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Ernst Kettner
Très légère brise
Autre pseudo : Kazuhiko Saito
Nation au Front Atlantique : Germano-Italien
Flottille au Front Atlantique : I Flottiglia Volontari Germanico
Nation au Front Pacifique : Japon
Flottille au Front Pacifique : Kidô Butaï - Ushirodate Kantai
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Date d'inscription : 09/05/2011

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A peine arrivé, déjà reparti

le Jeu 12 Mai 2011, 10:11
Ernst consulta sa montre pour la douzième fois en moins de trois minutes… d’avantage pour jouer avec la chaîne en argent et se donner une contenance que pour s’enquérir réellement de l’heure… L’heure il la connaissait déjà, et il y avait peu de chance qu’elle ait radicalement changée en trois minutes. Qu'il le veuille ou non, il serait désormais en retard à Lorient... "on a vu mieux pour donner bonne impression". Une énième cigarette rejoignit ses lèvres crispées par la nervosité et aussitôt, la flamme d’un briquet vola devant son visage.
- Danke Walter.
- Herr Kaleunt.
Walter, le Bootsmann qui lui servait de chauffeur en profita pour allumer la sienne et ils reprirent leur posture silencieuse, adossés à la Kubelwagen qui les avait amenés du port à l’aérodrome de Tunis. De là il était censé prendre un avion pour la France, vers sa nouvelle affectation. A peine arrivé, déjà reparti.
La nuit était chaude, claire, et une belle lune allongeait les ombres fantomatiques de plusieurs 109 sur le terrain d’aviation. Une nuit silencieuse… Excepté les bruits d’outils, de pompe à essence et d’ordres en allemand qui provenaient du hangar le plus proche, le seul encore allumé malgré le black-out, et aussi quelque conversation et rires lointains échangés par les servants des Flakvierling disséminés sur le terrain d’aviation… Rien ne semblait vouloir venir perturber cette nuit jusqu’à ce moment précis.
Sans signe avant coureur, les projecteurs s’allumèrent brutalement, anéantissant en un éclair les ombres délicates du tarmac. Comme s’ils avaient attendu ce signal, il y eut des ordres et du hangar, un transporteur Junker 52 roula tranquillement hors de son abri, tracté par un Opel Blitz toussotant et poussé par une douzaine de mécaniciens jusqu’à son aire d’attente. Ernst sentit son cœur s’accélérer et sa nervosité monter encore d’un cran.
- Tout va bien Kapitän ? Demanda Walter en sentant le changement d’attitude de son supérieur qui s’était raidi en voyant apparaître l’avion.
- Oui, oui, tout va bien… Répondit-il en jetant un long panache de fumée vite dissipé. Les voyages en avion me rendent nerveux…
- Moi c’est pareil, essayez même pas de m’faire monter dans c’truc. Mon frère, lui c’est l’inverse. A mon avis c’est complètement c… d’sauter d’un avion qu’a rien qui cloche... Enfin, si j’puis m’permettre.
- Fallshirmjäger ?
- Ja…
Ernst hocha la tête… Tous ses regrets lui revenaient en pleine figure à ce moment précis. Il avait à peine eu le temps de mémoriser le nom des hommes d’équipage. Il n’avait pas eu le temps d’apprendre qui ils étaient, ni d’où ils venaient qu’il devait déjà partir... Ni même ce qu’ils valaient au combat…
- C’est pour cette raison que vous avez choisi la Kriegsmarine ? Demanda-t-il.
Walter hocha la tête.
- Et quand j’vois la tête de ce… tas de tôles, je m’dis qu’ j’ai eu raison. Et dire que j’me plaignais qu’on avait de mauvais matériel, en fait on est dorlotés.
Les deux hommes sourirent à la remarque et reportèrent leur attention sur le Junker cabossé dont la peinture brune écaillée laissait apparaître de vilaines traces de récents combats. Des impacts dans les ailes et le fuselage avaient été bouchés à la hâte en rivetant des plaques de métal, la gouverne de direction était flambant neuve, une hélice n’était pas de la même couleur que les deux autres et le moteur en question était dépourvu de capot. Vu les visages fatigués des mécaniciens qui venaient de s’assoir contre le hangar, les réparations avaient été menées dans l’urgence et à un rythme soutenu…
Visiblement le Bootsmann allait faire un autre commentaire sur l’état de l’avion quand, dans un hurlement de moteur, une Mercedes décapotable jaillit de l’autre côté, tous phares allumés, et fonça droit sur le trimoteur ; elle parcourut en un battement de cils la distance qui la séparait de l’avion et s’immobilisa dans un violent crissement de pneu qui souleva un lourd nuage de sable et de poussière opaque… Walter, qui avait juste eu le temps de bondir dans la kubelwagen, releva la tête… il était plus pâle que la lune. Ernst épousseta ses manches et se frotta les yeux, préférant faire semblant d’être resté impassible et stoïque... Quand le maigre courant d’air eut dissipé le nuage de poussière et les protestations alentours, un homme sauta du siège passager au sol sans prendre la peine d’ouvrir la portière et contourna la voiture pour aller s’entretenir avec l’auxiliaire féminine de la Luftwaffe qui conduisait. Derrière eux, un autre homme au visage guère serein paraissait prendre son temps pour retrouver ses esprits et quitter la voiture.
Ernst fronça les sourcils… L’homme qui discutait avec la conductrice lui était vaguement familier ; il avait déjà vu cet air fanfaron et sûr de lui, ce côté tête-brûlée impétueux… Et brutalement une pensée s’imposa dans son esprit : « Beau-gosse et fier de l’être !... oh non !»
Le pilote, car c’était bien lui, fit rire et rougir l’auxiliaire féminine, puis frappa deux coups sur la portière et s’écarta pour laisser la demoiselle repartir… au même rythme effréné.
« Si elle se tue pas au volant jour, un arbre le fera » pensa-t-il en se tournant vers les deux hommes de la Luftwaffe en tenue de vol brune et blousons de cuir qui venaient à sa rencontre.
