.
- T'es trop téméraire Harold, tu devrais faire plus attention…
- Je sais… c'est ce qu'Adam n'arrête pas de me dire…
- Fait attention…
- Je fais attention…… à ma manière ! En tout cas ça me porte chance pour le moment, grâce
à moi, j'ai offert 270 000 T de nourritures aux poissons ! Je suis le Père Noël des profondeurs !"



Le Redfin s'approchant de l'USS Agenor du commandant Covert, pour réparations. On aperçoit sur le pont, le capitaine Harold avec quelques hommes d'équipage…

Tandis que le soleil commençait à descendre à l'horizon, Harold, toujours sur la passerelle du navire-atelier, observait, amusé, le commander Shofner qui courrait dans tous les sens sur le pont du Redfin, affolé par tous ces mécaniciens qui maltraitaient son navire ! Une fois réparé, le submersible se détacha de la coque de l'Agenor pour rejoindre sa place dans la rade, afin de terminer son ravitaillement. Le lendemain, la totalité de l'équipage rejoignit le sous-marin, triste de quitter ce coin de paradis. La Gators devait appareiller au plus vite, ordre de son Etat-Major.
Deux jours plus tard, lorsque la flotte eu prit le large, on connu enfin la raison de ce soudain appareillage : une flotte japonaise aurait été repérée...




Dernière édition par Hugh Johnson le Ven 04 Jan 2013, 17:21, édité 4 fois
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Re: Une longue histoire....

le Jeu 01 Nov 2012, 11:03
Troisième patrouille de l'USS Redfin 1/06/194... - 6/09/194...

L'USS Redfin était en mer depuis maintenant 3 jours. Face à l'immensité vide de l'océan, les hommes d'équipages faisaient des exercices physiques sur le pont, tandis qu'Harold était sur le kiosque avec Roberts, la vigie. Le submersible avait en effet quitté la flotte qui avait poursuivi sa route au nord-est, de manière à intercepter la flotte japonaise avec le soutient de la 1st AVF. Les autres commandants de la Bâton-Rouge patrouillaient déjà depuis quelques heures au large de Ceylan et de Trincomalee.

"- La flotte nous a laissé... Avez-vous des infos sur la flotte japonaise? questionna Roberts
- On a perdu leur trace, la flotte se dirige vers le débouché sur l'océan Indien du détroit de Singapour, afin d'en bloquer la sortie, tandis que nous ainsi que l'AVF devront
trouver la flotte ennemie.
- Aucune info sur sa composition?
- Pas pour le moment non...
- ...
- Dans une semaine, nous ferons escale à Trincomalee, notre surplus, de torpilles nous empêche d'emporter autant de carburant que d'habitude.
- Les Tommies nous laisserons faire?
- J'espère bien, sinon ils risquent d'avoir des problèmes avec le CINCPAC !


Le submersible s'arrêta donc quelques heures à Ceylan, le temps de compléter le réservoir puis reprit le large. Pourtant, son cap n'était plus le même qu'avant depuis qu'à Trincomalee, il avait capté ce message de la flotte.



La flotte ennemie était donc la 1. Kantai-Kankoku. Leur commandant était tombé dans le piège de l'armada américaine à la sortie du détroit et avait été éliminé. Pourtant, le reste du groupe n'était pas encore repéré et restait potentiellement dangereux s'il attaquait la flotte US par surprise. Pire, la 1 K.K. n'était pas la seule sur place, le danger sous-marin guettait la Gators. Plusieurs submersibles de la Kidô Butai - Sensuikan Kantai avaient attaqué mais heureusement ils n'avaient causé seulement quelques dégâts et perdus au moins 3 d'entre eux, grâce à une coordination parfaite de la flotte américaine.
Le Redfin mis alors immédiatement le cap vers Port-Blair avec les autres sous-marins de la B.R.. Une fois à destination, rien. Seulement quelques convois de ravitaillement du port nippon qui furent sérieusement pris à partie.



Le Redfin continue sa route dans le Golfe de Bengale sous le soleil couchant, en compagnie des autres submersibles de la B.R.. On aperçoit un matelot du sous-marin agiter les bras en direction du USS Searaven (d'où a été prise la photo) après une victoire sur un cargo nippon.

Finalement, le groupe s'engagea dans le détroit de Singapour, où Adam Anfray et Rockwell TORREY repèrent des éléments de la 8.Kokutaï Teikoku Kaigun. Le navire-atelier de cette dernière fut coulé mais un Mogami parvint néanmoins à s'enfuir. Malheureusement, le 11 octobre, le Seagators d'Adam Anfray fut coulé au large de Singapour. L' USS Titan du lieutenant-commander TORREY fit surface et s'occupa des survivants, qui répondirent tous à l'appel sauf un qui ne fut malheureusement jamais retrouvé. Un Hydravion, venu de Saigon récupéra les hommes d'équipages du Seagators et les ramena en Indochine, où Adam Anfray reprit le commandement de son ancien bâtiment.
Pendant ce temps, Harold continuait à chasser en compagnie des autres sous-marins au large de la Malaisie.



Le Redfin au large de quelques îlots malais en octobre 194…

Le 19 octobre, un nouveau coup dur frappa la flottille : Rockwell TORREY et John Coxon furent attaqués au large de Singapour et seul le commandant Coxon sauva son navire. Tandis que Rockwell TORREY avait été appelé à Pearl Harbor pour prendre le commandement d'un nouveau navire, John Coxon restait coincé dans le goulet de Singapour. Les submersibles des commandants Wilson, Anderson et Johnson, pénétrèrent alors dans le détroit avec la ferme intention de le franchir.
Le 23 du même mois, un dragueur de mines nippon, protégé par un destroyer fut repéré. Le destroyer représentait une grave menace. Harold fit lancer 2 torpilles qui frappèrent le bâtiment de plein fouet, le mettant en perdition. Celui-ci dût fuir. Pourtant, le dragueur de mines, armé contre la lutte sous-marine réussi, un jour plus tard, à débusquer le Redfin.


" - Captain Johnson !!! Il nous grenade !!
- Calmez-vous Jones ! Alec, plongée 75 m !!
- Bien, ouvrez les ballasts vite !!
- La pression a ouvert d'autres brèches captain !!
- … bien, machines avant toute ! On va tenter de réparer en lieu sûr ! Passez-moi le lieutenant
Bryan ! Bryan ??? …. Les avaries?…… Voies d'eau dans la chambre des torpilles arrière?….
colmatez comme vous pouvez Bryan…… oui ne vous inquiétez pas on va stopper les machines
dans une dizaine de minutes pour que vous puissiez réparer… d'accord…"


Le 25 octobre, après des réparations sommaires, le submersible put remettre les moteurs en marche. Pourtant, il n'était pas au bout de ses souffrances.

" - Captain… venez voir au périscope…., demanda un homme d'équipage
- Qui-a-t-il? Du nouveau en surface…
- Plutôt, regardez vous même
- Bon sang… un destroyer…. j'ai bien fait de remonter voir ce qu'il ce passait, sinon ces jap's
nous seraient tombés dessus sans qu'on ait le temps de lever la tête pour voir ce qu'il se passe !
- Captain, il balance des coups d'ASDIC !!
- ?!?!? Merde plongée rapide ! Vite ! Arrêtez les machines, ouvrez simplement les ballasts !!
- Trop tard captain, il nous grenade !!!"


