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Geovane Santa Cecília
Vent frais
Autre pseudo : Ethan Balsey
Nation au Front Atlantique : Brésil
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Flottille au Front Pacifique : 1st AVF
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La battaille de l'administration

le Mer 13 Avr 2011, 01:06
Le rear-admiral Oward Porter avançait d'un pas décidé le long des couloirs de l'amirauté de Casablanca. Le bâtiment était un ancien manoir réquisitionné au début de la guerre. Les murs blancs ornés de bas reliefs contrastaient agréablement avec les vieux bunker qui servaient de centre de commandement à certains ports.

Mais Oward n'était pas là pour s'intéresser à l'architecture, malheureusement...
Un simple coup d'œil en coin suffit à dissuader le planton de l'interpeler. Il frappa énergiquement à la porte. Interprétant le grognement qui y répondit comme un consentement, il ouvrit, se glissa par l'ouverture, et referma derrière lui.

Mis à part une odeur de cigarette froide, la pièce était relativement agréable : de grandes fenêtres orientées plein sud, une belle vue sur un jardin qui devait consommer (inutilement) des quantités d'eau astronomiques selon les critères d'une contrée aussi méridionale, les murs étaient couverts l'étagères et de tableaux, et un grand bureau en bois exotiques trônait au centre de la pièce. L'amiral était assis derrière le meuble massif, c'était un vieil homme aussi bedonnant que grisonnant, très certainement promu avant guerre, du genre à ne pas devoir sa place au mérite. Un autre soldat, un sergent d'après ses galons était debout à coté du bureau.

Oward cru reconnaitre à moitié enfouit sous un tas de paperasse, mais bel et bien ouverte la missive qu'il avait envoyé voici une semaine déjà. Parfait, une preuve de manque de réaction de la part de l'amiral et un sous-officier pour témoin qui ne manquerais certainement pas de parler avec les hommes de ce qui allait se passer dans cette pièce. Tous les éléments étaient en place pour faire levier sur la machine administrative. On dit souvent que toutes les batailles ne se font pas l'arme à la main. Mais on oublie souvent de préciser que beaucoup de ces batailles sans effusion de sang se font contre son propre camp. Que c'est ironique. Pensa le nouvel entrant.

"Rear-Admiral Oward Porter au rapport Amiral."

"Repos."

Oward jeta un coup d'œil ostensible à la missive, puis regarda l'amiral droit dans les yeux. La mine de son supérieur s'était renfrogné, bien, il avait remarqué son coup d'œil.

"Amiral Colins, c'est un honneur de vous rencontrer, vos états de service sont parvenus jusqu'à mes oreilles." Il avait appris le nom du personnage environ dix minutes avant d'entrer dans le bâtiment, mais même si le flatter ne l'enchantais pas, ça ne serait pas superflue étant donné ce qui allait suivre. "Veuillez excuser mon intrusion Amiral, mais il semblerais que la missive que j'ai tenté de vous faire parvenir se soit perdue dans les méandres administratifs, que l'avion transportant la lettre se soit fait abattre, ou que je ne sait trop quel incident l'ai retardé. Toujours est-il que je suis venu en personne vous faire part de la situation ainsi que de mes requêtes que la dite missive était supposée vous exposer concernant la TF81 Southern Task Force."

Le vieille homme se rembrunit, il avait déjà comprit qu'il était acculé et ne pourrait faire mine d'ignorer cette requête sans passer pour incompétent devant son subalterne. "Vous n'êtes pas sans connaitre la situation au nord du vieux continent." Enchaina Oward. "Les cuirassés allemands écument la mer du nord, la manche et l'atlantique nord. La majorité de nos flottes se sont repliées en Méditerrané pour échapper à l'éradication totale, laissant l'Angleterre vulnérable. Ma propre flottille à quasiment été décimée dans cette opération. Nous manquons clairement de moyens. Nous somment serte spécialisés dans la guérilla maritime, mais pour mener des opérations convenables, nous avons besoins d'au moins un navire important autour duquel la flottille peut se rallier, et surtout d'une escorte digne de ce nom. Ce que nous affrontons est équipé de canons capables de traverser un destroyer de part en part!"

Le Rear-Admiral marqua une courte pause pour laisser son auditoire s'imprégner de ses paroles avant de reprendre. "Lors de notre dernière sortie, nous avions serte deux croiseurs suffisant pour gêner l'ennemi, mais aucun navire d'escorte, et, certainement pas la capacité à encaisser la puissance de feu ennemis. Dans une situation aussi précaire, il aura suffit d'un ordre donné précipitamment par un commandant en second pour mener à l'éradication quasi totale de notre force."

La mine de l'amiral était maintenant clairement sinistre. "Et que proposez vous pour remédier à cette situation? Équiper tous les capitaines de cuirassé?"

"Vous vous doutez bien que non. Je suis parfaitement conscient que les capacités de production des chantiers navals sont limitées. Et pour parler franchement, je ne m'attend pas à ce qu'une nouvelle flottille se voit accorder un cuirassé. Je ne pense pas non plus que vous soyez en mesure de m'accorder une flotte un minimum convenable, avec au moins deux croiseurs et quatre destroyer. Mais nous devons tout de même maintenir un statut quo jusqu'à ce que des nouveaux navires lourds puissent être achevés, puis acheminer depuis Norfolk. Et avec les moyens actuellement à notre disposition, je ne vois qu'un moyen pour que ma flottille puisse se montrer utile dans ce processus. À savoir l'une des seuls choses dont le cout -que ce soit financier ou humain- soit inférieur à celui d'un croiseur, et qui représente un danger pour un cuirassé. Je parle bien sûr des submersibles. Ma flottille en comporte déjà un bon nombre, mais je souhaiterais renforcer cette présence invisible et prendre directement la tête de ces chasseurs en tant que l'un d'entre eux. De cette façon, nous pourrions mener des opérations de renfort efficace aux quelques rares flottilles continuant à combattre dans le nord, ainsi que des opérations de destructions des convois et de harcèlement des flottes Allemandes."

L'amiral jeta un regard en coin au sergent toujours attendant à coté. Celui-ci avait l'air d'avoir apprécié l'idée, aller à son encontre ne ferait que faire baisser le moral des troupes. Et si ce rear-admiral impertinent tenait tant que ça à sacrifier sa vie dans une ce ces boites de ferraille motorisées qu'il nommait sous-marin, libre à lui. "Très bien, si vous pensez que c'est la meilleur solution, pour rentabiliser votre flottille et êtes prêt à en assumer l'entière responsabilité, faites comme bon vous semble. Rendez vous au chantier naval et prenez vous un submersible, vous avez deux jours pour rassembler un équipage et préparer le départ. Vous pouvez disposer."

Oward salua, avant de se retourner et de franchir la porte. Il ne s'autorisa un sourire satisfait -bien que légèrement tendu- qu'après avoir dépassé la sentinelle. Il avait intérêt à ne pas avoir à demander quoi que ce soit de plus à ce sois disant amiral avant que sa nouvelle formation n'ai fait ses preuves. Il avait serte obtenu gain de cause, mais il ne s'était pas vraiment fait un ami...
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