- Alors, c’est vous l’baigneur que j’dois convoyer à… Hey, mais j’vous r’connais, vous… Kapitän Ernst Kettner !
- Bonsoir Hauptmann Schieffer, salua Ernst.
On lui rendit son salut avant de lui serrer la main,
- Qu’est-c’qui vous arrive ? Le climat d’Tunis vous plait pas ou c’est les Tunisiennes qui vous plaisent pas ? R’marquez, ça m’regarde pas, c’est juste que d’habitude, les z’aut’capitaines m’laissent faire deux ou trois rotations avant d’se faire rapatrier… Hé Einrich, J’ai déposé c’type là y a quoi, une semaine, et y r’part déjà… Z’avez eut l’temps d’casser du roastbeef ou pas ? Un peu ? Toujours aussi peu causant pas vrai ?
« Faudrait pouvoir en placer une ! j’dis bonjour et tu racontes tout le reste ! »
- Que vous est-il arrivé ? parvint enfin à demander Ernst en désignant du menton la main gauche du pilote.
Schieffer leva sa main pour exhiber autant sa cigarette que le gros bandage que des points de sang parvenaient à transpercer et surtout pour faire constater l’absence de son auriculaire.
- Oh ça ? J’crois que les british ont essayé de nous empêcher de passer, on a survolé un gros rassemblement de navires de guerre, juste au nord d’ici, au large de la Sicile, ça canarde sévère là bas en ce moment… Ou p’t’ête bien des Grenouilles, sais pas… Y z’ont p’têt cru qu’on aller balancer la sauce sur eux, alors ils m’ont allumé… Mais j’suis pas certain que les grosses huiles de Berlin auraient apprécié que j’balance ma cargaison d’officiers fraîchement émoulu sortis d’l’école sur ces buveurs de thé… On a pris un peu cher et j’ai été obligé de leur laissé mon p’tit doigt…
- C’est douloureux ?
- Bof… D’toute façon ce truc me gênait… Otto lui, il y a laissé qu’que chose de plus… intime… Disons que pour lui la guerre est finie mais… il risque d’avoir beaucoup, beaucoup moins d’succès au pays auprès des infirmières… A la place ils m’ont donné le bleu, Einrich, c’est son premier vol en service actif, et il le fait aux côté du plus talentueux des pilotes… C'est pas d'la veine ça?
Ernst échangea un bref salut de la tête avec le nouveau copilote dont les yeux paraissaient hurler « Sauvez-moi ! je vais mourir ! Je veux pas rester avec ce malade !».
- Bon sinon à part ça ? Qu’est-ce que ?
Ernst lui tendit sa feuille de route et son bon de transport à faire viser et « beau-gosse » se mit à lire :
- blablabla Ordre de l’Etat-Major de la Kriegsmarine au KapitänLeutnant Ernst Kettner… blablabla ordre vous est donné de vous rendre à votre nouveau port d’attache de Lorient, afin d’y intégrer la Geschwader Deutsch-Holländischen blablabla, prendre les dispositions nécessaires auprès de l’Amirauté de Tunis pour votre transport etc…blabla… hou, comme toujours y a beaucoup de choses intéressantes dans les papiers d’la Kriegsamrine… blablabla à faire viser par le commandant de bord ainsi que votre bon de transport… Ah ! Ca c’est pour moi…
Il sortit un stylo, griffonna sur la feuille et la lui rendit. Ernst remarqua au passage qu’il n’avait pas réussit à signer sans raturer…
- Lorient, j'espère que vous vous plairez là-bas, par contre si ça vous dérange pas, on va prendre la peine de faire un léger détour, très très au large de la Sicile ? Disons que si j’peux éviter de leur donner une phalange à chaque traversée, ça m’arrangerait… pis j’suppose que Einrich y veut des enfants plus tard…
- C’est vous le pilote…
- Mouais, bon c’est pas tout ça, mais c’est pas tout près, alors si vous voulez bien vous donner la peine de vous installer, j’fais l’tour du monstre pour voir les réparations et on décolle…
Les deux pilotes s’écartèrent laissant les deux marins faire leurs adieux. Walter avait déjà sortit de la voiture sa valise.
- Bon, et bien c’est l’heure, vous pouvez partir Walter…
- Z’êtes sûr ? J’ai mon Luger sur moi, j’peux l’abattre pour qu’ils vous trouvent un autre pilote…
- Ce sera pas nécessaire Walter, répondit-il en souriant, ce type est un dingue, mais il n’y a plus que les dingues qui traversent la Méditerranée sans aucune escorte… J’ai déjà perdu deux jours entiers entre les démarches administratives et les secrétaires et je suppose qu’à Lorient on va commencer à s’impatienter de ne pas me voir arriver, et je ne serai pas fier en arrivant là-bas avec tant de retard, alors, si ce malade peut me faire gagner quelques heures sur le voyage, je veux bien le laisser fanfaronner… Merci Walter Tout va bien se passer. Retournez au navire, et saluez vos camarades pour moi.
- Javohl Herr Kaleunt. Bon courage dans votre nouvelle affectation.
Les deux hommes écrasèrent leurs cigarettes, et se saluèrent avant de se séparer pour de bon alors que les trois moteurs du Junker rugissaient déjà… Ernst embarqua et se trouva une place assise au milieu de tout le chargement de caisses en bois marquées « Kriegsmarine ». Bizarrement, sans aucune raison particulière, il repensa un instant à sa mère au pays, qui dans les jours à venir allait recevoir une lettre de lui-même. Une lettre de Tunis alors même qu’il ne s’y trouverait déjà plus… A peine arrivé, déjà reparti…
- Au fait ! Hurla Schieffer pour couvrir le bourdonnement des moteurs. Quand vous s’rez à Lorient ! Chez les Germano Hollandais ! Faites bien gaffes à c’qu’ils vous fileront à boire ! A vot’place j’en resterais au café !...
Ernst fronça les sourcils, sans parvenir à comprendre de quoi il parlait, et avant qu’il n’ait pu demander :
- Ceinture !!
Ernst déglutit alors que l’avion roulait sur la piste… Les projecteurs de la piste et du hangar s’étaient déjà éteints.
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Mark RAMIUS
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Re: A peine arrivé, déjà reparti