Des déflagrations secouèrent le Redfin de la proue à la poupe, les hommes en perdirent l'équilibre. L'eau s'engouffra par l'arrière, déjà fragilisé par l'attaque du 23. L'intervention rapide d'Harold et de ses hommes n'y changea rien, malgré le fait que les compartiments soient isolés, le sous-marin atteignait des profondeurs où sa coque ne pouvait résister.

" - ON COULE !!!!!!!
- Captain, l'eau continue à s'engouffrer !!
- ……………………. bien, videz les ballasts, faites surface temps qu'il en est encore possible.
- Bien captain… Donnez-vous l'ordre d'abandon? interrogea anxieusement Shofner
- Pas encore. Mettez nous en immersion périscopique, je ne veux pas faire surface si le
destroyer est encore là. J'espère qu'on l'a berné avec notre tâche d'huile…"


Le périscope du Redfin sortit timidement, au milieu de la tâche d'huile qui avait en effet fait croire au destroyer que sa cible était éliminée… Puis ce fut toute la superstructure, ravagée, du submersible qui creva la surface de l'océan. On vit alors les hommes sortir par les différentes écoutilles et amarrer les canots gonflables au pont. Tandis que le sous-marin s'enfonçait petit à petit, les canots se détachèrent un à un. Harold regardait, dégoûté, le kiosque du Redfin disparaître, le sous-marin qui l'avait accompagné depuis presque une année n'était plus…

" - …….. J'ai communiqué notre position, on devrait venir nous chercher dans quelques heures.
- Aucun homme ne manque à l'appel captain. Qu'est ce que c'est là-haut…Des Catalina !! On est
sauvés !!"


En effet, les deux hydravions amerrirrent à quelques dizaines de mètres des canots de sauvetage. Par petits groupes, tous les hommes du Redfin montèrent à bord des appareils qui décollèrent dans la foulée, et s'éloignèrent rapidement sous la lumière orangée de cette fin de journée, pour une destination encore inconnue…



Dernière édition par Hugh Johnson le Dim 30 Déc 2012, 19:50, édité 5 fois
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Dieter Eisenmann
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Nationalité: ???

Re: Une longue histoire....

le Ven 02 Nov 2012, 01:26
J'avais démarré ma carrière d'officier sous-marinier 2 ans auparavant.
Tout d'abord comme officier de navigation, puis comme second d'un sous-marin côtier.

J'étais dernièrement affecté à la base de Tulagi et notre zone de patrouille s'établissait dans la direction de Gili-Gili.

J'étais de quart le jour où tout a explosé autour de moi. Nous venions d'être grenadé par un destroyer et je n'avais rien vu venir. Nous avions été quelques uns à pouvoir nous extirper de la coque déchirée avant que notre sous marin aille rejoindre son lit de sable plusieurs dizaines de mètres plus bas. Mon capitaine n'avait pas réussi à se sauver. Toute la honte et la réprobation de l'empire pesait sur mes épaules, mais mon sabre était resté dans ma cabine.
Nous avions été recueillis (seulement 4 hommes) par un cargo qui nous avait ramenés à Tulagi.
Dès le lendemain matin, j'étais convoqué à l'amirauté, et je m'apprêtais à demander l'honneur du harakiri, plutôt que de passer devant un peloton d'exécution.

Quelle ne fut pas ma surprise quand l'Amiral m'annonça qu'il me confiait le commandement d'un sous-marin. Les officiers sous-mariniers convenablement formés étaient trop rares pour que l'empire acceptât leur sacrifice m'expliqua-t-il et ce serait une offense à l'empereur si je persistais dans mon désir de vouloir laver mon honneur.
La meilleure façon de le faire me dit-il, etait de rendre la monnaie de leur pièce à ces américains et britanniques orgueilleux.

J'allais donc prendre possession de mon nouveau navire. Un sous-marin un peu vieillot qui avait déjà du beaucoup naviguer et dont le capitaine précédent avait été affecté sur un sous-marin tout juste sorti des chantiers navals.
C'était un Kiraisen avec un gros canon de 140 mais qui avait le gros inconvénient de n'avoir que deux tubes lance-torpilles. Cependant, son autonomie était respectable, même s'il était un peu lent.

Je fis connaissance avec l'équipage pas très expérimenté mais plein de fougue, et j'appris que mon bâtiment était affecté à la flottille RKSCS, composante sous-marine de la puissante flotte de l'escadre Rengo.

Deux jours à peine après ma prise de commandement, notre flottille reçut l'ordre de faire route le plus rapidement possible en direction du détroit de Malacca, où de puissantes flottes ennemies commençaient à mettre sérieusement en péril les approvisionnements de l'Empire. Ce n'est pas que notre flottille était la plus appropriée pour cette mission mais tout simplement parce qu'elle était la seule disponible.

Le soir même nous appareillâmes, le plein de carburant, de munitions et de vivres effectué.
Mon sous-marin était le plus lent de la flottille, et je houspillais régulièrement le chef mécanicien pour qu'il tire le maximum des diésels.

Notre transit dura plusieurs semaines, sans que nous rencontrions âme qui vive sur l'immensité de l'océan. J'en profitais pour entrainer l'équipage plusieurs fois par jour aux manœuvres de plongée d'urgence, à la mise en batterie du canon, à des simulations d'attaque etc... Et peu à peu, l'équipage commença à se montrer de plus en plus compétent. Ces exercices avaient aussi l'avantage de rompre la monotonie de ce voyage sans fin, et le moral des hommes restaient ainsi au beau fixe.
Le Nagoya, nom de baptême de mon Kiraisen, n'était plus de première jeunesse mais les mécanos faisaient incontestablement du bon boulot et nous n'enregistrions que des pannes mineures, vite résolues.

Nous fîmes très rapidement escale à Jollo pour ravitailler, puis poursuivîmes jusqu'à Singapour où était désormais établi le QG de notre flottille.

Les rapports d'activité ennemie étaient très alarmants. Le détroit était infesté de sous-marins ennemis qui compromettaient gravement les ravitaillements. Plusieurs navires avaient été lourdement touchés, voire coulés. La flotte japonaise chargée d'assurer la protection du détroit était submergée.
Nous ne pûmes même pas ravitailler, tellement le désordre était grand dans le port de Singapour.
Ordre nous fut donné de remonter le détroit en direction de Port Blair pour y refaire les pleins et de donner tous les renseignements possibles sur l'activité ennemie et bien évidemment d'engager toute présence hostile. De Port Blair, notre rôle serait d'empêcher des navires lourds alliés d'entrer dans le détroit. Nos destroyers avaient déjà suffisamment à faire avec les sous-marins, sans qu'ils aient en plus des croiseurs ou des cuirassés à affronter.

Terminés les océans vides. Désormais, nous étions en pleine zone de combat.

Nous entamâmes donc notre remontée du détroit, portant assistance aux navires endommagés et donnant le maximum de renseignements.
Le capitaine Wakizaki coula même un sous-marin ennemi qui avait eu l'imprudence de naviguer en surface. Ces chiens d'occidentaux pensaient qu'ils étaient à l'abri de toute menace.

Le Nagoya, plus lent que les navires de mes camarades avait pris presque 2 jours de retard sur la flottille. Je décidais de faire surface, de lancer les machines à fond pendant quelques heures pour essayer de combler un peu ce retard. Ce n'était jamais très sûr de naviguer en solitaire et en surface. Mais de toute façon j'avais besoin de recharger les batteries et de renouveler l'air du sous-marin qui commençait à être épais et lourd.

Nous étions en permanence sur nos gardes, j'avais donné les ordres nécessaires. Mais même ainsi nous n'étions pas à l'abri d'une mauvaise surprise.
Batterie rechargée, les compresseurs à bloc, les réserves d'oxygène au maximum, il était temps de plonger, il n'était pas prudent de nous exposer en surface plus que nécessaire.
Et là, le coup du sort. Au moment de plonger, le chef mécanicien m'annonce qu'une des vannes de ballast est complètement grippée. Il faudra une demie heure me dit-il pour pouvoir la débloquer.

Aussitôt je renvoie le personnel de veille dans le kiosque en alerte maximale.
J'ai un mauvais pressentiment, un long frisson me parcourt de la nuque jusqu'au bas de la colonne vertébrale.

J'ai beau me dire rationnellement que le risque est extrêmement faible, je n'arrive pas à évacuer ce pressentiment. Les veilleurs fouillent inlassablement les eaux qui nous entourent. Heureusement la mer est presque d'huile. Aucune fumée à l'horizon, mais ce n'est pas ça que je crains.
Les minutes s'égrènent, très lentement, trop lentement. Malgré mon impatience, je laisse les mécanos effectuer leur tâche. Ils connaissent l'urgence de la situation. Leur demander sans arrêt où ils en sont ne ferait que les ralentir.
Et tout d'un coup, ce que je craignais. Un veilleur annonce, "sillage dans le gisement 350 à environ 1000 mètres". Je me précipite, porte mes jumelles à mes yeux et je repère quasi instantanément ce sillage porteur de mort.

1000 mètres, à peine une minute. Si c'est une torpille magnétique, c'est fini. Ces occidentaux compensent leur nullité par de la technologie. Si c'est une acoustique, nous avons encore une chance, de même s'il s'agit d'une torpille à impact.

Mon cerveau boosté par un immense flot d'adrénaline n'a pas mis 2 secondes pour faire cette analyse.
J'aboie les ordres dans la foulée. Machine stoppée barre à tribord toute, silence complet à bord.

Machine stoppée, je vois que mon ordre a interloqué mon officier navigateur, mais il s'exécute instantanément.
Le sous marin commence à perdre de la vitesse tout en dirigeant son étrave en direction de la torpille en courant sur son erre, proposant à la torpille un profil qui s'amenuise de plus en plus.

"Où en est-t-on chef?" Le mécano me répond que c'est presque terminé.
Trop tard de toute façon pour plonger avant que la torpille ne soit sur nous.

Elle continue d'avancer, de se rapprocher, toujours plus proche.
Elle file à peine 50 mètres sur notre babord dans un gros sillage de bulles et s'éloigne de nous. J'entends les gros soupirs de tous les membres d'équipage présents dans le kiosque.

Le 10/10 à 11h18 : USS Seagators ( SS - 194) (Classe Sargo) nous a torpillé mais nous a raté.



Je rappelle tout le monde à l'ordre.
"Un autre sillage? Non, rien mon capitaine". Je regarde à mon tour. Rien effectivement. Incompréhensible!
Dans la foulée, mon chef mécano annonce que la panne est réparée.

Parés à plonger, tout le monde dévale l'échelle, moi le dernier.
Dans la chambre de veille, le chef mécano me dit, qu'il faut y aller doucement, il n'a pu faire qu'une réparation de fortune.
Plusieurs dents des engrenages sont fortement corrodées et c'est la rouille qui est venue gripper le mécanisme. Un nettoyage grossier a été effectué, mais il faudra déposer puis changer l'engrenage pour que la réparation soit complète.

La vanne de ballast est à demie ouverte, le sous-marin s'enfonce lentement, trop lentement. Je scrute au périscope les eaux en direction du nord et toujours rien.
10 mètres, 15 mètres. C'est long! 25 mètres enfin. Immersion périscopique, assiette stabilisée, la vanne a pu être refermée.

Le 10/10 à 11h33 : Immersion périscopique, Capitaine.



J'ordonne le silence complet dans le navire. Tous les membres d'équipage hormis les mécanos et les hommes qui assurent leur quart dans la salle de commandement doivent s'étendre sur leur couchette.
Les hommes s’exécutent et je crois deviner un nouveau respect dans leur regard.

J'ordonne une surveillance constante au périscope. Il émerge à peine des eaux, et son optique est lavé régulièrement par une vague un peu plus haute que les autres.
Mais je ne veux pas sortir le mat en grand, au risque d'être repéré.

Les mécaniciens ont entouré leurs outils de chiffons pour assourdir les bruits. Les pièces sont déposées sur un grand tapis de caoutchouc pour ne pas faire écho avec notre coque.

Les heures passent. Nous nous relayons à 4 au périscope et les yeux nous brûlent. Quelques heures plus tard, le chef mécanicien m'annonce que les engrenages sont changés et que le système de plongée est à nouveau complètement opérationnel.
A ma question muette, il me répond, que le système d'engrenage est masqué par un lourd panneau pour ne pas que des poussières s'y incrustent, et que la corrosion ne pouvait pas se voir. Mais à la prochaine escale un peu longue, il promet de déposer tous les systèmes mécaniques de ce type pour les vérifier.
Une tape dans le dos pour le réconforter, c'est vrai que depuis ma prise de commandement, nous n'avons jamais séjourné plus d'une journée dans un port.

Presque 24 heures que nous sommes à l'affut. C'est sans doute inutile, mais sait-on jamais. Et c'est une expérience de plus pour l'équipage.
Cependant l'oxygène commence à manquer, l'air est moite et commence à être lourd des vapeurs d'huile, et des odeurs de transpiration. Il va bien tôt falloir faire surface.
Je m'apprête à donner l'ordre de reprendre notre route lentement en plongée pendant une heure ou deux avant de faire surface, quand l'officier navigateur actuellement au périscope crie presque: "Un sous marin fait surface 1,5 nautique dans notre nord."
Je prends le relai au périscope. Un beau poisson encore luisant d'écume se dresse effectivement.
Un sous marin de classe Sargo. Une des fines fleurs des sous-marins américains.

"Branle bas. Tout le monde aux postes de combat."

Après le long silence et l'apathie, c'est instantanément l'effervescence, chacun sachant exactement ce qu'il a à faire.

"Ouverture des portes 1 et 2"

Le Sargo a mis en route. Son cap au sud-est va l'amener à presque 500 mètres de notre position.
J'ordonne que nous avancions doucement au nord est, de manière à ce que notre étrave soit presque pointée perpendiculairement au Sargo lorsqu'il défilera devant nous.
"Réglez les torpilles à 4 mètres de profondeur".
Je prends un risque, mais ça rendra le sillage moins facilement détectable.
Nous n'avons que 2 tubes. Nous n'avons pas le droit à l'erreur.
Le Sargo se rapproche, sa vitesse se stabilise, et je procède rapidement aux calculs de tir. Je vais lancer mes deux anguilles à 5 secondes intervalle.
Au cas où l'ennemi ne serait qu'endommagé, les artilleurs sont déjà prêts à monter sur le pont si nous faisons surface pour armer le canon de 140.

Top! 1ère secousse. Le tube 1 vient d'éjecter la 1ère torpille qui est à impact. Le Nagoya n'est équipé que pour lancer ce type de torpille. Nous ferons avec.
2ème secousse. La seconde messagère porteuse de mort est sortie de son antre.

Le Sargo est a à peine 800 mètres, il va bientôt défiler droit devant nous.
Encore quelques secondes avant impact.
Ça y est, je vois dans le binoculaire que les hommes s'agitent dans le kiosque du Sorgo. Trop tard pour eux! 5 secondes avant impact, toute manœuvre est désormais inutile.