le Jeu 12 Mai 2011, 18:32
16H47 Sur le KMS Afrika, navire de classe Altmark portant la marque de l'amiral Ramius, quelque part à proximité des côtes françaises.

Le mess des officiers était transformé pour les besoins d'une réunion d'Etat major en salle des cartes. Plusieurs drapeaux allemands, britanniques et américains étaient disposés sur une carte de l'Atlantique. Des opératrices poussaient à l'aide de grandes tiges les drapeaux en fonction des messages que l'équipe des radios leur faisait parvenir.

Le secrétaire rentra dans la pièce et se mit au garde à vous devant l'amiral et l'officier des cartes.
- Mes respects amiral, message de la capitainerie du port de Lorient.
- Voyons cela.

"A l'amiral Ramius commandant les forces de la GDH - STOP - Informons de l'arrivée du capitaine Ernst Kettner - STOP - Equipage du T-47 Leberecht Mas réuni - STOP - Armement en cours - STOP - Départ prévu pour le 12/05 - STOP - Attendons instructions - Fin de transmission"

- Krügger, veuillez transmettre le message suivant au port.
" Aux autorités de Lorient - STOP - Message bien reçu - STOP - Prenez toutes mesures utiles pour garantir le départ imminent du T-47 Leberecht Mas - Fin de transmission.

Ah oui, Krügger, prévenez les capitaines de la flotte que les navires des capitaines Schaffer et Kettner rejoignent la flotte. Pour chacun de ces navires, une fois leur pavillon en vue faites tirer un coup de canon pour signaler leur incorporation à la GDH. Merci.

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