L'explosion est énorme! Le Sorgo se soulève, jaillit presque entièrement de l'océan, avant d'y retomber lourdement. Il y rencontre la seconde torpille qui cette fois le coupe en deux. Le Sorgo coule immédiatement ne laissant que quelques survivants qui barbotent à la surface.
Les vivats emplissent mon sous marin.

Le 11/10 à 11h08 : Nous avons coulé USS Seagators ( SS - 194) (Classe Sargo)
Le 11/10 à 11h07 : Nous avons torpillé USS Seagators ( SS - 194) (Classe Sargo) et l'avons légèrement touché !
Le 11/10 à 11h07 : Nous avons torpillé USS Seagators ( SS - 194) (Classe Sargo) et l'avons touché !






Ça y est! Mon honneur taché est enfin lavé.

Moteur en avant toute direction Port Blair. Nous allons marcher une demie heure en plongée avant de faire surface, au cas où ce Sorgo ne soit pas seul.
Inutile de reproduire les erreurs de l'ennemi.

NOTA: Le Capitaine Sushi Tanaka appris quelques semaines plus tard par les services de renseignements impériaux qu'il avait coulé le sous marin du très expérimenté Capitaine Adam Anfray, chef de la flottille Louisiana Gators Bâton-Rouge. (28845 PP au moment du naufrage).
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Hugh Johnson
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Re: Une longue histoire....

le Sam 29 Déc 2012, 20:49
Les deux appareils étaient déjà en vol depuis plusieurs heures. A bord, dix minutes semblaient d'écouler comme deux heures pour les occupants. Rien à l'horizon... Toujours le vide bleu, l'immensité de l'océan. Au bout d'un moment, Harold se leva et se dirigea vers le cockpit. Se penchant vers le commandant

"- COMMANDANT ??? demanda-t-il en essayant de couvrir de sa voix le vrombissement du moteur
- OUI?? répondit le pilote
- JE PENSE QUE VOUS POUVEZ ME REVELER NOTRE DESTINATION A PRESENT…."


Le commandant se tourna brièvement vers son copilote qui hocha la tête

" - BIEN. ON VOUS DEPOSE A SAIGON. LA-BAS VOUS ET VOS HOMME REJOINDREZ QUELQUES AUTRES MILITAIRES QUI ONT REUSSI A FUIR DES CAMPS DE PRISONNIERS NIPPONS DE LA REGION ET…, il marqua une courte pause
- ET? l'incita Harold à poursuivre
- ET VOUS MONTREZ DANS UN B-17, DIRECTION LES COTES AUSTRALIENNES."


Alors qu'il s'apprenait à rejoindre ses hommes à l'arrière de l'appareil. Harold aperçut d'énormes nuages noirs à l'horizon, annonciateurs d'un gros orage.

" - ET OUI CAPTAIN JOHNSON, ON EST EN PLEINE MOUSSON EN INDOCHINE !
    - ON VA ATTEINDRE LES COTES AVANT QUE ÇA NOUS TOMBE DESSUS?? demanda anxieusement Harold
- ON EN SAIT RIEN MALHEUREUSEMENT, MAIS ON PEUT PAS FAIRE AUTREMENT… QUE DE LE TRAVERSER... C'EST ÇA OU LES JAPS !! annonça le pilote avec un petit sourire"

   
Au loin, on entendait déjà les premiers grondements. Les deux appareils baissèrent alors radicalement leur altitude. Il fallait éviter les radars nippons. Rappelons que les forces armées japonaises étaient très présentes dans les environs. Les secousses commencèrent à se faire sentir dans les frêles hydravions. Les occupants regardaient, inquiets, la carlingue trembler alors que la perturbation se rapprochait dangereusement. Puis, ils disparurent dans les cumulonimbus, littéralement aspirés par l'orage...


Des nuages noirs, orageux se formaient au-dessus de la mer.

On ne voyait, à présent, pas plus loin qu'à 50 mètres. Plusieurs fois par minute, l'intérieur, assombrit par l'absence de soleil, était éclairé par la foudre qui aveuglait les occupants. Les secousses se firent de plus en plus violentes. Même assis, on perdait son équilibre. On savait que ces vieux appareils ne résisteraient pas s'ils étaient frappés par la foudre. Cette fois-ci, ce fut une déflagration, bien plus violente que les autres, qui secoua l'hydravion dans lequel se trouvait Harold.

" - ON EST TOUCHES ??? cria Harold
    - J'EN AI PAS L'IMPRESSION, répondit aussi fort le copilote
    - BON SANG, VENEZ VOIR VITE !!, hurla un matelot"


Tous se précipitèrent vers les hublots tribord. Ils n'eurent le temps que d'apercevoir une longue traînée rouge orangée, semblant suivre à la trace l'arrière du second hydravion de rescapés qui faisait des tonneaux et dont la vitesse chutait. Puis il heurta violemment quelque chose, qu'on ne put pas bien distinguer. L'appareil se désintégra dans une explosion, dont le son passa inaperçu, tant les grondements du tonnerre et les claquements des gouttes de pluie sur la carlingue étaient forts. Il emporta avec lui plus de la moitié des survivants du Redfin. Les occupants du second hydravion, dont Harold et Shofner, restèrent bouche bée.


Le Catalina abattu fut retrouvé, quelques années plus tard dans un marécage...

" -… QU'EST-CE QUE C'ETAIT? demanda le copilote, dont l'intonation de la voix trahissait sa peur
-…….. JE CROIS QUE C'ETAIT…… bégaya le commandant
-……. LA CIME D'UN ARBRE… NON??? cria le copilote pétrifié
-…. ÇA VEUT DIRE QUE… MERDE, ON DOIT ETRE A A PEINE 10 METRES DE LA JUNGLE !!!! compris le pilote, dont les yeux sortaient de ses orbites"


Le commandant tira vivement sur le manche. En vain, les rafales de vent rendaient les tentatives manoeuvres inutiles. A l'arrière de l'appareil, tout le monde fut brusquement projeté contre la paroi bâbord. On hurla, puis l'avion disparut dans la masse obscure de la cime des arbres de la jungle indochinoise, dans le grondement incessant de l'orage…


Dernière édition par Hugh Johnson le Ven 18 Juil 2014, 15:07, édité 8 fois
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Re: Une longue histoire....

le Dim 30 Déc 2012, 17:38
Une odeur insupportable de chair brûlée s'était répandue dans l'atmosphère environnant du lieu du crash. Lorsque Harold reprit connaissance, la puanteur attaqua violemment ses narines. Il ouvrit péniblement les yeux. Les rayons du soleil étaient imperceptibles à travers les nuages gris et bas, et les hautes cimes des nombreux arbres de la jungle indochinoise. Harold se releva. Son bel uniforme d'officier de la Marine américaine était désormais en lambeaux, tâché de sang et de boue. Shofner et le seconde classe Jones, couverts aussi d'un sang déjà sec, ramassaient tant bien que mal les corps calcinés, atrocement mutilés pour certains, et les enterraient dans des trous étroits, visiblement creusés à la hâte, et dans le cratère formé par le lourd impact de la carlingue d'acier de l'hydravion sur le sol. Le copilote, visiblement le plus mal en point des quatre rescapés, était adossé contre un tronc. Il se tournait dans un sens, puis dans un autre en gémissant. L'épave fumante de l'appareil était largement étalée sur plusieurs dizaines de mètres, comme si on avait semé les pièces détachées derrière soi témoignant de la violence du crash. Tout autour du reste du cockpit, de petits foyer ne s'étaient pas encore éteint.

"- Captain… Comment allez-vous? demanda Shofner
- Je… Je sais pas trop… répondit Harold, Mais, que s'est-il passé?….
- On s'en souvient pas captain… Mais ce qui est sûr, c'est que vu l'état de l'avion et des corps, c'est un miracle qu'il y ait des survivants... On a dû être tous les quatre projetés hors du Catalina avant que celui-ci ne se mette à flamber…, s'imagina Jones, Le copilote a dû traverser le pare-brise. Je… On sait pas si il pourra à nouveau bouger… "


Ils se tournèrent vers l'arbre contre lequel on avait déposé le copilote. Celui-ci ne bougeait plus. Ne gémissait plus. Shofner se pencha vers lui. Il fit signe à Jones. Le matelot avait compris. Il saisit alors les chevilles nues de l'homme. Dans un silence pesant, Shofner le prit par les bras et ils le jetèrent au milieu des autres corps sans vie de l'équipage de l'hydravion. Les trois rescapés se regroupèrent et s'assirent, déjà exténués. Ils restèrent silencieux quelques instants.


L'épave du Catalina, au milieu de la jungle Indochinoise (image : Avion de l'amiral Yamamoto, abattu à Bougainville)

" - Bien… Que faisons nous? interrogea Shofner
- …
- On attend les secours de Saïgon? proposa-t-il
- Non. Ils ne viendront pas. Ils ne savent pas où on est et on est probablement en territoire
ennemi. On doit marcher et tenter…
- … à Saïgon nous-mêmes??? demanda Jones, effrayé à l'idée de ne jamais y arriver et déjà passablement fatigué par les évènements des dernières heures.
- Oui, mais dans un premier temps trouver de l'aide. Il y a forcément des groupes de résistance dans les parages, Harold se tourna vers Shofner et poursuivit, nos armes et nos vivres
Shofner?
- Vous avez votre Colt… J'ai dû perdre le mien dans le crash. Mais Jones a son poignard. Pour les vivres…. A trois, on tiendra à peine deux jours…
- On doit donc trouver de l'aide très rapidement les gars, déduisit Harold
- …
- … Avant le crash, Saïgon était à l'est….."


Harold pointa les aiguilles de sa montre, au verre brisé, vers les faibles rayons traversant les couches successives de feuillage.

" - Bon, le nord est par là… dit-il en indiquant de son index une direction… l'est est donc par là…… "

Il se tourna vers ses camarades.

" - On est partis…."

Le groupe se mit en route, laissant derrière lui la maigre protection du reste de la carlingue de l'hydravion. Bientôt il se mit à pleuvoir, comme si une sorte de puissance supérieure avait voulu s'acharner sur eux, les rendre fous. En quelques instants, tout se transforma en boue et en amoncellement de branchages, en petits torrents. Les grosses feuilles des robustes arbres de la jungle, ne protégeaient pas assez les trois compagnons des trombes d'eux qui s'abattaient autour d'eux dans un fracas assourdissant. En quelques instant, ils étaient trempés jusqu'aux os. Gelés, épuisés, affaiblis par leurs blessures, il s'arrêtèrent pour passer la première nuit, au milieu de cette faune hostile, si différente des plages et des belles petites maisonnettes d'Hawaï, où ils aimaient auparavant faire escale. Qu'elle semblait loin, l'époque où le captain Johnson, à bord de son fabuleux Redfin, enchaînait les succès, les victoires. La soirée fut lugubre. Presque aucun mot ne fut échangé entre Harold, il y a quelques jours encore, si proche de son équipage, et les deux autres rescapés. Le lendemain, ce fut la pluie qui les réveilla. Ils se mirent péniblement debout et ouvrirent une conserve, elle aussi rescapée du crash. Puis ils se remirent à marcher, avalant au passage, quelques fruits trouvés en chemin. Enjambant, les ruisseaux, dégageant les branchages qui leur obstruaient la vue, ils avançaient continuellement vers l'est. L'averse avait cessé depuis dix minutes environs, mais le ciel était toujours aussi obscur en cette saison de mousson en Indochine. Jones marchait devant. Tout à coup, il se baissa et fit signe à Harold et son second, qui se baissèrent également.

" - 気をつけて、反乱軍は遠くありません。
- 賛成"


Harold dégaina son arme tandis que Shofner regarda aux alentours et se saisit d'une lourde branche. Elle lui servirait de gourdin.

" - Des Japs en patrouille… manquait plus que ça… Bon, on attend qu'ils arrivent… Faites attention à vous messieurs…"

La patrouille de cinq hommes se faufilait, avec la plus grande discrétion au travers des feuillages. Pourtant, ils ignoraient qu'on avaient déjà remarqué leur présence, et qu'on les attendait, quelques pas plus loin. Ils étaient néanmoins bien camouflés, et les trois Américains ne les repérèrent que lorsque ceux-ci ne furent qu'à environ trois mètres d'eux. Soudain, un des Japonais cria en braquant sa baïonnette vers Jones. Son visage crispé par la colère paralysa le matelot de terreur, comme s'il faisait face à un véritable monstre, amorphe.

" - 移動しない"

Le premier coup partit, un liquide rougeâtre et chaud éclaboussa le visage de Jones encore tétanisé. Le Japonais s'effondra, les autres accoururent. Le seconde classe évita de peu la lame de la baïonnette du soldat nippon qui s'écroulait sur lui. Une lutte au corps à corps s'engagea. Shofner frappa vigoureusement un ennemi de son arme de fortune qui tomba à terre. Désarmé, il tenta de sortir son couteau. Les deux hommes roulaient à terre en vociférant. La lutte tournait au désavantage de l'officier de l'US Navy. La lame se rapprochait dangereusement se son torse, lorsque l'homme casqué poussa un gémissement et roula sur le côté, un manche de poignard sortant de son coup. Jones arracha son arme ensanglantée de la nuque ennemie. Shofner se releva. On entendit une détonation. Shofner poussa un cria de douleur et tomba à genoux. Harold répliqua et le soldat aux yeux bridés, auteur du coup de feu qui avait atteint l'officier américain, chuta à son tour.


Les corps des soldats da la patrouille éliminée (image : Bataille de Tenaru)

Des bruits de pas s'éloignèrent rapidement : le dernier ennemi avait fuit, sans doute donnera-t-il l'alerte. Le captain jeta un coup d'oeil vers son second, qui allongé et les dents serrées, perdait son sang. Le regard haineux, Harold vida rageusement le reste de son chargeur sur un cadavre. Jones, agenouillé auprès de son supérieur, pansait la blessure du mieux qu'il pouvait avec un bout de tissu. Celui-ci fut rapidement imbibé de sang, cela ne faisait que ralentit l'émoragie. Le matelot n'avait jamais vu le captain perdre son sang-froid, et cela le décourageait. Il y voyait, en effet, la réaction de quelqu'un s'apercevant que la situation était désespérée… L'infirmier de fortune se leva et alla voir Harold.

" - Il faut bouger, Jones, dit le captain
- Impossible captain, le commander Shofner ne pourra pas aller plus loin ! Le bandage n'est que provisoire! La blessure va s'infecter... S'il ne s'est pas vidé de son sang avant... Je suis désolé captain... annonça Jones en baissant la tête
- Le Japonais a du prévenir ses supérieurs ! Dans deux heures on est MORTS si ON RESTE LA
SOLDAT !! s'emporta Harold, de plus personne ne viendra nous chercher ici !
- Si je comprend bien…… Vous voulez abandonner Shofner, captain !?! demanda Jones, les
yeux grands ouverts


Il ne répliqua pas. Pour Jones, ça avait valeur de réponse. Le visage grave d'Harold contrastait avec le choc apparent que venait de recevoir le matelot, et qui apparaissait clairement sur son visage. La dure réalité de la situation apparaissait aux yeux du seconde classe. Ils n'arriveront sans doute pas tous vivant à Saïgon. Peut-être aucun d'entre eux atteindra ne serait-ce que les faubourgs de la ville, les faubourgs du salut…
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Re: Une longue histoire....

le Mer 09 Jan 2013, 14:53
Harold se détourna du matelot, s'avança vers son second puis s'accroupit auprès de lui. Jones ravala sa salive, semblant ne pas vouloir faire face à la dure réalité.

" - Vous pouvez vous levez, Alec? demanda anxieusement Harold
- Je... Je pense que oui captain, j'en... ai encore la force.... je crois. répondit péniblement l'officier
- Bien..., continua le captain, pensif, vous... vous pourriez marcher?
- Je peux toujours essayer, mais... j'... j'aurais besoin... d'un petit coup de main, répliqua Shofner, gêné.
- Bon, on va déjà partir d'ici, c'est trop dangereux. On avisera après."


Il se releva, tout en tendant sa main vers son adjoint.

" - Tenez bon Alec.... Allez, debout ! dit-il tout en tirant vers lui le blessé, Jones.... venez m'aider !!"

Le seconde classe se précipita et attrapa vivement l'autre membre de Shofner qui poussa une petite plainte. Le dos courbé, il s'appuya sur le matelot et les trois hommes reprirent leur route à allure réduite. La blessure du commandant en second rendait la traversée de la jungle encore plus difficile et plus lente, finissant par la même occasion de démoraliser les survivants du crash.
Cela faisait maintenant cinq jours qu'ils marchaient et deux qu'ils n'avaient pas mangé. Fatigués, sales et affamés, ils étaient tous les trois à bout de force. Ils s'arrêtèrent près d'un large tronc pour passer la nuit. Shofner, dont le visage était crispé par la douleur, s'assit lentement. Des gouttelettes commencèrent à tomber tout autour d'eux et le crépitement de la pluie frappant les grandes feuilles des arbres de la jungle se faisait de plus en plus fort. Jones récupérait de l'eau à l'aide d'une feuille incurvée, lui servant de bol. Pâle et ne bougeant presque plus, le blessé articula faiblement.


" - Ca... Captain..... je... je n'au....rais pas la force... ddeee.... me re...lever...demain.... bégaya-t-il"

Harold ne répondit pas, regarda Shofner puis baissa la tête. Il voyait presque la Mort lui tendre la main. Affaibli par le manque de nourriture et par l'impitoyable lutte pour se frayer un passage dans toute cette faune, s'assoupit. Des heures passèrent. Le captain était dans un état quasi-second, le regard perdu, la vision floue, allongé sur le sol. Il lui semblait pourtant sentir une présence. Son ouïe déformait les sons, les ralentissaient.

" - Liiiieeeeuuuuteeeennnnannnt !!! entendait-il dans une langue qui lui semblait être de l'anglais."

Des bruits de pas étouffés se rapprochèrent rapidement. Des ombres amorphes se penchèrent sur lui.

" - Celluuuii-cii est vviivvaant ! Paarr coontrre ll'auutre est ssuupperr maall en poointt !"

Le captain se sentit alors soulevé, et crut monter au ciel, être mort. Puis il perdit à nouveau connaissance...
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Re: Une longue histoire....

le Sam 12 Jan 2013, 18:56
US 509th Regiment Post Command 12/12/194...

Les fortes averses de la veille avaient fini par transformer le poste de commandement du 509e régiment américain en véritable marécage. Cette position avancée, était composée de quelques tentes de couleur kaki, afin de se fondre totalement avec la jungle environnante, ce qui n'empêchait pas néanmoins la chasse japonaise d'effectuer quelques raids sur les positions alliées. Zigzaguant entre les caisses de munitions et de vivres entassées ici et là, entre les Jeeps et les quelques blindés, un jeune soldat, casque sautant sur sa tête à chacun de ses pas et bottes recouvertes de boue, se ruait vers la tente qui servait de QG. Tente... Plutôt une sorte de bâche tendue entre quatre bouts de bois. Il arriva enfin derrière deux officiers qui lui tournaient le dos et étaient en train de reporter les résultats des différents rapports d'observation sur une petite carte.

" - Colonel ! Colonel ! Les deux marins se sont réveillés !! dit-il la voix pleine d'excitation, on ne savait en effet pas encore qu'elle était l'histoire de ces trois hommes, dont l'un état toujours sous la tente hôpital.
- Eh bien, enfin une bonne nouvelle, soupira le colonel, conduisez-moi à eux Frank !
- D'accord, suivez-moi, on les a mis dans une tente à l'écart. Ils étaient assez crasseux à cause d'une sorte de mélange de cambouis et de sang plus au moins séché, mon colonel, et avaient quelques grosses entailles mal cicatrisées, mais le doc' les a recousues rapidement à leur arrivée...
- Je vois...
- Voilà, c'est ici ! dit Frank en désignant une tente."


Le jeune GI souleva le morceau de tissu faisant office de porte et le colonel entra. L'intérieur, faiblement éclairé par de petites lampes était vide de toute personne hormis les deux rescapés. Le colonel jeta un bref coup d'oeil sur les uniformes, ressemblant plus par leur état à des tenues de travail de mineurs, et repéra les grades... Le plus gradé des deux était un capitaine. Le second.... Bah il ne connaissait pas les petits grades de la Marine. Le colonel était un dur de l'Armée de Terre. Les épaules carrées, les yeux vifs, le commandant du bataillon était considéré par ses hommes, autant par son physique d'athlète vivace qui imposait le respect, que par sa gestion remarquable, implacable et énergique de ses hommes. Il s'avança vers l'officier encore allongé mais qui avait ouvert les yeux.
Son visage, d'ordinaire si impassible, changea brutalement d'expression, faisant place à l'incrédulité et à la surprise.


" - Captain Johnson !!! s'écria le colonel"

Harold se redressa, fronça les sourcils et cligna des yeux rapidement, comme s'il était ébloui. Sa vue fut floue dans un premier temps, mais lorsque celle-ci retrouva sa netteté , il s'exclama à son tour :

" - Colonel Mike !! Que... Que faites-vous ici?? Et... et d'abord où suis-je et où sont mes compagnons???"

Retrouvant son visage ferme et imperturbable, le colonel, qui s'avérait être l'officier de l'armée qui avait été conduit à Saïgon par le Redfin, répondit

" - Une seule question à la fois je vous pris, Harold, en premier lieu vous et l'autre marin allez prendre une douche, je crois que vous en avez besoin. Ensuite vous irez à l'infirmerie, le doc aimerait vous ausculter encore une fois.
- Quoi? Il l'a déjà fait??? demanda Harold
- Quand on vous a amené, vous étiez dans un tel état qu'il s'est occupé de vous immédiatement.
- Quelle heure est-il?
- Il est 7h...
- ...
- P.M., rajouta le colonel
- ??? Mais que s'est-il passé???
- On en parlera après dans la tente du QG et je pense que c'est plutôt vous qui me devez des explications. Frank? appela-t'il en se tournant vers le soldat, toujours à l'entrée de la tente.
- Oui?
- Occupez-vous de ces messieurs, je retourne au PC.
- Bien mon colonel."


L'officier sortit promptement et s'éloigna de la tente. Le GI reprit :

" - Vous avez ici des uniformes, annonça-t'il en montrant du doigt des vêtements posés sur un lit adjacent à celui d'Harold, les vôtres étaient dans un tel état on a dû les changer. Ceux-ci sont de l'Armée, mais on en a pas de la Navy, c'est pas courant de voir des marins par ici, dit-il en souriant. Les douches sont dehors, je vous conseille de vous dépêcher... !
- Où est mon second, soldat?? questionna anxieusement Harold
- ..."


Puis Frank sortit à son tour, sans plus de précisions. Ne sachant que pensé et déboussolé, le captain se tourna vers Jones qui avait déjà finit d'enfiler ses nouveaux vêtements.

" - Comment-allez vous Jones? demanda Harold, l'air abattu
- Ça va mieux déjà ! Et vous captain?
- Je ne ressens presque plus de douleurs, c'est dans la bonne voie ! Par contre je ne tiens plus debout tellement j'ai faim, dit-il en se levant"


Sur ce, ils sortirent prendre leur douche. A côté de celle-ci, le sous-marin leur semblait être un hôtel 4 étoiles. La douche n'était séparé du reste du camps que par 4 malheureuses planches de bois, fixées entre-elles de travers par 4 clous qui se battaient en duel. Lorsqu'il leva la tête, cherchant la douche, Harold découvrit une sorte d'arrosoir, suspendu à une branche d'arbre qui passait au-dessus...


Le camp du 509th US Regiment au furent recueillis les rescapés.

Une fois propres, ils se rendirent comme demandé à l'infirmerie, située juste derrière un canon anti-aérien protégé par 3 couches de sacs de sables. Une fois entrés, ils aperçurent le colonel discutant avec un homme en blouse blanche au fond de la tente. Celui-ci se dirigea vers les nouveaux venus et les invita à s'asseoir. Alors que le médecin vérifiait les quelques points de suture, le captain remarqua au fond, un homme, entouré par plusieurs couches de bandage au niveau de l'abdomen. Le colonel Mike s'assit près de Harold :

" Pour ne pas vous mentir, captain, Shofner ne va pas bien. Il n'a pas bougé depuis que nous vous avons trouvé, commença le colonel en regardant le blessé,
le doc lui a enlevé la balle mais il a perdu pas mal de sang et a dû fournir énormément d'efforts. C'est déjà un miracle qu'il soit encore en vie......... Il peut mourir à
tout moment. Enfin, retrouvez-moi au PC avec votre matelot, on y sera plus tranquilles pour discuter."


Il se leva et s'en alla, alors que le médecin finissait de mettre un petit pansement à Jones. Harold jeta un dernier à son second, toujours inconscient, et quitta à son tour l'hôpital avec le seconde classe. Au dehors, la nuit était tombée et des petits grondements se faisaient entendre au loin, précédés par des flashs lumineux. Les soldats s'exclamaient :

" - Ça y est ! Ça recommence !
- C'est pas vrai ! Ils remettent encore ça !
- Les pauvres !"


Les deux hommes longèrent un tank Sherman, une des nouvelles inventions des usines américaines, loin, au-delà du Pacifique. Ils pénétrèrent sous la grande bâche du PC et y trouvèrent le colonel Mike littéralement absorbé par sa petite carte de situation avec son adjoint.

" - Ici nous avons la Abble, mais elle est en première ligne depuis des semaines, une attaque supplémentaire des Jap's et elle est éliminée, commandant Carter... On va envoyer la Fox en soutient puis..., le colonel stoppa et se retourna. Apercevant les deux marins, il congédia son second.
- Colonel Mike, salua Harold
- Ah Harold, ça barde dehors non?
- Oui, mais cela semble assez lointain...
- Depuis quelques temps, l'aviation Jap s'amuse à faire des raids en début de soirée sur Saïgon... Enfin, venez vous asseoir, on discutera pendant le repas ! Vous et... et quel est votre nom et grade? demanda-t-il à Jones
- Seconde classe Jones, mon colonel.
- Très bien Jones ! Allons asseyez-vous et mangez ! Vous devez être affamés...
- En effet, répondirent les deux hommes en coeur, en commençant à attaquer les quelques boîtes de corned-beef disposée sur une table plus ou moins bancale.
- ....
- ....
- Bien et si vous me disiez ce que foutiez en plein secteur ennemi dans la jungle Indochinoise au lieu d'être au large des côtes australiennes, captain? questionna le colonel Mike, lorsque vous m'avez déposé à Saigon, il me semblait que c'était votre destination non?
- C'était cela, dans un premier temps... commença Harold, avec le reste de la Louisiana Gators, nous sommes allés à Diego Garcia et nous avons opéré dans le Golfe de Bengale contre quelques flottes nipponnes. Le goulet de Singapour fut un cimetière pour plusieurs de nos submersibles, bien que tous leurs équipages furent sauvés...
- J'imagine que le Redfin faisait partie des victimes....
- C'est malheureusement cela, colonel. Pourtant deux hydravions vinrent à notre secours et une nouvelle fois il n'y eu aucun mort. Ils devaient nous mener à Saïgon où nous devions repartir pour l'Australie. Mais arrivé au larges des côtes de l'Indochine, nos deux appareils ont été pris dans un de ces orages de mousson et se sont crachés dans la jungle. Jones, Shofner et moi-même étaient les seuls survivants... On a donc marché vers l'est espérant atteindre Saïgon, mais le lendemain de crash, nous sommes tombés sur une patrouille Jap...
- Logique... La résistance est plutôt active dans le coin. Les maquisards les en font voir de toutes les couleurs ! intervint le colonel, mais continuez Harold...
- On en a tué un ou deux, le dernier a fuit mais Shofner a reçu une balle. Ca nous a beaucoup ralentis. Nous étions à cours de vivre depuis deux jours lorsque nous nous sommes reposés... et puis je me suis réveillé ici...
- Je vois... C'est une de nos patrouilles qui vous a trouvé ce matin à quelques centaines de mètres du camp...
- Au fait, vous disiez que Saigon était toute proche
- C'est cela.
- Il faudrait nous y rendre dans les plus bref délais, notre absence a duré assez longtemps...
- Bien sûr, mais pour l'instant toutes mes unités sont occupées, je ne peux envoyer personne pour vous protéger et vous guider... De plus c'est très dangereux, nous sommes assez régulièrement encerclés et nos communications routières avec Saigon sont interrompues. Le 509e lutte un peu seul dans le coin
- Alors on doit envoyer un message à Pearl Harbor...
- Harold, nous n'avons qu'un petit émetteur ici, on peut transmettre jusqu'à Saigon, pas plus...
- Saigon fera suivre le message.
- Soit. La radio est ici, servez-vous en. Ensuite allez vous reposer captain
- Merci bien colonel"


Harold se dirigea vers l'émetteur et transmit en code le message. Pearl, qui était sans nouvelles, allait pouvoir être en partie rassuré. Le captain et le matelot allèrent se coucher, tandis que le colonel Mike reprit de plus belle sa discussion avec son adjoint. A les écouter, la situation dans laquelle se trouvait leurs troupes, n'était pas exceptionnelle... Pourtant, Harold était soulagé, pour lui c'était enfin la fin de leur calvaire. Il n'était pas dans l'Armée de terre et ne doutait pas que le colonel allait facilement trouver un moyen pour les conduire jusqu'à Saigon. Mais celle-ci était encore loin, ils étaient néanmoins pas encore tirés d'affaire. Bien qu'ils étaient dans le camp de commandement du 509th, la situation de celui-ci était tout aussi précaire que la leur, et ils étaient toujours vulnérables à la moindre attaque d'infanterie ou aérienne nippone...
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Re: Une longue histoire....

le Jeu 17 Juil 2014, 13:51
Harold, pensif, était dans sa couchette et regardait fixement la toile de la tente sous laquelle iĺ était "logé". Il ne parvenait pas à trouver le sommeil. Et apparemment, le sommeil ne le trouvait pas non-plus. L'éprouvant parcours qui les avaient conduit ici, lui Shofner et Jones, suite à un périple rocambolesque, n'avait pas assez de pouvoir soporifique face à son anxiété. Le grondement sourd et lointain de l'artillerie et de l'aviation japonaise sur Saigon le rendait nerveux. C'était sûrement un de ces tirs de barrage dont il avait entendu parler tantôt. Comment allait-ils faire pour rejoindre la ville? Le colonel avait été clair, pas question de forcer de passage, le 509th n'avait pas d'hommes à assigner à cette mission d'importance stratégique plus que secondaire. Mais cette question tracassait le captain, sans compter que Shofner était mal en point. L'histoire des marins naufragés dans la jungle indochinoise semblait bien être le cadet des soucis de Mike et de ses hommes. Et sans doute avaient-ils de bonnes raisons...........

" - Captain, debout! On a trouvé le moyen de vous faire aller à Saigon, mais trainez pas!"

Harold sauta de sa couchette et réveilla Jones, qui n'avait apparemment pas encore récupéré de leur périple dans la jungle. Les deux hommes se précipitèrent au dehors, boutonnant leur uniforme à la va-vite, un peu n'importe comment. A l'instant où ils franchirent le drap, qui tenait lieu de porte au maigre refuge, une clameur s'éleva. Au travers des GIs qui s'agitaient dans tous les sens, et du ballet incessant des Jeeps, ils distinguèrent des civières qu'on chargeait à la hâte dans un GMC dont le moteur tournait déjà. La nuit était encore noire, et ce n'étaient apparemment que quelques heures auparavant qu'ils avaient rejoint leur tente, mais les premières lueurs violettes apparaissaient lorsqu'on déplaçait son regard vers la cime des arbres. Soudain, Harold crut entendre son nom dans le vacarme assourdissant des bombardement, des moteurs et des soldats qui s'interpellaient. Le jeune officier tourna machinalement la tête et aperçut le colonel qui s'approchait à grand pas des deux hommes.

" - COLONEL! s'écria-t-il pour se faire entendre"
- Harold! dit-il en arrivant auprès d'eux, Je vais faire vite pour ne pas nous faire perdre trop de temps! La route nous reliant à Saigon est momentanément entre nos mains, on va vous faire partir avec un convoi transportant les blessés les plus graves et ne pouvant être soignés sur place! Les camions reviendront avec des provisions de vivres et de munitions! C'est là votre seule chance captain! On ne sait pas combien de temps la route sera à nous, ni combien de temps le camp tiendra!
- Merci colonel! Où est Shofner? questionna Harold anxieux
- Il est déjà dans un GMC! puis il se rappela, Avez-vous votre colt?
- Oui colonel!
- Prenez aussi ceci! insista-t-il en tendant des Garand aux deux marins, il risque d'y avoir quelques escarmouches durant le trajet. Ces armes doivent impérativement revenir, une fois à destination, n'oubliez pas de les rendre aux équipages du convoi!
 - Sans faute!"


Puis tendant la main au colonel Mike, Harold s'exclama

" - On n'oubliera pas ce que vous avez fait pour nous!  oui chef 
- Souhaitez un bon rétablissement à ce bon vieux Shofner! Que Dieu vous protège mon ami, répondit-il en saisissant la main qu'on lui tendait. En attendant allez-y, les premiers véhicules s'en vont!"


Alors que Harold et Jones bondirent dans un GMC, Mike s'en retourna en marchant vers le PC du 509th où l'attendaient cartes et briefings de situations... Sous le soleil qui montrait ses premiers rayons, un M3 Stuart, suivit de GMC et de demi-chenillés s'éloigna du camp, et s'engagea sur la route fraîchement reprise de Saigon...
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Re: Une longue histoire....

le Dim 27 Juil 2014, 22:57
Le convoi s'était engagé difficilement sur une sorte de chemin boueux, chemin qui devait mener les passagers à Saigon. Un léger sourire en coin s'esquissa sur le visage du captain Johnson. Assis en face de lui, Jones le dévisagea. "Qu'est ce qui le fait sourire cet abruti, si ça se trouve on va tous y passer. C'est déjà un miracle qu'on soit encore trois...", bougonnait-t-il intérieurement. Ce qui faisait sourire le captain, c'était la dénomination affublée à cet espèce de marécage large comme trois hommes par le colonel Mike. "La route" qu'il l'appelait. C'est bien loin des larges routes de la côte ouest sur lesquelles Harold s'amusait à battre des records de vitesse avec ses potes, avant de rejoindre Hawaï, avant de se retrouver là-dedans, dans cette espèce d'enfer paumé dans la jungle indochinoise.
Une fusillade expulsa le captain de ses pensées. C'était loin, mais le crépitement des balles de mitrailleuse se faisaient entendre. La faucheuse d'homme semblait faire du dégat. L'insupportable mitraillage prit fin aussi rapidement qu'il avait commencé. Ça n'avait duré que quelques secondes, mais ça avait suffit pour qu'Harold se referme sur lui même. Ça avait suffit pour remettre sur la table l'incertitude, la peur. Au fond il s'en fichait, en fait il ne pensait même plus.
Les occupants du GMC furent violemment projetés vers l'avant du camion. La mâchoire carrée de Jones cogna lourdement l'épaule de son voisin.


"PUTA**N ÇA FAIT MAL!" lança le marin à bout de nerfs

La paroi séparant les sièges avant n'était pas très épaisse, elle ne l'était même pas du tout. Le chauffeur redressa son casque, tombé sur son nez, se retourna et s'adressa à ses passagers.

"On est embourbés, sortez pousser!" entendirent les pauvres gars

La boue vola sous les pas lourds des occupants du véhicules qui sautaient, muets, au dehors. La plus battait les larges feuilles et la toile des camions. Des hommes sortirent du bois, des bouts de bois dans les bras. Les hommes au visage moucheté de boue s'assemblèrent à l'avant.

"ON VA FAIRE LEVIER AVEC ÇA!" ordonna un officier tout en couvrant de sa voix forte, le vacarme de la pluie, et en désignant le bois.



On aurait dit des meuglements. Jones, Harold et les autres continuaient à forcer bêtement pour faire passer leurs vulgaires planches sous les roues.

"ÇA SERT À RIEN! AIDE NOUS TOI!!" hurla l'officier en donnant un vif coup de poing dans la portière.

Le chauffeur sursauta, bafouilla quelques instants et appuya sur la pédale. Les rotations envoyèrent des jets de boue sur le pare-brise d'un autre camion, d'où on vociféra. VROOOUUMMMmmm On y prêtait pas attention, le GMC venait de redémarrer. On retourna à l'intérieur. Une déflagration. Les gars tournèrent le regard vers l'arrière du convoi. Le Half-track qui fermait la marche venait de partir en confettis.

"On a pas le temps! Si on reste là les Jap's vont tous nous avoir! ALLEZ!"

La pauvre piste de boue se transforma en route plus convenable. De légères positions installées dans la précipitation étaient parsemées tout le long. De petites colonnes de fumée noire s'élevaient à l'horizon dans un ciel blanc linceul.
Le convoi atteignait les faubourgs de Saigon...
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